‹ L'Internationale; documents et souvenirsChapitre 257 sur 314 · Reproduite par Nettlau, p · texte numérisé non relu

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2. On voit que Bastelica se rej;ardail comme lié par le a secret professionnel », — la Conférence ayant eu le caractère d'une réunion tenue strictement à huis-clos, — jusqu'au moment où le Conseil général aurait publié celles des résolutions qu'il croirait pouvoir faire connaître sans péril.

3. On se souvient que Bakounine était en froid avec Malon depuis la dissolution de la Fraternité internationale en janvier 1869, — chose que j'avais ignorée.

4. Cette lettre a été retrouvée et puhliée par Nettlau (p. o6()), qui l'a datée par erreur du 16 octobre. Il a pris l'abréviation, insuffisamment calligraphiée (lar Malon : « 10'"'« « (décembre), pour un numéro d'ordre désignant le 10' mois (octobre).

Lorsque nous arrivâmes tous deux à Genève, quelque peu brisés de la chute de notre clière Commune,... nous y arrivions résolus à ne point tenir compte des différends qui partagent depuis trop longtemps les Sections de la Suisse romande, difl'érends dont nous avions entendu vaguement parler et qui ne reposent d'ailleurs que sur des questions de personnes dont à l'un de nous (Lefrançais) les noms seuls étaient connus.

Dans ces dispositions, nous résolûmes de ne prendre parti ni pour un groupe ni pour l'autre ; les personnalités d'Outine et de Bakounine, seules en jeu dans cette affaire, ne nous paraissaient pas devoir occuper longtemps le temps précieux de ceux qui, etc. '.

A peine arrivés, nous fûmes naturellement vite mis au courant des divisions en question, mais, nous devons le dire, seulement par les adversaires de l'ancienne Alliance, dont les auiis au contraire se tinrent à notre égard dans la plus grande réserve.

Mais un fait douloureux ne tarda pas à devenir évident pour nous. Malgré la liberté dont jouissent les Genevois, malgré tous les moyens dont ils disposent, — liberté de la presse, liberté de réunion, d'association, — l'Internationale n'a en réalité aucune existence intellectuelle ici : ni réunions, ni conférences, ni discussions de principes. La plupart des adhérents sont dans l'ignorance absolue des principes de l'Internationale et du but qu'elle poursuit. Chacun se contente de dire : « Je suis de l'Internationale ! » Mais, encore une fois, rien de sérieux ; les intelligents, dégoûtés, s" en retirent ou en sont exclus par les comités qui, seuls, gouvernent et dirigent les Sections, qui se réunissent seulement une fois par mois à peine ! Pas de cercles d'études sociales où tous puissent venir s'instruire des questions à résoudre. Les choses se passaient autrement en France, où la période de combat avait été précédée et amenée par une longue et sérieuse période de propagande et d'étude, et ces souvenirs nous faisaient d'autant plus ressentir le vide existant dans la Section genevoise.

Quelques amis, et nous avec eux. sommes entrés alors dans la Section centrale pour tenter de lui imprimer un mouvement jdus sérieux et plus actif, mais les pastews y ont mis ordre, comme vous le verrez par le compte-rendu de la dernière assemblée générale des Sections... : on nous a exclus tout simplement comme agents de l'ancienne Alliance et de Bakounine, à qui Lefranvais n'a jamais parlé... ; quant à Malon, il connaissait Bakounine, mais januiis entente ne fut établie entre eux.

■T'arrête ici la citation, qui, par celte dernière phrase, anticipe déjà sur les incidents postérieurs au (^on^rès de Sonvillier.

Au retour des deux délégués Outinc et Perret à (lenève, après la Conférence, il y eut une première escarmouche. Dans une séance de la Section centrale qui eut lieu à la fin de septembre, Malon interpella Outine, — avec lequel il avait été très inliniemenl lié autrefois. — et lui lit de vifs reproches ; Outine, abasourdi |i;ir cette attaque inattendue, fut eoiuplètemenl démonté et ne sut qu(^ répondre. La scène fit du bruit, et Ozerof s'empressa de la raconter à lîakouniiie dans mu" lettre. Cilui ci répondit le 3 octobre (lettre iniprimée dans la (iorrespoudance. trad. f'ran(,'aise. p. 35:2) :

I. Nettlau a coupe la pliraso ici, pour abréi,'t>r. N'ayant pas on l'occasion do consiiftor l'original, jo ne pnis suppléer les mois ijni manquent.

2i8 l'internationale

... La défaite d'Outinf el le Irioinidie de Malon m'ont causé une véritable joie. Mon clier Ozerof, je t'en prie, donne-moi plus de détails dramatiques. Que l'aire, si ces commérages peuvent m'amuscr, vieux ([ue je suis ! C'est une faiblesse, mon cher, une faiblesse de vieillard, mais que veux-tu ? j'aime bien les commérages qui sont intéressants. Ecris-moi donc si Olga ' a assisté à cette défaite de son bien-aimé ? Kst-il possible qu'Outine n'ait pas tenté de répondre aux terribles accusations de Malon ?

Votre programme * est assez mauvais, mais c(;la n'a pas d'importance : il s'agit avant tout de ce que vous pourrez faire pour la propagande et pour l'organisation.

Ceux des proscrits Tranchais qui avaient fondé, avec quelques Genevois, la Section de propagande et d'action révolutionnaire socialiste — au premier rang parmi eux se trouvait Jules Guesde, journalisle de Montpellier, qui venait d'être condamné, en France, par contumace, à cinq ans de prison pour un délit (le presse — avaient définilivemenl constitué leur groupe le 6 septembre en adoptant des statuts, et leur secrétaire. Réitérer, avait écrit le même jour au Conseil général pour demander l'admission de la Section dans l'Internationale. La réponse de Londres se lit attendre fort longtemps ; dans la séance du lundi 25 septembre, tenue soas la présidence du Genevois Deshusses, Jules Guesde fil la motion « de mettre en demeure le Conseil général de Londres de se prononcer dans les huit jours » ; il fut décidé qu'une nouvelle lettre serait envoyée au Conseil général le vendredi suivant. On proposa d'imprimer les statuts de la Section ; Joukovsky ht observer qu'on ne pouvait pas les imprimer avant d'avoir reçu la réponse de Londres ; au vote, sept voix se prononcèrent pour qu'on attendît la réponse, douze votèrent pour l'impression immédiale '.

Dans le courant de septembre s'était réuni à Lausanne le cinquième Congrès de la Ligue de la paix et de la liberté. M"" André Léo, qui cherchait toutes les occasions de faire entendre une protestation indignée contre les atrocités commises par les hommes de Versailles, se rendit à ce Congrès, et y lut un discours dont la hardiesse effaroucha son auditoire, et qu'on ne lui laissa pas achever. Mais elle eut le tort, en voulant repousser toute solidarité avec certains blanquistes, de se laisser aller à prononcer des paroles dures à l'égard de deux hommes qu'elle appela « deux des plus malheureuses personnahtés de la Commune* » : Raoul Rigault, qui était mort, et Th. Ferré, qui allait tomber deux mois plus tard sous les balles des bourreaux versaillais à Satory. Nous la blâmâmes d'avoir parlé de la sorte ; les exagérations — et elle en était coutumière — ne font de tort qu'à ceux qui s'y laissent aller. Adolphe Clémence pi ononça aussi un discours devant le même Congrès pour défendre la Commune dont il avait été membre \

Diverses publications allaient faire connaître enfin aupubUc la vérité sur

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