LES TERRES DE LA BOURGEOISIE
ET LE JACOBINISME. Ci
Une dernière réunion, provoquée par les sectaires de l'Internationale, fut tenue dans la salle de la Rotonde, le 12 octobre, sous la présidence, de Parraton (Voir Documents justificatifs, — Pièce XXVI.) I^e drapeau rouge, devenu le palladium de Témeute, flottait au-dessus de la tribune. Albert Richard, le factotum en chef de Tlnternationale, y ût le tableau de la situation de la France. Invoquant les grands souvenirs de 93, il prêchait la lutte à outrance, et représentait la révolution comme le seul moyen d'improviser des armées et de chasser les Prussiens.
Un autre orateur venait tonner contre les anciens mouchards et les anciens sergents de ville. Il proposait de les fusu-ler.
Un membre de rex-Gomité du salut de la France, le citoyen' d'André, protestait à son tour contre l'arrestation dont il avait été, ainsi que plusieurs de ses collègues, victime quelques jours aupai'avant. Il réclamait la destitution du préfet, Ghallemel- Lacour, qui s'était rendu coupable de cette infamie. Les uns paillaient de l'arrêter; les autres, de le faire passer par la fenêtre.
« Celui^ s'écriait le président, que je considère avant les Prussiens comme notre premier ennemi, c'est celui qui nous a
été envoyé de Paris Celui-là, il devrait être à la place de
celui d'entre nous qu'on a arrêté. »
« A f œuvre ! ajoutait un dernier orateur. Plus de retards ! Nous ferons voir enfin que nous savons agir. Demain, à cinq heures du matin, sur la place de la Croix-Rousse ! Mais cette fois, ne soyons pas si bêtes que le 28. Tous avec nos fusils et nos cartouches ! Nous verrons bien qui aura raison de nous ou du préfet. Nous fixons l'heure du rendez-vous à cinq heures, à cause des ouvriers qui travaillent aux chantiers nationaux. Ils pourront être avec nous : on se chargera de les avertir. Et nous verrons! >
Cette comédie se terminait par un vote de reconnaissance à Garibaldi.
Ces excitations ne produisirent pas le résultat qu'on en avait attendu : aucun des assistants ne se trouva le lendemain au rendez-vous fixé.
A dater de ce moment, l'Internationale painit se recueillir. Elle était privée de cette impulsion puissante que gavaient lui
communiquer Blanc et surtout Richard * : ce dernier, par masure de précaution, venait de se replier sur Grenoble.
Mais la nouvelle de l'insurrection du 31 octobre à Paris et l'agitation produite pai* la capitulation de Metz venaient bientôt leur fournir une occasion favorable pour tenter un nouveau coup de main. Les meneurs n'étaient pas hommes à la laisser échapper.
Pour compléter ce qui a trait à l'affaire du 28 septembre, nous devons placer ici Isî liste des individus taraduits devant le 1««^ conseil de guerre de Lyon à raison de leur participation à ces événements : • .
Voici leurs noms :
1** Bakounine (Michel), contumax ;
2* Richard, publiciste, quai de Serin, 20, contumax ;
8" Blanc (Gaspard), rue de Jarente, 31, contumax;
4® Parraton (François), tisseur, grande rue de la Groix- Roussse, 75 ;
5» Saignes, plâtrier, rue de Chartres, 23, contumax ;
6® Servelle (François), vernisseur, chemin du Sacré-Cœur ;
7» ScHETTEL (Adrien), mécanicien, rue du Repos, 18 ;
8° Rivière (Pierre-Benoît) , cartonnier ;
9» Bastelica, employé à Marseille, contumax ;
10* LucKiEwicz, compositeur d'imprimerie, grande rue de la Croix-Rousse, 21, contumax ;
11* Combes, contumax;
12® Cluseret (général), contumax ;
Tous les accusés contumax furent condamnés le 13 août 1871 à la peine de la déportation dans une enceinte fortifiée : Parraton, à cin(| années de détention ; Schettel, à un an de prison . Srrvelle, à six jours de la même peine.
1 Ces deux Internationaux viennent de publier à Bruxelles sons ce titre : V Empire et la France nouvelle une brochure bonapartiste. Dés 1868 Richard avait offert ses services au préfet du Rhône et ce dernier avait refusé de les accepter.