Charles Perron
3. Je ne sai> pas de qui il s'agit : sans doute de quelque ancien membre de la Section de l'Alliance qui avait demandé à faire partie de la Section centrale.
4. M""* André Léo s'est trompée sur un point, dans le récit qu'elle met dans la bouche de son interlocuteur: elle pLice avant le Con'irès de la Chaux-de-Fonds, en 1870, l'incident relatif à la dénégation, par M"" Dmitrief, de laiithenticité des lettres d'Eccarius et de Jung, tandis que cet incident est du printemps de 1871.
et les jalousies et les acharnements qui s'en suivent, se donner carrière dans l'Association. » Sur quoi M"^^ André Léo s'afflige et dit : « Et moi qui avais cru que l'Association internationale était la société la plus démocratique qu'on put rêver, la plus large, la plus traterntlle 1 » Son interlocuteur réplique : « Vous avitz raison, c'est bien là ce qu'elle doit êlre, ce qu'elle est en esprit, ce qu il faut qu elle soit ; car tous ceux qui voient en elle le grand instrumeni de la justice, ne l'abandonneront pas à la marche à rebours que travaillent à lui imprimer les cervelles allemandes et bismarckiennes... » El l'auteur de l'article, après avoir entendu tout le détail de ce récit édifiant, s'écrie gaînient :
— Mais que la déesse Liberté nous soit en aide ! Car nous avons contrevenu à la dernière bulle papale, en divulguant ces choses aux Gentils ', et en discutant rinfaillibilité du Conseil suprême. Nous voilà, nous aussi, menacés d'excommunication, et nous n'avons plus qu'à livrer notre âme au démon de l'Anarchie pour ce qui nous reste à dire.
Il y avait dans ce second article un mot de trop : il n'eût pas fallu parler de « M. de Bismarck «, ni de « cervelles bismarckiennes ». Quand nous eûmes, au Congrès de Sonvillier, à protester contre l'autoritarisme du Conseil général et contre les résolutions de la Conférence de Londre.i, la Fédération jurassienne sut se garder de ces fâcheuses exagérations de langage. Mais on trouvera sans doute que c'est tomber dans une faute plus grave encore que d'écrire, comme l'a fait Marx en iSja, à propos des articles de M™* André Léo dans la Révolution sociale :
Dès son premier numéro, ce journal s'empressa de se mettre au niveau du Figaro, du Gaulois, du Paris-Journal et autres org'anes orduriers dont il réédita les infamies contre le Conseil général '.
Enfin, dans le n" 3 (9 novembre), M'°® André Léo adressait des critiques très sensées aux résolutions de la Conférence, et écrivait des choses très justes sur « l'unité » :
Tandis que la France, après avoir, depuis le commencement de ce siècle, construit la fausse unité, qui réduit toutes les initiatives diverses, toutes les forces, toutes les puissances, à la capacité d'une seule volonté et d'un seul cerAcau, s'apercevant enfin de son erreur, s'efforce de détruire son œuvre, et arrache, en s'ensanglantant ellemême, la tunique fatale qui l'étoufife et la consume. l'Allemagne, la neuve, l'originale Allemagne, recommence, en l'an 18-1, l'œuvre du grand Napoléon. Elle ne l'a pas inventée, c'est vi'ai, mais depuis cinquante ans elle la rumine. Et tandis que le courant de la Révolution, un instant dévié, roule vers l'Océan de la liberté, l'Allemagne, elle, remonte vers le despotisme.
Mais ensuite, se laissant tout à fait emporter non par le « démon de l'Anarchie», mais par cette intempérance de langue (jui lui avait déjà joué un mauvais tour à Lausanne, 'elle disait ceci :
Le pangermanisme est là, et il afleete comme une maladie tous
1. Allusion à la phrase tjnalc lU^ la résolution XVII de la Confén^ncc de Londres, qui interdisait u aux journaux se disant organes de l'inlernalionale de discuter dans leurs eolonms, devant le publie hour^icois, des questions à traiter exclusivement dans le sein des comités et du Conseil général, ou dans les séances privées et administratives ties Con^Tès » : voir ci-dessus p. 212.