‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 18 sur 159 · CHAPITRE Xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn

JOURNÉES DES 3 ET 4 NOVEMBRE 1870. — ENVAHISSEMENT DE l'hÔTEL DE POLICE. — LE COMITÉ CENTRAL FÉDÉRATIF ET LES CHANTIERS NA- TIONAUX. — LE CLUB DE LA RUE DE LA VIEILLE-MONNAIE. — PROPOSI- TIONS QUI Y SONT FAITES. — ARRESTATION DES MEMBRES DU COMITÉ CENTRAL FÉDÉRATIF. — INCIDENT RELATIF A CETTE ARRESTATION".

A cette époque, la ville de Lyon ne possédait plus de police, OU du moins celle dont elle avait été dotée se faisait un devoir de se joindre aux perturbateurs, toutes les fois que l'occasion hii en était offerte. On avait bien voulu, au lendemain de Péchauffourée du 28 septembre, essayer une réorganisation de ce service : quelques personnalités trop bruyantes avaient été éconduites, mais, en dépit de ces modifications imposées par les circonstances, l'esprit de ce corps était resté le même ; nous pouvons ajouter qu'aux nombreux repris de justice qui y figuraient déjà étaient venus s'en joindre d'autres, et des meilleurs. L'Internationale y était comme auparavant laigement représentée : elle dominait dans la garde urbaine et dans les offices de paix, espèce de création bâtarde dont les attributions sont toujours demeurées un mystère*.

A la faveur de cette situation et de l'appui prêté par les adeptes qu'elle comptait même au sein du conseil municipal, l'Intema'^ tionale pouvait encore se promettre -de beaux jours à Lyon.

Les membres du Comité de sûreté générale expulsés de la rue Luizeme aspiraient à prendre une éclatante revanche; ils ne pardonnaient pas à ces républicains de mauvais aloi de

A A Ut tète de l'office de paix da quartier Saint- Jnst se troOTAit Tex -commissaire central Chol, assisté dps internationaux Arthur Marti?!, scnlpteor ; TouRHATRK, tnlliste, et Brussox, cordoanier, dont les noms ont déjà été plusieurs fois cités dans notre ouvrage.

s'être privés de leurs services *. Ils se préparaient donc en secret à tenter quelque nouvelle entreprise dans le genre de celle qui avait avorté le 28 septembre. Ils étaient d'ailleurs puissamment organisés si Ton en juge par cette confidence, faite par l'un d'entre eux :

a Les hommes de notre parti, disait-il, sont déterminés à tout : ils n'attendent que l'arrivée des Prussiens pour mettre A EXÉCUTION leur projet, qui consiste à renverser tous les pouvoirs qui existent, à arrêter toutes les autorités locales et à faire la révolution comme ils ^l'entendent. Plus de 2,000 d'entre nous sont déjà embrigadés, tout prêts à recevoir le mot d'ordre et à sacrifier leur vie, s'il le faut, pour assurer la réussite de leur plan. Ils sont certains d'être soutenus, au moment donné, par, la majorité des ouvriers des chantiers nationaux ainsi que par une partie de la garde nationale qui a promis son concours

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