‹ L'Internationale; documents et souvenirsChapitre 44 sur 314 · j l'i.NTKKXATI()x\AI,K · texte numérisé non relu

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(]<'lui (|iii siicct'do ;i M. (^artercl ne lui i-cssernblc guère. C'est M. HaUouiiiiic, 1(> pi-oscril russe, (|ui a été coudaniné à la déportation par le ^ouvenuMueul du t.sai-, el (jui s'est sauvé de la Sibéi-ie par lAniéri(|ue. C'est un vieillard de haute taille, à l'air majestueux, à la voix vibrante. 11 (îst salué par des ai)plaudissenienls.

Il eonunenee par (léclarer que si (pielqu'un désire le maintien de Tempii-e l'usse, il doit appi'ouver l'écrasement de la Pologne. « Au point de vue du patriotisme national, dit-il, il est imjtossible de vouloir la grandeur de la Russie et de maudire en même temps les boui-reaux de la Pologne. Mouraviei'n'est en définitive que le premier patriote russe... Dans la guerre qui se prépare pour un temps pi'oehain, et dans laquelle l'empii'e russe devra intervenir, nous devons désirer que la Russie soit battue, et je lais des vœux pour eela. » (Ai»plaudissements unanimes.)

« Nous savons, ajoute M. Bakounine, que la Russie ne se relèverc qu'en adoptant les principes du fédéralisme et du socialisme, n'en déplaise à M. de Molinari qui a protesté contre les socialistes. » (Bravos à gauche. Une partie de l'auditoire, s'apercevant qu'elle a art'aire à un socialiste, semble regretter ses premiers applaudissements.)

M. Bakounine développe en quelques mots ses théories fédéralistes ; il parle contre la centralisation, contre l'esprit de nationalité. On applaudit, et, quand il a fini, on l'entoure pour le féliciter ' .

Le président lève la séance. Garibaldi, en travea-sant la salle, reçoit encore une ovation d'adieu. Il doit quitter Genève le lendemain matin.

Nous discutions, en nous promenant, sur la signification des incidents divers de cette seconde séance du Congrès. Pour nous, sociatistes, nous étions satisfaits. La franche déclaration faite par Dupont avait été bien accueillie par les démocrates avancés de l'assemblée ; Garibaldi y avait applaudi ; par contre, la protestation des économistes contre l'Adresse du Congrès ouvrier avait été reçue avec une défaveur visible. Nous repassions tous les discours prononcés, et nous trouvions dans plusieurs des paroles amies : le président Jolissaint avait cité Proudhon ^ Bakounine s'était déclaré socialiste, Charles Lemonnier. parlant au nom de la démocratie française, avait paru pencher de notre oôté.

Comme nous causions ainsi, nous sommes arrêtés dans la rue par un citoyen qui paraissait connaître mes camarades. Je demande son nom. C'est Gustave Chaudey.

Gustave Chaudey, l'exécuteur testamentaire de Proudhon. l'éditeur du dernier livre du grand socialiste, De la capacité politique des classes ouvrières, m'était connu depuis longtemps par un ami

1. L'impression produite par le discours de Bakounine est indiquée par le début du discours que Ctiarles Longuet prononça le lendemain. Parlant des idées qu'il croyait utile de développer, Longuet dit : « Quelques-uns des orateurs qui m'ont

J'i précédé à cette tribune les ont déjà émises, et hier un proscrit de la Russie du

jijktsar, un grand citoyen de la Russie future, Bakounine, les exprimait avec l'autorité

';;lj|du lutteur ©t du penseur ».

M I 2. Dans le discours qu'il avait prononcé en prenant possession du fauteuil se 'trouvait cette phrase : a Puisse ce Congrès être une manifestation imposante, noble, et digne de cette grande pensée de Proudhon : L'humanité moderne ne veut plus la guerre ! »

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