Allusion à Karl Mar.x
l'ég-alisation économique de toutes les classes et de tous les individus liuinains sur la lerr»; ; par consé(|uent, labolilion de la propriété héréditaire, lappropi-iatiou de la terre et de tous les instrunieuls de ti'avail |)ai' la l'édératioii universelh' des associations ouvrières, lédération dans laciuclle dm'roMl réelienient se noyer tous les Etats actuels et toutes les institutions [)oliti([ues, fondées sur la pi'opriété individuelle; et héréditaire des capitaux et de la terre.
Si nous prenons ce principe pour hase de tous nos travaux, de nos actes, nous sei-ons réellement ti'ès utiles, et nous forcerons les ouvriers de l'Internationale à reconnaître l'utilité réelle de notre Ligue.
Si au contraire nous rejetons ce pi-incipe, si même, sans le rejeter franchement, nous continuons seulement à l'ignorer, nous ne serons pas seulement une Ligue inutile, mais nuisible et réactionnaire. Et alors les ouvriers auront mille fois raison, non seulement de nous repousser, mais de nous combattre et de nous anéantir. Car n'oublions pas, cher ami, que la puissance est à eux. non à nous. Prouvons-leur donc notre raison d'exister, encore plus pour leur bien que pour le nôtre.
Le Congrès de Berne siégea du 21 au 25 septembre. Dans la séance du 23 tut discutée hi question des « rapports de la question économique et sociale avec celle de la paix et de la liberté » ; en son nom et en celui de quelques amis, Bakounine déposa un projet de résolution ainsi conçu :
« Attendu que la question qui se pi'ésente le plus impérieusement à nous est celle de l'égalisation économic[ue et sociale des classes et des individus Me Congrès affirme que, en dehors de cette égalisation, c'est-à-dire en dehors de la justice, la liberté et la paix ne sont pas réalisables. En conséquence, le Congrès met à l'ordre du jour l'étude des moyens [>ratiques de résoudre cette question. »
Dans" le débat, Bakounine se déclara collectiviste ^ et donna en ces termes la définition de ce mot :
Parce que je demande l'égalisation économique et sociale des classes et des individus, parce qu'avec le Congrès des travailleurs de Bruxelles je me suis déclaré partisan de la propriété collective, on m'a reproché d'être communiste. Quelle différence, m'a-t-on dit, faitesvous entre le communisme et la collectivité - ? Je suis étonné, vraiment, que M. Chaudey ne la comprenne pas, cette différence, lui, l'exécuteur testamentaire de Proudhon. Je déteste le communisme.
1. Plus tard, on chercha querelle à Bakounine, non sans quelque raison, au sujet de cette expression incorrecte d' « égalisation des classes ». Il avait répondu d'avance à l'objection, dans son second discours au Congrès de Berne, où il s'exprima ainsi : « J'ai demandé l'égalisation économique et sociale des classes et des individus. Je veux maintenant dire ce que j'entends par ces mots. Je veux la suppression des classes aussi bien sous le rapport économique et social que politique... Voil^ donc ce que nous entendons par ces mots : l'égalisation des classes. Il aurait mieux valu dire peut-être la suppression des classes, l'unification de la société par l'abolition de l'inégalité économique et sociale. Mais nous avons demandé encore l'égalisation des individus, et c'est là surtout ce qui nous attire toutes les foudres de l'éloquence indignée «le nos adversaires. «
2. Ce mot de « collectivité » est évidemment une faute d'impression ou un lapsus ; Bakounine a dû dire ou a voulu dire « collectivisme ».