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Les secours aux réfuyiés de la Commune

THOISIÈME PARTIE, CHAI'ITlîE X 189

Dans l'impossibilité d'être représentés par une délégation, il eût été du moins utile que nous eussions adressé à la Conférence un mémoire sur la scission qui s'est produite dans la Fédération romande, à la suite du Congrès de la Chaux-de-Fonds. Nous avons été prévenus trop tard de la tenue de la Conierence pour que nous pussions élaborer ce travail. Nous devons donc renoncer à tous moyens de justifier notre Fédération des attaques qui. sans aucun doute, seront dirigées contre elle.

Cependant, comme il ne nous est pas permis de douter de l'esprit d'équité qui doit animer toute réunion de rinternalionale, nous ne voulons pas laisser passer cette circonstance solennelle sans faire un appel à la justice.

Depuis dix-huit mois nous sommes comme des parias au sein de l'Internationale, pour la simple raison qu'à un Congres régional les Sections que nous représentons ont eu une opinion dilférente de celles professées par un autre groupe de Sections. Le Conseil général a pesé de tout son poids dans la balance, et, depuis lors, toute une contrée de la Suisse romande s'est vu priver de toute communication avec le Conseil général. Nous croyons savoir que la Conierence sera appelée à statuer sur ce conflit ; nous nous permettons de la rendre attentive à ce qui suit :

1° Ce serait contraire à l'équité la plus élémentaire que de se prononcer contre une Fédération à laquelle on n'a pas procuré les moyens de se défendre ;

'2° Une décision annulant les droits de notre Fédération aurait les l)lus l'unestes i-ésultats quant à l'existence de l'Internationale dans notre contrée ;

3'^ Un Congrès général, convoqué l'égulièrement, peut seul être compétent pour juger une allaii-e aussi grave que celle de la scission dans la Fédération romande.

Nous avons donné des preuves de notre dévouement sincère et actif à notre Association ; c'est parce que nous désirons continuer à lui consacrer toutes nos forces que nous élevons la voix, pour que ses mandataires ne commettent aucune injustice qui nécessairement lui nuirait.

Nous demandons donc que la Conférence décide simplement de charger le Conseil général d'ouvrir une enquête sérieuse sur le conflit survenu dans la Fédération romande. Cette enquête, faite avec impaitialité, permettra au jM-ochain Congrès général de juger, avec connaissance de cause, une afl'aire qui, si elle était jugée actuellement sans qu'une des parties fût entendue, aurait peut-être les plus lacheux ivsultats.

(]'est un acte d'équité (jue nous l'éclamons de la Conférence : nous avons la ferme conviction (pi'elle ne nous le refuser;» i)as. Nous émettons le vœu ardent (pie ses délibérations servent puissannnent au j)i*ogrès de l'intcnnationalc.

Agi'éez. compagnons, notre salut fraternel.

Ainsi adopté en séance du 4 seplcnd)ie 1871.

Au nom du Comité féiléral romand (siège; fédéral ; ^'al de Saiut- Imier),

].e secfctaire corresjtonda/it :

Adhémar Scnwnzt.i Éiuci.,

j^raveur, à Sonviliier (Jura bernois, Suisse).

I()() L l.N'ri:JJNAIIONAl.E

Celte Icllre fui envoyée par Scliwitzguf'bel à Robin, avec prière d'en donner lecture à la Conréri^ncc. On verra conunenl ctlle-ci dcvail rt'porulrc à cel appel lait, en toiJiies si mesurés cl si dignes, « à l'espril d'équilé qui doit animer toute réunion de l'inlernalionale .>.

Si je ne fis ])as le voyage de Londres, par contre j'allai rendre visite à Hakounineà I>ocaino. Mais je ne puis préciser la date exacte : loul ce que je sais, c'est que c'était dans la saison chaude, en août ou en sei)l<'mbre. .le n'ai pu retrouver, dans les (juelques papiers qui me r(;slcnl de celle époque, aucune indication sur ce. voyage ; cl Bakounine n'a pas nolé ma visite dans son calendiier-journal, qui présente plusieurs lacunes.

11 y avait longterni)s qu'il me pressait d'aller le voir; à chaque fois (|ue quelque incident se i»résenlait, aiîaires italiennes, question de la Section de l'Alliance, Conférence de Londres, etc., il m'écrivait qu'il était absolument nécessaire que nous [jussions causer, (pie la correspondance était un moyen insiifrisant pour arriver à renientc complète, et que seule la conversation permettait de bien s'expliquer. Bakounine se dé{)!açait fréquemment et volontiers : dejjuis le moment où s'il était installé à Locarno en octobre ibiCiQ, il n'avait jtas fait moins de sept voyages plus ou moins longs \ 11 trouvait étonnant que les autres ne fissent pas comme lui, et il nous avait reproché souvent d'être trop casaniers. .Je fini> par céder à ses instances, une semaine où je trouvai la possibilité de prendre un congé de quelques jours : mais tout en me rendant à son appel, je restais persuadé que ce déplacement coûteux était parfaitement superflu, et que nous n'échangerions aucunes explicaiions qui n'eussent pu parfaitement être confiées au papier. L'événement justifia mes prévisions : nos conversations furent des plus attrayantes pour moi, car liakouninc. je l'ai déjà dit, était un charmeur, mais elle:- n'eurent aucun résultai pratique quelconque : mon voyage à Locarno fut une simple partie de plaisir, dont j'ai gardé un souvenir très agréable.

Parti de Neuchâtel pour Lucerne par le premier train, je débarquai à Fluelen vers midi, et j)ris la diligence du Gothard, qui m'amena le soir à (jocschenen où je couchai : au dîner, je fis connaissance pour la première fois avec le risotto italien. Cette première partie du trajet métail familière, car deux fois déjà j'avais visité le lac de Lucerne et le canton d Uri, en juillet 18G.5 avec mon père, en octobre 1869 avec ma femme. Le lendemain, je franchis le Gothard, en diligence, et, après avoir beaucoup souffert de la chaleur et de la soif dans rinterniinable descente de la vallée du Tessin par tme après-inidi et une soirée brûlantes, j'arrivai vers minuit à Bellinzoiia, ([ui fut ma seconde étape. Le troisième jour, la voiture postale me conduisit de Beilinzona à Magadino, où je pris le bateiiu à vaj)eur pour Locarno. Bakounine m attendait au débarcadère; il avait retenu pouf moi une petite chandire dans une auberge voisine; ap:ès que j'y eus déposé mon ba^îage, il me conduisit à la maison de lu Sigiiora Vedova Teresa Pedrazzini. où il habitait. Sa femme était absente, ainsi que les deux eufiints ; mais il avait un hôte, un jeune ouvrier de Florence, nommé Gaetano Gra.ssi, arrivé de la veille ou del'avani-veille. Pendant la journée, Bakounine se tenait dans une grande pièce du rez-de-chaussée, donnant sur un jardin, et qui lui servait de chambre à coucher et de cabinet de travail. i*our les repas la table était dressée dans le jardin. 11 m'est resté peu de souvenirs précis de l'emploi de noire temps. Un matin je fis l'ascension du sentier e.scarpé et du long escalier, eu partie taillé dans le roc,

1. Le 9 niHis 1870. départ de Locarno pour (lenève, rentrée à Locarno vers le 20 avril; VIS le 2.t avril, voyage a Milan, et rentrée à Locaino le 1''' mai; vers le 15 mai, départ d^ l.oearno pour Genève, rentrée à Locarno vers le ±1 mai ; vers le ^0 juin, troisième voyage à Genève, et Mnliée à Locarno vers le 26 juillet: le 9 septemi ,re, départ pour Lyon et Marseille, rentrée a l.oearno par Gènes veis le 28oclubre; le 19 mars 1871, départ pour Florence, rentrée à Locarno le 3 avril ; enfin, le 2ï avril, départ pour le .lura, et rentrét; à Locarno le 1"' juin.

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