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QUATRIÈME PARTIE, CHAPITRE V SoQ

tion et ne remplissait aucune fonction officielle et responsable. L'opposition de Jung eut pour résultat que l'affaire fut portée devant le Conseil général en séance plénière, et là il fut résolu de ne pas donner suite à la ridicule menace d'Engels*.

En même temps qu'Engels envoyait son incroyable lettre, la Emancipacion, dans son n" 69 (28 juillet), se livrait à la plus inouïe des délations : elle publiait, en les désignant comme traîtres à l'Internationale, les noms de tous ceux des membres de la Alianza dont ses rédacteurs avaient connaissance. On ne s'explique un acte semblable que par la rage, due au sentiment de leur impuissance, qui aveuglait ces hommes dignes de pitié.

Le Conseil fédéral espagnol adressa aux Sections d'Espagne, le 3o juillet, une circulaire pour flétrir l'indigne manœuvre de la Emancipacion ; il disait entre autres :

Ceux qui hier encore défendaient les mêmes principes que nous osent parler de trahison ! Ils osent nous accuser de nous être vendus à des hommes qui reçoivent la consigne dun Comité établi en Suisse et qui lui obéissent aveuglément ! Voilà ce qu'osent dire ces hommes qui savent mieux que nous lesquels obéissent à la consigne, aux manœuvres et aux intrigues qui s'élaborent dans le cabinet royal de M. Marx... Accusez-nous donc, rédacteurs de la Emancipacion, d'être des alUancistes. vous qui jadis recommandiez Torganisation de la Alianza, vous qui jadis exaltiez l'excellence de cette même Alianza que vous attaquez aujourd'hui... Vous prétendez aussi que le compagnon Lorenzo, secrétaire de notre Conseil, ne pouvant résister aux intrigues et aux manœuvres des « alUancistes », s'est séparé de nous : en réponse à cela, nous avons le devoir de déclarer que si quelque chose pouvait avoir influé sur sa détermination, ce serait assurément votre conduite doctiunaire ; car, en nous quittant pour rentrer dans la vie privée, il a écrit un acte d'adhésion à la protestation publiée par la Razon de Se ville contre la lettre de Lafargue aux internationaux espagnols -, et une autre pièce dans laquelle il déclare être opposé à la conduite doctrinaire de la Emancipacion. C'est vous et non pas nous, vous le savez bien, qui êtes cause de sa retraite... Tout ce que nous venons d'exposer, nous le soumettons au jugement de tous les internationaux de la i-égion espagnole, pour qu'ils sachent en réalité quels sont ceux qui minent l'Internationale et qui voudraient s'imposer à nous.

A la lettre d'Engels, le Conseil fédéral répondit ce qui suit :

. . . Nous sommes toujours disposés à rendre comiite de nos actes à ceux qui nous ont élus, mais à eux seuls, parce queux seuls ont le droit de nous le demander, et parce que ce sont eux seuls qui peuvent jviger si nous avons oui ou non reuipli le mandat (ju'ils nous ont confié. Aussi, votre menace tle nous (h'-clarcr traîtres si nous ne vous répondons })as par le retour du courrier ne nous inquiète en aucune façon. Nous avons la certitude d'avoir nMiq)li notre devoir.

. . . Vous nous demandez, par le retour du courrier, « une liste de tous les membres de rAUiance en Espagne, avec l'indication des fonctions qu'ils remplissent dans l'Internationale ». Diverses raisons

1. Les détails de ce (|iii se passa dans la séance du sous-coinité ont été racontés par .luns an (lonurcs de la Fédéralion an^'laisc de l'Internationale, Ionisa Londres le 26 janvier 1873.

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