‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 38 sur 159 · Partie (rétablissement · texte numérisé non relu

Partie (rétablissement

• 1** La proclamation de la Commune est affichée dans tous les endroits propres à cela ; la proclamation doit expliquer la profession de foi de la Commune, ses droits et la tâche qu'elle a A accomplir ;

« 2« Tous les fonctionnaires, les gardes champêtres, etc., sont requis d'afficher et de veiller à la conservation de cette proclamation, ainsi que de toutes les autres affiches de la Commune. En cas de refus ou de résistance, les commissaires de la Commune destitueront les fonctionnaires et les emprisonneront. Les fonctioniiaires sont tenus à ne laisser afficher aucune pro- ^clamation ou affiche n'émanant pas de la Commune;

« 8* La presse réactionnaire est abolie. Les imprimeries réactionnaires sont occupées militairement pour arrêter leurs provocations à la guerre civile. Il est créé le Journal of/iciol de In Commune ;

« 4* La Commune institue dans son sein des commissions si)éciales, à l'instar de la Commune de Paris;

€ 5o La Commune institue une commission spéciale de justice, connaissant toutes les affaires pendantes des tribunaux cassés ;

« 6* La commission des relations extérieures au nom do la Commune instruit les autorités allemandes du changement opéré dans le régime intérieur, en lui assurant le payement do

rindemnité de guerre et Tobservation des stipulations de la paix votée par rAssemblée de Bordeaux, investie de ce seul mandat spécial ;

« 7° Prenant en considération la justice, on fera supporter les frais de guerre par ceux qui l'ont provoquée sous le régime de Bonaparte. Une enquête immédiate ^era ordonnée pour g'en- (juérir des grandes fortunes accuniulées sous Tempire par les compagnies et les individus, et ces fortunes seront frappées d'un impôt de guerre proportionnel et progressif;

« S^ La commission des finances sera chargée d'opérer le sé- (luestre dfe tous les biens nationaux usurpés par le clergé et toutes ses ramifications ;

« 9*^ La même commission sera chargée, sur le préavis de la commission de la justice, de procéder à la séquestration des biens de tous ceux qui continueront à conspirer contre la république, érigée en Communes, ainsi que de ceux qui porteront les armes contre elle, ou bien qui abandonneront leur domicile pour échapper au service dans la garde nationale ;

■ 10° Tous les agents du gouvernement illégal de Versailles, civils ou militaires, ainsi que tous les individus reconnus comme coopérant en secret au renversement de la Commune, resteront en état d'arrestation. L'assurance leur sera donnée qu'ils ne passeront que par la justice publique et que toutes les garanties de défense leur seront accordées ; cette condition ne sera pas observée, et tous ces otages ne seront plus à l'abri de la peine capitale, dès que la réaction usera de ses anciens procédés contre les républicains, ou dès qu'elle entreprendra le siège ou le bombardement d'une ville érigée en Commune ;

« 11® La commission du travail sera chargée d'établir des ateliers coopératifs de travailleurs et de travailleuses pour tous les travaux d'utilité pubhque. Les ateliers abandonnés par leurs propriétaires, sans motif fondé pour la cause de la Commune, sont remis à Texploitation des associations ouvrières ;

« 12» La Commune fera appel aux bataillons pour marcher contre la réaction à Versailles ou dans le midi de la France. La commission de guerre est chargée de tout ce qui concerne les mesures préparatoires ;

« 13*" La loi des échéances est abolie ;

« 14» La remise des loyers pour les termes de la guerre est décrétée ;

« 15® L'appel communal est fait à tous les grands centres de la France, invités à envoyer les délégués de leurs Communes pour constituer une Assemblée fédérale des Communes, en attendant que la réaction soit vaincue, et qu'on puisse procéder à la convocation de la Convention nationale de la France pour établir l'organisation définitive et rationnelle de la république française ;

• IG® Lorsque la Commune sera assurée contre tous les attentats de la réaction, lorsqu'il sera raisonnable de lever Tétat de siège et de guerre, il sera procédé aux élections régulières des autorités de la Commune ; en attendant ce moment, la Commune restera composé^ des hommes qui ont été appelés par les suffrages de la garde nationale, qui représente le peuple en armes ; de même, jusqu'à l'élection définitive de la Commune, toutes les autorités civiles et militaires en fonctions continueront leur service.

Nous trouvons encore dans la lettre suivante une preuve manifeste de la part active que l'Internationale a prise à tous les événements; elle a été adressée de Genève, le 22 avril, au délégué Albert Leblanc :

a Genève, 22 avril 1871.

« Citoyen Leblanc,

« Je vous prie de m'accijser réception par le même courrier des dispositions d'esprit sur {sic) la garde nationale de Lyon. Noufi avons dans l'Intehnationale des travailleurs de Genève TOUS LES ÉLÉMENTS VOULUS. Nous attondous Ics réponses des délégués de Lyon, de Savoie et du Var pour pouvoir agir tous à la fois. Nous devons recevoir 500 chasse^yots et cartouches. Nous devons proclamer la Commune partout oîi nous passerons, jusqu'aux villes désignées ci-dessus. En partant 500 nous aiTiverons par milliers. De cette mattière, le gouvernement illusoire

de Versailles sera obligé de diviser ses forces. — Je ne peux vous en dire davantage

€ Salut et fraternité.

. Signé : COLONNA ». »

Voici dans quels termes Albert Leblanc répondait, le lendemain, à ces ouvertures :

« Cher ami,

« J'approuve ton projet de toutes mes forces : il faut absolument sortir de Timpasse où nous nous trouvons. — Marchez DONC avec courage et confiance : il en est grandement temps.

< Indicjuez-moi votre itinéraire afin que vous soyez reçus par les AMIS. — Réponse de suite à Tadrçsse que je t'indique. A bientôt donc et en avant • !

« Salut fraternel.

« Albert LEBLANC. »

Quelques jours auparavant, un autre adepte de rinternationale, qui s'est trouvé mêlé à tous les mouvements insurrectionnels de Lyon, le citoyen Parraton, ouvrier tisseur de la Croix-Rousse, se rendait à Paris pour y prendre les instructions du général Cluscret, Il était porteur de plusieurs lettres délivrées par Outine, Ozeroff et autres de Genève, qui devaient l'accréditer auprès de ce général cosmopolite. Mais il ne put remplir la mission LMPORTANTE dout il avait été chargé ; malgré toutes les précautions qu'il avait prises pour dissimuler son identité et en dépit d'une carte d'agent de police dont il avait eu soin de se nantir, il fut reconnu à la gare de Tonnerre et mis en état d'arrestation (14 avril). ' ^

Nous avons déjà parlé de ces nombreux placards qui, à cette époque, étaient nuitamment apposés sur les murs de la ville.

* Golonna, d*origine italienne, bien connu pour ses opinions révolutionnaires, faisait partie des membres de la Commune installée à l'hùtel de viUe lors de la sédition du 23 mars. Il avait dû, à la suite de cet événement, se réfugier i Genève.

< A la même époque, Gaspard Blanc, prenant le pseudonyme de Champuteaux, faisait à l'un de ses amis la cçHiMencc dos projets et des aspirations de l'Internationale.

Nous sommes en mesure d*aflirmer que la plupart de ces appels aux armes sortaient des officines de l'Internationale.

n est encore un détail qui a son importance : c'est par les soins de llntemationale qu'étaient imprimés et distribués en province sur la voie publique les proclamations et appels de la Commune de Paris.

Il est tel journal de Y Internationale dans lequel on trouvait, à chaque numéro, un ou plusieurs de ces placards tirés sur des teiOIes détachées, et que Ton indiquait comme imprimés à Paris {Imprimerie Nationale)^ alors qu'ils sortaient des presses de llntemationale, à Carouge. Nous tenons ce renseignement d'une personne qui, par ses relations avec les internationaux, était à même de connaître la vérité sur ce point.

Maintenant que nous avons établi le rôle joué à Lyon par llntemationale à la veille du 30 avril, abordons le récit des faits dont le quartier de la Guillotière fut ce jour-là le théfitre.

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