PIÈGE LIX
PXACARDS AFFICHÉS A LYON PENDANT LES MOIS d'AVRIL ET UÂX 1871.
• RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ , ÉGALITÉ , FRATERNITÉ
Au peuple.
« Peuple français ! peuple des provinces I « Au nom de tes droits méconnus, au nom de tes pères, qui ti
lA^âmitlB dérense 'le leur samte Itépiiblii]ue, au nom de tes frères et (meurs qui se snpHlient à Pnris dans une lutte (errible contre les loTirreaux mcmorchiens . au nnm de ta propre sécuritÈ et de l'aifenir de tes enfanls, — éconle CRtte parole, peut-être la dernière, de ceux fpil combaltcnt pour toi, cl liWe-Ioi, fomme un seul homme, en réponse ù cet appel. — L.e moment est suprême | Une plus longue patience devient criminelle en face du péril imminent.
« Nons n'avons rien demandé que de Vivre en paix et de jouir des insliliilioua rèpulilicaines, qui seules peuvent encore sauver notre France, déchirée et rainée par les Prussiens do Versaillee. Il» nous ont ri^pontlu par le bombardement de Paris, par les massacres de nos défenseurs et des soldats qui refusent de tuerie peuple. Non contcnls de cela, ils ont rampé IBctiement aux pieds des Prussiens, pour surprendre Paris par la tra'hison et l'espionnage, pour le cerner et rendre ainsi prisonnière une population de deux millinns d'flmoB. Ils espèrent ainsi, A l'abri du oliltimenl qui doit tes atteindre, faire passer per les armes tous ceux qui se dévouent à la cause du peuple, au salut de la rièpiiblii|ue !
* I.cs gendarmes de lionaparto sont de nouveau rerrulés dans toute la France; les préfets et les.joges du "i Mceiilhre se préparent à une nouvelle besogne : la mitraillade et la guillotine, les cachots et la déportation alteirdent tmis les républicains, — bourgeois ou travailleurs.
t Sauve-toi donc, peuple français, en sauvant la Krance.
t Ne laisse pas lâchement égorger la République et les braves patriotes qui combattent pour elle.
-( N'écoute pas les infâmes mensonges de Versailles. — Poris, dans l'agonie, l'appelle A son aide pour consolider l'oeuvre immortelle de l'établissement de la République démocratique I Httte-Ioi de lui venir en aide pour écraser Versailles, si lu ne veux pas être écrasé ù ton tour.
■ Puisque les lâches usurpateurs qui le souillent, eu s'urrogoant lo titre de tes représentants, fiisilleut le peuple lorsqu'il exprime ses vœux poisiblement, va donc, les armes m nrain, leiir imposer la volonté de faire cesser la guerre eirile.
• Dis à les conveHlers ■mmrfcipwix de inarcTier contre les VérmiAMfi tm této des ImtaiHonis rtpubHcaitrs.
i El si les conseillers municipoirt trahissaient la grniiflG ctmse, tu trouveras dans ton sein des hsmmos défouës et sQrs qiri le mèneront au combat, m e+ioml Se la MarufilUaise et aux cris de : Vite t« RépBbtiquel Vive la Commune! et mort uus traîtres!' — aOK traftres, qui eensprrcnt contixi la népublique, qui noient, dans le sang do la nation, la paix et la prospérité, dont notrB patrie C ^^ tant besoin !
a Soldats du peuple français ! imitez le bel exemple des Parisiens I ralliez-vous au peuple ; votre sort est le môme et vos intérêts les plus sacrés sont solidaires. C'en est assez de vous, laisser vendre par les traîtres et les voleurs, de vous laisser fusiller quand vous ne voulez pas devenir les assassins de vos frères. — Prouvez que vous n*avez pas oublié la chaumière d'où vous sortez, ni la mère qui vous a nourris de son sein.
€ Songez que de vous dépend le sort de la liberté et le salut de la France ; songez que vous devez vengeance à ceux qui vous ont trahis et vendus.
I Femmes françaises ! vos sœurs de Paris vous appellent au secours I On égorge vos enfants I Vos maris iront remplir les cimetières de Cayenne et de Lambessa. . Enflammez le courage des hommes par votre belle action; marchez avec nous. Inspirés par votre dévouement à la République, nous saurons mieux mourir ou vaincre I