Mémoire de la Fédération jurassienne, p
par un délégué spécial, Henri Perret, qui reçut mandat de s'abstenir de voter au Congrès sur les deux questions ci-dessus*. Une assemblée générale de toutes les Sections se réunit le mardi i^ août; ail y fut décidé que trois délégués seraient envoyés à Bâle au nom de toutes les Sections genevoises de langue française; tout membre ou tout groupe pourrait proposer des candidats, qui seraient immédiatement inscrits sur un tableau; le vote devait avoir lieu au scrutin secret, chaque membre mettant sur sa liste trois noms; pour être admis au vote, il faudrait prouver par la présentation de son livret que l'on était en règle avec sa Section; le scrutin devait être ouvert les samedi, dimanche et lundi 21, 22 et 23 août, de huit heures du matin à dix heures du soir-». Les trois délégués ainsi élus furent Brosset, Heng et Grosselin'. Deux nouvelles assemblées générales approuvèrent les conclusions du rapport sur l'abolition du droit d'héritage, présenté par Bakounine % et celles du rapport sur la propriété collective, présenté par Robin '' ; et les trois délégués reçurent le mandat impératif de voter à Bâle dans le sens des décisions de l'assemblée générale. Cela mettait Grosselin dans une singulière position : il devait figurer en automne sur la liste radicale comme l'un des candidats au Conseil d'Etat (gouvernement du canton de Genève) : mais s il allait, au Congrès de Bâle, voler pour la propriété collective et contre le droit d'héritage, il rendait sa candidature impossible. Comment faire ? Grosselin trouva un moyen bien simple de sortir d'embarras : il demanda au Comité central (ou Comité cantonal) des Sections genevoises l'autorisation d'aller au Congrès sans mandat impératif ; et ce Comité prit sur lui de dispenser Grossehn démettre un vote sur les deux questions compromettantes " .
1 . Les Sociétés qui furent représentées par Henri Perret au Congrès de Bâle sont celles des monteurs de boîtes, des bijoutiers, des gainlers, des guillocheurs, des graveurs, des faiseurs de ressorts, et des faiseurs de pièces à musique. (Rapport présenté par H. Perret au Congrès de Bâle, dans le Compte-rendu otticiel du Congrès, page 49. Ce rapport dit que « sauf une seule, les faiseurs de pièces à musiqu':', ces sociétés font toutes partie du groupe des Sections de Genève et de la Fédération romande >) ; donc la Société des faiseurs de pièces à musique n'appartenait pas à l'Internationale.)