Li^ltre citée par Nottlau, p
2. Itoijnlièrement, le Congrès de la Fédération romande aurait dû élic roMvo(|iié fil avril 1871. En attendant (juil put l'tMre, une réunion avait eu lieu à .Neuchâtel le :;i mai. oomme on l'a vu, et avait procédé au renouvellement du Comilé fédéral.
G. II. — i.v
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Une autre cause qui l'ait (titrer l'Intoriialioiiale dans une nouvelle plias(!, c'est l'attitude dictatoriale du Conseil généi-ul vis-à-vis des Sections. La Conl'érence tenue dcrnicrenient à Londres a jjris des résolutions ({ui nous concernent de [)rès. A'ous savez tous qu'une scission s'était produite au Congres de la Chaux-de-Fonds en J870. La minorité dissidente [les Genevois et les coullerystes de la Chauxde-Fonds] s «'st arrogé le titre de Fédrralioii romande. Nous avions compté sur l'esprit d'impartialité qui devrait animer l(,'s luembres du Conseil général, et nous espérions longleiiii>s (pi'il mettrait lin à ce conllit, en nous i-econnaissant au juoins le droit d'existence comme Fédération à l'égal de nos conl'i-ères de Genève. Kh bien, le Conseil général s'est enlérmé dans un silence inexplicable. 11 ne nous i-estait qu'une seule issue : c'était d'attendre la convocation du Congrès général, qui mettrait lin au conllit.
Mais, d'un côté, nous voyons que la convocation du Congrès général est prescpie inq)ossible pour le moment ; d'un autre côté, la Conférence de l^ondres, tenue secrète pour nous, et convoquée par le Conseil général, a pris des allures dictatoriales en lançant des décrets *, ce qui est contraire aux principes fondamentaux de l'Internationale.
Tout ceci nous oblige, compagnons, à convoquer le plus tôt possible notre Congi'ès régional, qui aura à aiTêter une ligne de conduite conforme aux intérêts généraux de l'Association et à ceux particuliers de notre Fédération.
L'ordre du jour que nous vous proposons est le suivant :
1° Rapport du Comité fédéral ;
2'^ Le Conseil général et la (Conférence de Londres :
3" La réorganisation de la Fédération et la révision de ses statuts ;
4° Le Congrès ouvrier suisse.
Compagnons, nous sommes sûrs que vous répondrez à notre appel par l'envoi de vos délégués, et que de leurs délibérations ressortira une consolidation des liens qui unissent nos Sections.
Le Congrès aura lieu le 12 novembre, à Sonvillier (Jura bernois).
La séance d'ouveiture aura lieu à neuf heures du matin à ï Hôtel de
la Balance. Ayez l'obligeance de nous aviser du nombre de délégués
qui viendront au Congrès.
Salut et solidarité. ^ , „ . , r. n . 1 i
rour le Comité lederal romand :
Le secrétaire correspondant, Adhémar Schwitzguébel. Sonvillier-Saint-Imier, le 3i octobre 187 1.
Nous allions avoir, au Congrès de Sonvillier, à organiser notre Fédération sur des bases nouvelles, et à faire connaître aux autres Fédérations de rinternationale notre sentiment sur les actes de la Conférence de Londres, en leur envoyant une circulaire. Je présentai à la Section de Neuchâtel un projet de statuts fédéraux que j'avais élaboré ; ce projet fut adopté par elle pour être présenté en son nom au Congrès. Je pensai en outre que la rédaction de la circulaire à envoyer aux Fédérations ne devait pas être laissée au hasard d'une improvisation hâtive au moment du Congrès, et qu'il serait prudent de préparer, à tête reposée, un projet
1. Allusion à cette plirasc de la résolution XVII : « Elle décrète que la Fédération des Sections des Montagnes se nommera Fédération jurassienne ». Le texte complet de celle résolution avait paru, comme il a été dit, dans VEgalilé du 26 octobre.
qui pût servir de base de discussion : je m'occupai en conséquence à rédiger ce projet, dans les jour» qui précédèrent immédiatement la réunion de Sonvillier.
11 faut maintenant faire connaître comment Bakounine employa les mois de septembre et d'octobre et la première moitié de novembre.
On a vu que, dans les derniers jours d'août, il travaillait à un second article contre Mazzini. Pendant la plus grande partie de septembre, il désigne encore ce manuscrit, dans son calendrier-journal, sous le nom de a'^ article Mazzini. A partir du 26 septembre, il l'appelle « brochure » : ^de l)rochiire Mazzini, a" brochure mazzinienne. Il s'interrompt après le 1" octobre, pour écrire, du 2 au 4, une réponse à l'Unità italiana, journal mazzinien de Milan ; cette réponse paraît, traduite en italien sous le titre de Risposta aLV«Unità italiana » per M. Bakounine, dans le Gazzettino rosa des 10, 11 et 12 octobre * ; puis il reprend la rédaction de la brochure, du 5 au 14.
La polémique contre le parti mazzinien mit Bakounine en relations avec quelques hommes nouveaux, qui entrèrent en correspondance avec lui : on voit apparaître à ce moment, pour la première fois, dans son calendrierjournal, trois noms, ceux de Carlo Terzaghi (18 septembre), de Garmelo Palladino (16 septembre) et de Vincenzo Pezza (8 octobre), qui lui écrivent. Terzaghi rédigeait à Turin le Proletario : c'était un détraqué qui, après avoir offert ses services alternativement à Bakounine et à Marx, finit par les vendre à la police. Garmelo Palladino, jeune avocat napoUtain, avait reconstitué avec l'aide de Carlo Cafiero, d'Errico Malatesta et de quelques autres, la Section internationale de Naples, fort malade depuis 1870 et finalement dissoute par un arrêté du ministre de l'intérieur du 14 août 187 1. V. Pezza écrivait dans le Gazzettino rosa sous le pseudo nyme de « Burbero », et il allait devenir le plus ardent propagandiste de l'internationale en Italie jusqu'au moment où une mort prématurée l'enleva, à la fin de 1872. 11 n'y eut entre Bakounine et Palladino que des relations épislolaires " ; mais Pezza vint le voir à Locarno le i5 octobre, et il se fît aussitôt entre eux une « entente complète ». La Roma del Popolo du 12 octobre avait publié une adresse de Mazzini aux délégués ouvriers qui devaient se réunir en Congrès à Rome le 17 novembre : c'était sans doute cette manifestation du chef républicain qui avait motivé la visite de Pezza. Du 17 au 19, Bakounine s'occupe encore de la a'^^ brochure Mazzini: mais le 19 au soir il commence la rédaction d'une « Circulaire en réponse à la circulaire de Mazzini », et s'absorbe dans cette besogne jusqu'au 28. Le manuscrit de cette circulaire, qu'il avait envoyé à Pezza, fut imprimé clandestinement à Naples, et distribué aux délégués du Congrès ' ; il en a été fait une réimpression à Ancône en i885, sous le titre : Il socialisme e Mazzini'. Bakounine ne reprend pas tout de suite la brochure Mazzini : du 28 octobre au 4 novembre, une longue lettre à écrire aux amis des Montagnes, puis des préoccupations de famille, l'en détournent : il s'y remet du 5 au i5 novembre, 11 m'avait expédié, dès le 17 octobre, les pages 25-49 de son manuscrit pour l'imprimer (l'envoi des pages 1-24 n'est pas noté); le 1(5 novembre il m'en envoya la fin, pages 5o-uo ; l'impression en fut achevée six semaines après. Ce manuscrit forma, précédé de l'article paru en août dans la Liberté, une brochure ou plutôt un petit livre, que l'auteur intitula : La T'héolog'ie politique de Mazzini et l'Internationale, première partie. J'en parlerai plus loin.