‹ L'Internationale; documents et souvenirsChapitre 230 sur 314 · Nitllau l'a (ionr.L'c. p. 5u · texte numérisé non relu

Nitllau l'a (ionr.L'c. p. 5u

tirai jamais à me mettre dans la position de recevoir un pardon lorsque c'est moi qui dois pardonner.

Qu'on ne dise pas que je dois taire un sacrifice pour la paix, pour le bien de l'Internationale. Jamais aucun bien ne pourra être obtenu par une lâcheté. Nous n'avons pas le droit de nous abaisser devant eux, parce qu'en nous abaissant nous abaisserions notre cause et notre principe, et pour sauver l'apparence, le mensono;e de l'Internationale, nous en sacrifierions la vérité et la réalité.

Je pense en général que ce n'est pas par une politique de lâches concessions et de chrétienne humilité, mais seulement par le ferme et franc maintien de notre droit, que nous pourrons triompher de nos ennemis, pour le bien même de l'Internationale. Notre droit n'est-il pas assez clair ? N'avons-nous pas souR'ert depuis plus d'un an toutes les attaques, toutes les calomnies, toutes les intrigues, sans nous défendre et sans même répondre ? Notre silence a été une grande faute, notre dissolution serait un suicide honteux.

Voici le plan que je vous propose en opposition à celui de Guillaume :

1° Adressons un Méniowe justificatif -aw Comité fédéral de Saint- Imier, le seul que nous puissions reconnaître, — j'ai déjà envoyé la première partie dun projet de mémoire à James, je lui en enverrai dans ces jours la fin. Il est trop long, mais il contient tous les éléments de notre défense, et il sera facile soit à Jouk, soit à Perron, soit à James, d'en faire un mémoire très court. — et, après y avoir établi par des faits la justice de notre cause, notre droit, déclarez, si vous le trouvez bon et le décidez à l'unanimité, — quoique vraiment je n'en voie aucune nécessité, — déclarez que pour le bien de l'Internationale (ce qui serait toujours un aveu implicite que vous avez été le mal) vous voulez bien vous dissoudre, mais pas avant qu'on ait publiquement reconnu, soit dans un Congrès, soit dans cette (Conférence de Londres, votre droit, l'injustice des attaques qu'on a soulevées contre vous et la généi^euse grandeur de votre dissolution volontaire.

2" La Fédération des Montagnes peut-elle, doit-elle faire le même sacrifice? Doit-elle aussi se dissoudi'e pour se soumettre à la despoticjue direction du Comité l'cdcral de Cienève. baisser jjavillon devant Ouline, Perret, Becker et com[)agiiie ' ? Il me paraît cjue poser cette question, c'est la résoudre. C est cou)me si l'on demandait : Faut-il. sous le prétexte de faire une unité apparente dans l'Internationale de la Suisse romande, sacrilier son esprit, et tuer le seul corps qui soit constitué selon cet esprit?

Je vous réi)ète ce que j'ai écrit à Guillaume. Un tel sacrifice serait une lâcheté gratuite, mais nullement obligatoire.

Enlin, mes chers amis, croyez-vous vraiment que l'Internationale soit arrivée à ce point en Kurope, qu'on ne puisse plus vivre, respirer, agir dans son sein ([uc par une série d'actes lunnilianls mais diplomatiques, que par la lâcheté, que [)ar l'intrigue ? S'il imi (Hait ainsi. l'Internationale ne vaudrait plus un sou, il faudrait vit(» la dissoudre comme une institution bourgeoise ou dépravée par l'esprit bourgeois. Mais ne lui faisons {)as cette injure. Ce n'est pas ell»! qui est devenue

I. 11 n'iiviiit jiiinais (Hr (lucisUon ilc si'iiil>l;i!ilo cliusc. Biikimninr fiiniuilr ici iiiic hypothèse que personne n'iivait émise.

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mauvaise, c'est nous (|ui sommes devenus lâches et faibles. Nous renlcnnanl dans le sciitiiucnl de notre droit, nous nous sommes tus comme de jjrudenls marlyis. tandis que nous devions ti-ainei- nos calomniateurs au grand joui- el leur rendic coup pour coup. Nous ne l'avons pas (ail parc(; (|u'inlcrieui'enH'nl nous étions divisés \ et <pie dans le moment critique cliacun sembla Aouloii' lircr son é[)ingle du jeu, boudant sous sa lente comme Acliille. .le ne lais pas de ])ersonnalilés, je fais de Ibisloire. El les ennemis n"ont cpieti-oj) bien prolilé de nos divisions et de notre silence. Il en a été de même de la l'édél'alion des Montagnes, non ((u'elle ail été divisée, pai- bonbeur elle fut el reste comme une Cannlle de irères, mais ])arce qu'elle a eu le malheur d'adopter la j»oliti(pie de Notre Seigneur Jésus-Christ,

1)oliti(iue d(^ patience, d'humilité volontaii-e et de pardon des injures. ^Isl-ce que c<da a louché nos ennemis? Point du tout, ils n'en ont ])rolilé qive pour la mieux calomnier el salir. Nest-ce pas une preuve qu'il l'iiul mettre lin à cette ])olitique de chrétiens, de crétins ! Que faut-il donc faire? lue seule chose, i-enouveler notre cond)at au grand jour. Ne craignez pas de tuer par là l'Internationale. Si quelque chose peut la tuer, c'est précisément la diplomatie et linti'igue, c'est la pratique souterraine, celle qui constitue maintenant tout le jeu de nos ennen)is non seulement de Genève, mais de Londres aussi. La lutte au grand jovir lendraà l'Internationale la vie et la force, d'autant plus qu'au grand jour cène pourra être une lutte de personnes, cela deviendra nécessairenu^nt une grande lutte de deux principes: celui du communisme autoritaire el celui du socialisme révolutionnaire.

Je propose donc que le Comité fédéral de Saint-lmier, ajirès avoir reçu votre mémoire, rédige un mémoire pour son compte, où, en racontant tous les faits qui se sont passés au Congrès de la Chaux-de- Fonds et depuis, il démontrera victorieusement le droit de la Fédération des Montagnes.

a) Le mémoire doit être adressé à Londres, et une copie doit en être envoyée en Belgique, en Italie, en Espagne, en France. — ou plutôt à l'émigration française, — et en Allemagne aussi.

b) Le Comité fédéral de Saint-lmier doit s'adresser à l'Internationalc belge et la prier de prendre sur elle le rôle d'arbitre dans ce débat.

c) Enfin puisqu'une Conférence sournoise, une sorte de Congrès anonyme el au petit jiied, doit se réimir à Londres, il faut que les Montagnes y envoient absolument un délégué, et ce délégué, selon moi, ne doit èlre autre que James Guillaume. Combien cela peut-il coûter? Quatre cents francs ? Eh bien, je tâcherai d'en trouver au moins deux cents. J'en ai déjà écrit à nos amis italiens et russes. Vous trouverez bien le moyen de réunir aussi quelque chose. Mais il me i)araît absolument nécessaire que Guillaume parte. Il passerait par Bruxelles où il s'entretiendrait préalablement avec les Belges. Eh bien, mes chers amis, je suis convaincu, moi, que si Guillaume se ])résente à Londres, il remporlera et il fera renqjorlej' à notre organisation des Montagnes, aussi bien qu'à l'Alliance, une victoire éclatante. Nos ennemis seront littéralement écrasés, car la justice est de notre côté et leurs intrigues ne sont malfaisantes que dans la nuit, non au grand jour.

i. Balvouiiine perse ici à Perron, à Roliin, à Jouliovsky.à Brosset.

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