Reproduite par Nettlau, p. SiiJO
2. On voit quf! le seerélairc de la Section de l'AUianco avait persistt^ justiuaii bout dans ses habitudes de né^'ligence.
3. Inutile d'ajouter que personne, parmi les membres de l'aucienne Section de l'Alliance habitant Genève, no m'envoya le moindre document ni le moindre renseifj;neinrnt. Je n'i us, pour m'aider dans le travail que j'allais entreprendre, que le « rapport » rédigé par Liakounine en juillet et aoiU iM7i, et, plus lard, U- » Mémoire justificatif » (jue me lit parvenir Hohin en 1872.
2i6 l'intehnatioxale
septembre nous en savions assez, par dos lettres de Londres, pour ôtre édifiés sur ce qui s'était passé. Voiei quehpies lignes d'une lettre ' écrite de Londres i)ar Bastelica à Joukovsky, le 28 septembre:
Mon cher Jouk, Je dois à Robin l'adresse moyennant laquelle je puis l'écrire, ce que je fais iniméflialement, d'autant plus qu'il y a matière. A Genève les résolutions prises ])ar la Conférence ont dû déjà transpirer, si elles ne sont absolument connues; personnellement je ne puis rien te révéler, en ma qualité de niembi-e délégué à la Conférence par le Conseil général % sinon que j"ai emporté de ces séances une triste imjjression. Il existe, si je ne me tronqte, dans le sein de l'Association internationale, un complot habilement, savamment, patiemment et conçu et dirigé, qui, s'il réussit un jour, nous mènera à la dictature de quelques-uns sans esjjoir pour nous de la briser jamais... Si une force ou un événement quelconque ne vient pas arrêter les tendances envahissantes de certains es})rits. il s'opérera un déchirement au sein de llnternationale... Des schismes existent déjà ; on a bien envie de lancer quelques bulles d'excommunication : cela viendra en son temps.
Je dois te dire que mgn attitude au Conseil est généralement regardée comme hostile, et que je suis à la veille de démissionner.
Voilà ce qu'écrivait, sous la « triste impression » que lui avait laissée la Conférence, un homme qui, loin d'être notre alfidé, était tenu quelque peu en suspicion par nous depuis les affaires de Lyon et de Marseille en 1870 ; un homme particulièrement choyé par Marx, qui lui avait fait les plus aimables avances et l'appelait familièrement son « petit Corse » ; un homme dont l'attitude avait été si peu hoslile envers la coterie marxiste, que Lorenzo, comme on l'a vu (p. 201), la qualifie de « couarde ».
Les réfugiés français de Genève, je l'ai déjà dit, n'avaient nulle prévention contre Marx et le Conseil général. Ils n'eussent point consenti à entrer dans la Section de l'Alliance, si celle-ci eût continué à exister ; plusieurs d'entre eux affectaient de se désintéresser du conflit existant dans la Fédération romande : ils ne voulaient y voir que le résultat d'une querelle personnelle entre deux émigrés russes, Outine et Bakounine, et s'étaient fait recevoir comme membres de la Section centrale de Genève : tels Lefrançais, Ostyn, Malon, Perrare, etc. — Malon n'était point, conmie l'a cru Marx, un agent de l'Alliance : tout au contraire. Dès que Bakounine eut appris que j'avais vu Malon à son passage à Neuchâtel, et que nous étions en relations amicales, il m'écrivit pour me mettre en garde contre lui, et m'engager à ôtre extrêmement réservé à son endroit =", — avertissement dont je fis mon profit.
Cette attitude de neutralité, gardée de juillet à octobre 1871 paf la proscription communaliste à Genève, est clairement expliquée dans une lettre écrite un peu plus tard (16 décembre 187 1) par Lefrançais et ÎNlalon à un international belge, Laurent Verrycken '. Ils y disent: