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3. Au coin (If^ la rue du Mont-Ulanc: et du quai du Muut-I!lanc, — aujonrd iiiii lo Grand-txUol do Itussic.
4. C'était un niodciste local, dans la rue du ItliAne, ijul servait alors de lieu de réunion aux miiiiihies do l'Internalionale.
au (!(M'cl(\ MOUS faisant raronler la spicndidc réception (|ue GoiK've avait laite la vcilN' à Oarihaldi, l()i'S(jU(' Slanipa rentra. Il était suivi {|(! deux personnages (piil nous [)i'és(;Mla. L'un, vêtu d'un loni; [)ardessus <i;-i-is. avec un chapeau de l'eutre, était un homme di; haute taille;, à la harix; noire épaisse, à l'airrésolu : c'était le laineux /'/y/ Pan ta! eo, le moine ^-arihaldien <pii avait accompat^né les Mille à Marsala (!t (pii avait l'ait avec- eux la cami)agne de Sicile. L'autre était un jeune homme, ancien ollicier garibaldien, qui habite Paris, et dont j'ai oublié le nom.
Slam[)a nous dit que Garibaldi venait de i)ren<h*e un bain, et qu'il dornuiit en ce moment, mais que nous lui serions présentés à une heure.
il était onze heures, et l'air du lac nous avait donné de rap[>étit. La j)lupart de nos compag'nons étaient partis en quête de lo<çements. Poui- moi, je m'attablai devant un frugal dîner', en compagnie de Stanq)a, de fra Pantaleo, de l'oHiciei' garibaldien et de Coullery. De Paepe, resté avec nous, nous regarda faire.
C'est une éti'ange organisation que celle de De Paepe. On ne sait ni quand il dort, ni quand il mange. C'est le plus acharné travailleur que je connaisse. Je lavais admiré déjà à Lausanne; je l'admirai plus encore à Genève, où je fus son camarade de chambre. A Lausanne, je l'avais vu, sur la question de la propriété collective du sol, tenir tète à Tolain, à Chemalé. à Longuet et à Coullery, rémiis contre lui ; sa parole calme, sévère, admirablement nette et claire, avait une véritable éloquence. Je l'avais vu ensuite, au banquet de clôture du Congrès, arracher des larmes aux femmes et faire tressaillir les honnnes en chantant la célèbre chanson de Lachambeaudie :
Ne parlez pas de liberté :
La pauvreté, c'est l'esclavage.
J'essayai d'engager la conversation avec fra Pantaleo ; mais il ne savait pas trois mots de français. Heureusement que l'oflicier. qui parlait cette langue avec facilité, vint à mon secours. Il me raconta quelques souvenirs de l'exjiédition de Sicile.
« Si vous l'aviez vu comme je lai vu, me dit-il, dans sa robe de moine, avec un poignard et un revolver à la ceinture, dans des endroits où il faisait diablement chaud, vous ne pourriez plus l'oublier. Aussi est-il devenu [)opulaire en Italie. Quand le général Garibaldi fit son entrée à Milan, fra Pantaleo était à côté de lui, dans sa voiture, et il avait une si belle tournure, un air si martial, que ce n'était pas Garibaldi (|ue les femmes regardaient, c'était Pantaleo. »
Pendant que son camarade me parlait ainsi, fra Pantaleo. qui ne comprenait pas ce qu'il disait, découpait gravement une aile de poulet, sans mot dire.
Le dîner fini, je me dirigeai avec De Paepe vers un petit hôtel situé au clelà de la gare, après avoir pris rendez-vous avec Stampa pour une heure au Café des touristes. Nous retrouvâmes à noti'e hôtel les délégués de la Reforni League, (iremer et Odger ; ce sont de simples ouvriers anglais, qui sont désignés pour faire partie du nouveau Parlement -. De Paepe et moi ne limes ijue prendre posses-
i. Déjeuner.