‹ L'Internationale; documents et souvenirsChapitre 262 sur 314 · I . Préambule des statuts de la Se(ti(»n · texte numérisé non relu

I . Préambule des statuts de la Se(ti(»n

2. Bastelica. en adressant i\ Joukovsky sa lettre du 2S seplembri' (voir p. 2ltl), avait eu pour but principal de lui parler de son désir de venir en Suisse. Il ecrivail : « J'ai appris un peu de typographie en Espagne : je désirerais continuer ce métier;

L INTERNATIONA LK

châtel ; il y était venu rendre visite au vannier Gaffîot, chez lequel il projetait d'entrer en apprentissagre.

Dans une lettre écrite, de la gare des C!onvers, à un correspondant de Genève ' le lendemain 'io, Joukovsky dit :

<( Hier nous avons délibcré [à Neuchâtel] jusqu'à six heures du soir. Malon, Gafliot, liaslelica, Guillaume et deux autres membres de la Section ont pris part à la discussion. Guillaume s'est mis nettement de notre côté. Malon croit que nos résolutions aoni excelle/des, seulement, selon lui, elles arrivent quinze jours trop tôt II faut, dit il, avoir tout le droit pour nous, il faut que Londres nous réponde un oui ou un non. Bastelica croit, à son tour, que notre résolution ne peut avoir de valeur qu'en tant qu'il se trouvera des Fédérations adhérant à nos considérants.

« Je crois avoir convaincu mes compagnons que, dans la lutte qui s'engage, nous n'avons plus rien à attendre. Le Comité fédéral de Saint- Imier prendra, je crois, une résolution complètement conforme à la nôtre. Toutefois sa résolution ne j)eut être autre chose qu'une proposition de sa i)art à toutes les Sections de la Fédération. Nos vingt Sections seront représentées à notre prochain Congrès régional -. Supposons que; les délégués votent nos propositions à l'unanimité. Dans ce cas, le Comité fédérai fait une circulaire à toutes les Sections de l'Association internationale ; outre ça il faut envoyer un délégué en Espagne \ un en Belgique. Il faut également se mettre au courant des affaires en Allemagne.

« Les réfugiés français qui se trouvent à Londres ont fondé une Section qui, comme nous, est rejetée par le Conseil général ^. Serraillier et Vaillant sont les deux qui restent avec Marx.

trouverais-je les éléments en Suisse ? Réponds-moi vite. » Joukovsky répondit qu'il n'y avait rien à faire à Genève, et il engagea son correspondant à m'écrire, ce que celui-ci fit aussitôt. On a vu que j'avais des raisons d'être sur la réserve avec Bas; telica — comme j'en avais à l'égard de Malon ; mais, puisqu'il était malheureux à Londres et voulait quitter celte ville, je lui répondis qu'il y avait du travail à l'imprimerie G. Guillaume fils. Il vint, et je pus l'embaucher sans provoquer de protestation de la part des compositeurs, grâce à un carnet que lui envoyèrent nos amis de Barcelone, étahlissant — par un léger accroc aux règlements, justifié puisqu'il s'agissait de secourir un proscrit — qu'il était reconnu comme ouvrier typograplie par l'Union typographique de cette ville.

i. Ce correspondant est probablement Deshusses, qui avait été membre de la Section de l'Alliance et qui avait rempli les fonctions de président dans la séance de la Section de propagande du 23 septembre. Cela expliquerait les expressions « nos vingt Sections », (( notre prochain Congrès régional », que Joukovsky ne pouvait employer qu'en s'adressant à un ancien membre de notre Fédération, et non en écrivant à un réfugié de la Commune.

2. Joukovsky parle comme s'il eût encore fait partie de notre Fédération, quoique, par la dissolution de la Section de l'Alliance, lui et les membres de cette ex-Section eusf.ent cessé d'être membres effectifs de la Fédération romande.

3. Un entrefilet paru dans la Federucinn de Barcelone du 19 novembre (et reproduit dans la Révolution îiociale du 23 novembre) montre qu'en el'Iet, dans la première quinzaine de novembre, — avant le Congrès de Sonvillier, ou du moins, en tout cas. avant que la nouvelle des résolutions votées par ce Congrès fût parvenue en Espagne, — un délégué de la Section de propagande de Genève se trouvait dans cette ville (c'était probablement un proscrit français, réfugié à Barcelone, qui s'était affilié à la Section de Genève). Voici ce que disait la Federacinn : « Nous sommes heureux de la visite que vient de nous faire le délégué de la Section de propagande et d'action révolutionnaire socialiste de Genève. Nous sommes entièrement satisfaits du radicalisme ainsi que de la netteté des principes que cette Section professe ; les Sections d'Espagne professent les mêmes principes. Par conséquent nous acceptons la fédération que la Section nous propose, et nous désirons voir arriver le moment où cette fédération deviendra un fait accompli. »

4. Cette Section, qui s'était donné le nom de « Section française de 1871 », avait été fondée le 28 septembre 1871. Il est probable que c'est par Malon ou par Bastelica que Joukovsky venait d'en apprendre l'existence. Je ne sais pas si à cette date

a Section française de 1871 avait déjà reçu du Conseil général la notification du rejet de sa demande d'admission ; il n'est pas nécessaire de le supposer, car Joukovsky ajoute les mots c comme nous », et pourtant le 30 octobre la Section de propagande attendait encore la réponse du Conseil général.

« J'ai quitté Neuchâtel à dix htures cinq ;.. . à trois iieures quinze je serai à Son-* illier '. »

Joukovsky cède ici, comme souvent, au désir de se donner de l'importance. Il se représente, et représente à son correspondant, le Congrès régional, dont la convocation était imminente et avait déjà été discutée, coHime devant se réunir sur l'initiative du groupe de Genève, et spécialement pour adopter la résolution propose' e par ce groupe. En réalité, le Comité lédéral allait délibérer sur une proposition qui avait été précédemment l'objet d'un échange d'idées entre ceux des membres de nos Sections qui appartenaient à notre intimité, — intimité dont ni Joukovsky ni aucun des proscrits français, à ce moment, ne taisaient partie.

Le 3o octobre, il y eut à Saint-Imier une réunion à laciuelle Joukovsky fut admis ; il y fut elécidé que le Comité fédéral convoquerait le Congrès régional pour le eliinanche 12 novembre à Sonvillier ; et dès le lendemain Schwitzguébel rédigea une circulaire aux Sections pour leur annoncer la convocation rie ce Congrès et les inviter à s'y faire représenter. Le mercredi 1" novembre, Joukovsky était au Locle, où il donnait connaissance des considérants de la Section de propagande de Genève ; les internationaux de l'endroit, en apprenant la date fixée pour le Congrès par le Comité fédéral de Saint-lmier, la jugèrent trop rapprochée ; ils émirent l'avis qu'il vaudrait mieux choisir le premier dimanche de décembre, si on voulait que les Sections fussent convenablement représentées. Le lendemain jeudi Joukov.>-ky retourna à Sonvillier; mais le Comité fédéral, sans s'arrêter aux objections du Locle, déclara vouloir s'en tenir à la date du 12 novembre : d'ailleurs, les circulaires aux Sections étaient déjà parties. Joukovsky s'en retourna à Genève en repassant par Neuchâtel.

'Voici le texte de la circulaire par laquelle fut convoqué le Congrès de Sonvillier :

Association Internationale des Travailleurs.

Fédération romande.

Quatrième circulaire aux Sections.

Compagnons,

Depuis longtemps déjà, notre Congrès régional aurait dû être convoqué ; mais les événements dont l'Europe a été le théâtre, et la situation particulière qui en est résultée pour l'Internationale, rendaient impossible la convocation de nos délégués \

Tous les esprits se tournaient vers les Communes révolutionnaires de France, cjui, à plusieurs reprises, essayèrent de s'affranchir pour ouvrir au peuple travailleur l'ère de son afl'ranchissement économicjue. Lyon, INIarseille et Paris succombèrent sous les coups de la bourgeoisie, dont l'organisation, il faut le dire, s'est montrée plus forte que la nôtre.

La lutte héroïque du peuple de Paris, les nombreux sacrifices ciuil a laits au nom de raHranchissement des travailleurs, la nonréussite de cette ibrmidable lutte communale, — tout ceci devait l'aire réfléchir les internationaux. Quant à nous, compagnons, nous pensons que l'Association internationale eles travailleurs entre, dès maintenant, dans une nouvelle phase, car elle eloit s'organiser tle manière à pouvoir utiliser, au [)rofit dos travailleurs, toute lutte partielle e|ui pourrait s'engager entre ces derniers et la bourgeoisie.

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