COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE DES PROVINCES
APPEL AUX AéPUBUCAUVS DévOtnÉS.
[Confidentiel.)
« Chers citoyens !
. « Nous uous adressons à vous, convaincus que vous ne vou* drez pas déserter la cause de la répubhque, ni assumer la responsabilité de sa défaite, entreprise par les usurpateurs griminels de Versailles.
« Le moment est décisif, il y va du salut de la France, et avec elle du salut de la liberté dans le monde entier. Pour cette libertéi Paris lutte avec l'héroïsme ressuscité de nos pères de 92 ; mais si Paiûs est ^abandonné par nous, il succombera peut-ôtre sous la coalition bâtarde des jésuites et des^Venciéens de tous 'les régimes monarclûtiues, qui ont désolé la France et Tont amenée à im étatj permanent| de guerres^ extérieures et civiles.^
«Mais^si Paris^succombe, cesserait grâce à notre]^trahison.
« A cette ipoqne tons les efforts de XInteT%aii(maU tendaient à la création, sont des formes et avec des noms divers, de comités destinés à coordonner le fîuid mouvement révolutionnaire dont Paris venait de donner le signal. Nous atroBft bienlèi occasion de parler du Comité eeniral républicain $ociali$lê àê Itk France méridionale, dont le siège se trouvait à Lyon et qsi fut organisé par Albert lUehard quelq[oes jours après l'insurreetion du 30 avril.
iSG L'INTERNATIONALE
Eipargnons donc aux provinces ce crime sanglant, mettons fin a ces boucheries interminables où les meilleiu*s fils du peuple sont assassinés par nos bourreaux.
« Il nous suffît pour cela de nous organiser saiis relard dans toute la province pour procéder à la condamnation effective de l'infâme réaction de Versailles.
t Cette réaction, en effet, n*est forte que par noli'e division^ par Tabsence d'une entente générale entre nous tous. Et cependant, les grandes villes ne manquent pas d'hommes intelligents et dévoués à la cause de la république.
« Rassemblez donc autour de vous tous ceux sur le courage et rintelligence desquels vous pouvez compter, pour provoquer une action immédiate et collective de toutes les vi77es.; les populations nous suivront dans là révolution communale, que nous devons accomplir pour le bien et le salut général de la France. 11 vous sera facile de démontrer aux citoyens de la garde nationale, que la réaction complote leur désarmement et qu'elle est déjà en train de l'accomplir à Marseille, à Bordeaux et partout ailleurs.
* De cet attentat au droit des citoyens d'être armés poui* la défense de leurs intérêts est née la révolution du 18 mars, car nos frères de Paris ont compris que ce désarmement serait * •suivi d'une nouvelle TeiTeur blanche, de déportations et de commissions mixtes du 2 décembre, par les({uelles passeraient tous les citoyens honnêtes et qui priveraient de nouveau des milliers de femmes de leurs maris et de leurs enfants.
« Tous ceux à qui sont chers les gi'ands intérêts de la cité comprendront aussi que le désarmement des gardes nationaux équivaut à la suppression de toutes les garanties municipales. Or le peuple ne sera plus assez lâche pour abandonner encore une fois ses affaires à l'arbitraire des préfets et des maires, désignés par la fantaisie peui*euse de l'astucieux vieillard, pour nous imposer de nouveau l'ordre des prétoriens, fusillant les travailleurs et ruinant le commerce et l'industrie.
« Vos concitoyens comprendront tout le danger de cette situation, en appréciant à sa juste valeur la loi bâtarde sur les municipalités, cette loi qui porte atteinte à tous nos droits é% détruit les derniers vestiges des franchises communales.
ET LE JACOBINISME. 13î
i-Et si la réaction du Versailles a osé décréter une telle loi — pendant que le canon gronde sous los murs de Paris, et i|uc a garde nationale des grandes villes de- Lyon, Saint-Étienne, K'Bordeailx, Montpellier, Nîmes, Béziers, Grenoble, Valence, l-laet encore en possession de ses armes — que serait-ce, si les jésuites légitimistes, orléanistes et bonnjiartipte» parvenaient à triompher de la grande révolution de Pai-is? C'en serait fail de la liberté el de la France, et nos aspirations étouffées ne Irouveraienl plus de place que dans les cachots et l'exil, sinon dans ia fosse commune de fusillés, par la grâce d'un Henri V ou d'un I Bonaparte de Sedan et de la Kicamorie!
il Ces considérations, citoyens el fi-êres, peuvent vous servir lie hase ù l'entente générale de vos concitoyens, ainsi qu'à l'appel ^énérjd au peuple, quand vous jugerez le moment opportun, ' ■ Go que nous vous demandons maintenant, c'est do vous Iflntendre avec les hommes de confiance, afin de provoquer immé- 'diatenient dans votre ville ta foumation du uumtk cilntkal de la flARDE KATIONALE.
• Une fois que .ce comité sera formé définitivement et qu'il «ura pris toutes ses mesures d'organisation, de défense el daltaque, il devra présider à l'installation de In Vomiaunc, dont le ftut est indiqué yar la force des chos^ et se résume clairement ttt simplement en quelques mois :
' • Rendre aux villes le libre exercice de leurs droits, qui •'expriment par la direction indépendante et communale de leurs intérôtâ-,
• Sauvegarder l'établissement de la république, garanti p;ir la suppression délinilive de toutes les conspirations sane/uinaives [ées anciens régimes ;
I Assurer le lilire déveloi)pement politique et social des intiti-
hitiOQS réellement républicaines, par l'oryanisalion solide el
ibraiP de ia garde nationale, qui est l'expression de la volonté
^alsire, armée pour se faire respecter;
< Réaliser enfin, au moyen d'une organisation éiguitahle,
K'I'harmonie qui dtiil exister entre la prospérilé dn commerce et
wie l'indui^trie et les droits imprescriptibles du peuple de vivre
mto travaillant et en jouissant des produits de son travail, dans
■'les villes connue dans los campagnes;
< Supprimer par tout cela, une fois pour toutes, l'état permanent de gueiTeS; de ruines et de meurtres qui pèse sur ta France, grâce aux criminels attentats de la réaction ;
« Telle est ta tâche sublime que mms arvons dervant nom} « Suivons donc Paris dans sa voie émancipatrice. Parid naw donne un exemple, fraternel : il ne veut plus de rcmnipoteiM» ni de la centralisation d'un Bonaparte, il veut ê^e m^embra vivant de la fédération des grandes villes de la France, tout en laissant aux campagnes leur psfft respective des droits à la souveraineté nationale.
« N'oubliez pas, en outre, que c'est pour la première fois qae la Commune se trouve en possession Jéfftile de tous les moyens de F État j car à Theure qu'il est, c'est V Assemblée de VersêilkB qui commet le délit de révolte et d'usarpaùiùn : elle n'a été appelée que pour prendre une décision sur les conditions de la paix avec la Prusse ; aucun hameau rural de la France ne hri a donné le mandat de continuer l'œuvre des Prussiens, en boix»bardant Paris et Marseille, en mettant toute la France en ét#t4e siège ! A l'heure qu'il est, il n'y a pas de gouvernement légitime en France. Paris est la première ville qui soit sortie de cette anarchie, et il aurait établi la vie paisible et répcd>hcaine à la* quelle nous aspirons tou^ si ta réadion ne l'iivait forcé à re** prendre les armes pour sa défense. Paris a tua un oouvsnNinmff
LÉGAL, NOTRE DEVOIR A NOUS EST DE NOUS FÉDÉRlZa AVEC GS GOU- VERlfEMENT, AVEC LA COMMUNB DE PaRIS, ET NON DE NOGS LAISfiOl TRAINER A LA REMORQUE DES ASSASSINS DE VERSAILLES.
< Par notre action révolutionnaire, prompte et énergique, nous sauverons Paris et la France, et notre fédération sera le commencement d'une nouvelle ère paisible et fraternelle. Lt réaction, nous le répétons encore une fois, n'est forte que par notre division ; et, croyez-le, par notre action collective, lors même que nos ennemis voudraient s'y interposer et faire couler notre sang, nous épargnerons des milliers de victimes, et nous sauverons la plus grande des victimes, la France, qui autrement serait assassinée sur les décombres d^ Paris et sur les échafauds qui nous attendent tous, républicains et révolution* naires.
« Hâtez-vous donc de vous joindre à nous! Le temps presse!
Levons-nous, et montrons que la république peut avoir plus de volontaires que la Vendée !
« Vive la révolution des Communes [ Vive la république démocratique et sociale!
Timbra: « Salut et fraternité! >
Comité réToladoimAire des nroviDeet.
— Fédération det Titici.
Une pareille circulaire se passe de tout commentaire ; il est d'ailleurs depuis longtemps acquis à Thistoire que Farmement des citoyens par la garde nationale fait partie dks nioniia sécréta de rintemationale.
A coté de cette pièce nous devons placer un document non moins important et qui donne sur l'organisation et les projets des « communiers » des renseignements extrêmement circonstanciés : nous voulons parler du catéchisme des adhérents delà Commune.