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Lettre communitiuée par M"" Ciiarles Keller

H. Ce Conseil fédéral avait son siôge à New York, et se composait d'un délégué par Section.

0. An .") mai 1H72, il y avait aux Etats-Unis cinquante Sections de l'Internalionale, doni quarante (Mivoyaient leurs délégués au Conseil fédéral de Spring Street, et dix à celui du T(>ntli Ward Motel.

" 7. Au printemps de 1872, le Conseil général avait prononcé la suspension de la Section 12, de New York. Feu de temps après, une lellrc, signée d'iiccarius, et

et quelques autres, blessés de voir Marx chercher à dominer le Conseil fédéral anglais (qui venait de se former) comme il dominait déjà le Conseil général, commençaient à lui faire une opposition qui devait plus tard amener une rupture ouverte. Nous nous figurions que le Conseil général était complètement homogène, et nous enveloppions tous ses membres dans une même réprobation \ »

Dans le Jura, toute l'activité de nos militants n'était pas absorbée par la lutte contre le Conseil général. On a vu qu'en avril une grève des ouvriers graveurs et guillocheurs, à la Chaux-de-Fonds, avait été énergiqucmenl soutenue par les membres de la Fédération jurassienne. En même temps, un mouvement ouvrier fort remarquable se dessinait au Val de Saint-lmier : à la suite de la constitution d'une Ligue des patrons horlogers, à laquelle avaient adhéré deux cent vingt-neuf fabricants (Bulletin, n» 6), une assemblée populaire réunie à Saint-lmier le 7 avril 1872 décida la création d'une Fédération ouvrière {Bulletin, n" 9) ; les comités des diverses associations corporatives du Vallon élaborèrent en commun un projet de statuts, auquel adhérèrent successivement les sociétés des repasseurs et remonteurs, des graveurs et guillocheurs, des peintres et émailleurs, des monteurs de boîtes, des faiseurs de ressorts; et une correspondance en date du 27 juillet, publiée dans le n° i5 16 du Bulletin (i5 aoûti" septembre), annonça que a la constitution de la Fédération ouvrière du Val de Saint-lmier était un fait accompli ».

11 avait été décidé, le 19 mai, qu'un Congrès de la Fédération jurassienne serait tenu quelques jours avant l'ouverture du Congrès général. Ce Congrès se réunit le dimanche i8 août, à la Chaux-de-Fonds, à l'hôtel de l'Ours ; il se composait de délégués des Sections de Genève, de Bienne, de Zurich ', de Porrentruy, de Saint-lmier, de Sonvillier, de la Chaux-de- Fonds, du Locle, de Neuchâtel, des graveurs et guillocheurs du district de Courtelary, des graveurs et guillocheurs du Locle \ Un nombre assez considérable d'adhérents à la Fédération jurassienne assistèrent toute la journée aux travaux du Congrès. Il était venu en particulier de Zurich plusieurs étudiants et étudiantes russes et serbes ; je me rappelle que dans le nombre il y avait Sophie Bardine*. Bakounine, qui était délégué de je ne sais plus quelle Section, les avait accompagnés.

Le Congrès manifesta l'entente la plus complète entre tous les assistants. 11 décida l'envoi de deux délégués au Congrès de la Haye, qui

adressée au Conseil fédéral de Spring Street, annonçait que le Conseil général, reconnaissant qu'il avait agi trop précipitamment, désirait recevoir des explications sur les causes de la scission américaine, et qu'il retirerait ensuite la suspension de la Section 12, C'est pour avoir écrit cette lettre qu'Eccarius fut relevé de ses fonctions; Marx le remplaça par Le Moussu, qui écrivit aussitôt une lettre excommuniant le Conseil fédéral de Spring Street.

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