‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 42 sur 159 · II H · texte numérisé non relu

II H

« Pendant que la réaction cléricale et monarchique emprisonr*e, exile, fusille, menace et calomnie les défenseurs du peuple;

■ Pendant que vingt villes de France s'agitent, frémissent et attendent avec anxiété le triomphe de la véiutable répubuque;

a Alors que les ouvriers de Marseille et de Lyon font au prix de leur sang de généreux efforts pour secouer le joug de ces vieillards sans pudeur et sans conscience qui veulent nous plonger pour toujours dans la misère et Toppression;

« Il s'est trouvé des gens assez infâmes pour tromper le peuple en se disant hypocritemenjt républicains et partisans de l'autonomie communale ;

■ En parlant de conciliation, quand la réac^on implacable cherche à nous écraser ; en poussant le peuple à voter sur l'ordre des TRAITRES DE Tersailles, avaut que la réaction soit vaincue et pendant que les véritables républicains sont paralysés par des poursuites et pai' des condamnations ;

a En présentant à Lyon des candidats dont les uns sont foncièrement réactionnaires y tandis que les autres sont des nullités qui n'offrent aucune garantie à la République ;

■ Ils ont cherché à arrêter l'essor de la révolution, à annnler par la ruse la volonté populaire ; le royaliste Picard les a féhcilés en pleine Assemblée à Versailles.

« Au nom du peuple qu'on a trompé et exploité, au nom de la justice méconnue, au nom de l'avenir de Paris, au nom de la liberté que nous rêvons et que nous ne nous laisserons pas arracher par une bande de scélérats, nous déclarons traîtres à la république et à la F/ance ceux qui ont poussé à ces coupables élections que nous considérons comme nulles et non "avenues.

« Le peuple ne peut plus entendi^e maintenant la voix de ses amis ; la presse n'est plus Ubre et les républicains sont en prison. Qu'il pense et réfléchisse lui-même ; qu'il ne se laisse plus endormir par les manœuvres jésuitiques de ces réactionnaires les plus dangereux de tous, qui ne se disent républicains que pour mieux seconder les ïhiers, Jules Favre et autres monarchistes.

« Qu'il se rappelle surtout que les véritables républicains ne sont pas ceux qui pleurent honteusement pour demander des

transactions et desf compromis, mais qui veulent l'anéantisse* ment complet des ennemis du peuple, L'érABLissEMEirr di la

RiPUBUQUE SANS ARMÉE PERMANENTE, SANS BUDGET DES CULTES, SAIfS «ÀGISTRATURE^ SANS TONCTIONNAniES ET l'ATTTONOMIE COMMUNALE SkfiS mirBT, SANSMAIRE.ET SANS DICTATURB D'UN OOUVERBrEMENT CENTRALE

Le coadté central républicain socialiste de la France méri^

dionale.

Au lubitantf de Lyon.

c;Ouvriers, commerçants et industriels !

«On TOUS cache la vérité à tous avec le plus grand soin!

« Les 'jésuites et les monarchistes dépensent des sommes immenses pour vous diviser, pour vous faire haïr les uns les autres, pour faire calomnier et pour perdre dans Topinion publique ceux qui se sacrifient pour l'autonomie communale et pour la régénération sociale.

« Méfiez-vous des langues venimeuses et apprenez à juger par vous-mêmes.

« Deux partis sont en présence aujourd'hui :

• L'un est composé des successeurs et des héritiers de ces vampires qui depuis des siècles sucent le sang et les trésors de la France. Royahstes, impériaUstes, fkux républicains, jé- BuitaSy monopoleurs, eiploiteurs; voilà ceux qui à Taide de déclarations hypocrites et de manœuvres de toute espèce essayent de vous tromper.

• C^est le gouverfiement de Versailles qui combat pour eux aivec une armée de gendarmes, de sergents de ville, de mouchards, de Vendéens et de sacristains.

< Du côté de la Commune de Paris, au contraire, sont les fils des hommes de 89 et de 92, ceux qui veulent délivrer la France des cbahies qui la meurtrissent, ceux qui veulent la hberté et

i Cttte proclamation fat affichée clandestinemeot pendant la nuit da 14 au il Mai, âait dau Wi qnartîert ezcentriquei teoleiMDt.

justice pour tous. C'est clans les rangs du travail et de la moyenne bourgeoisie que se recrutent les combattants de Paris.

€ Entre les deux partis qui combattent, il n'y a pas de moyen terme, la conciliation est impossible et ceux qui la prêchent sont des traîtres ou des hypocrites.

« Peut-on concilier le maître avec Tesclave, la victime avec le bourreau?

« La république ou la mort : voilà quelle doit être aujourd'hui la devise des hommes de cœur.

t Traitez comme d'ignobles reptiles ceux qui vous disent que les républicains socialistes ne veulent que la iniine et le désordre.

« Nous voulons arriver par la libre fédération des communes délivrées de Taction atrophiante de Tautorité et de la légalité centraUsées, du joug des hiérarchies et des monopoles, à la libre solidarité de tous les producteurs qui seule peut détruire la misère et la souffrance tout . en favorisant l'initiative et la propriété individuelles plus qu'elles ne l'ont jamais été jusfju'a

présent.

« Ce n'est point par une perturbation violente de Tordre social que ces grands résultats peuvent être obtenus ci c'est pouniuoi la Commune doit protéger également tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions et quelle que soit leur positioé soeiale^ dans leur personne et dans leurs propriétés,

c Que l'industrie et le commerce ne soient donc point inquiets; au gouvernement de la Commune plus qu'à tout autre, il importe que la production et le mouvement des affaires ne soient point ralentis.

t Les travailleurs molestés, les commerçants écrasés d'impôts et de dettes, les indtistriels privés du crédit et des débouchés qui leur sont nécessaires, sont tous appelés à bénéficier de la révolution qui s'accomplit.

c C'est pour maintenir dans ces voies et pour coordonner le grand mouvement révolutionnaire actuel qu'a été formé le comité contrai républicain socialiste de la France méridionale.

c Ce comité, dont Vnclion s étend dans toutes les villes importantes du Midi et du Centn^, restera invisible et insaisis-

sable jusqu'au jour du triomphe, pour ne compromettre personne et pour échapper aux recherches de la police,

€ Un certain nombre d'hommes sûrs ayant la confiance du peuple seront seuls en rapport avec lui.

c Mettons-nous tous à Tœuvre et avec courage; le succès est certain.

« Des mesures efficaces ont été prises, et bientôt la Commune ' sera proclamée dans toute la France méridionale.

« Ouvriers, commerçants et industriels, unissez- vous sur le terrain du devoir et de Tintérêt commun, et la France régénérée nous récompensera tous de nos efforts !

« Le comité central républicain socialiste de la France, méridionale, « Ce 16 mai 1871. »

€ Citoyens lyonnais,

« Le moment est venu de faire cesser Tattentat infâme qu'une Assemblée de chouans veut commettre sur la république.

« Le moment est .venu de venger nos frères parisiens des assassinats commis sur eux.

« Il ne faut pas que VœuxTe monstrueuse entreprise par Versailles contre le droit et le progrès s'accomplisse et refoule, pour un siècle peut-être, Tère de liberté qu'avait promise l'aurore du i septembre.

« C'est maintenant que les Lyonnais indignés doivent jeter dans la balance de la révolution le poids de leur civisme et de leur attachement à la république.

« Lyonnais, prenez vos armes, c'est le seul moyen d'empêcher les emprisonnements et les proscriptions, dernière espérance d'un gouvernement interlope qui veut régner à tout prix, et cjui espère arriver à ses fins par la Terreur Manche,

c AUX ARMES, CITOYENS LYONNAIS, AUX ARMES !

« Levez-vous comme se s(mt levés vos pères de 32 et do 3i et renversez d'un souftle le petit Thiers et tous ses suppôts.

« Levez-vous ! et les renégats rpii prétendent vous tyranniser encore disparaîtront sans laisser de traces.

1« L'IN-TBRNATIONALE

< Courez à vos fusils, slnoii vous vous verrez bienidi désarmés, décimés et condamnés à ramper indéfiniment davant un maître aussi inique que celui qui vous a piétiaéft- pendant vingt ans.

c Citoyens lyonnais, votre devoir comme votre intérêt vous le commandent, prenez vos armes et balayez vos oppresseurs.. «AUX ARMES, AUX ARMESl

« Le comité central républicain socialiste cBr

la France méridionale.

c Lyon, Ifr 18 mai 1871. »

Ces diverses proclamations, rédigées par Gaspard Blanc et Albert Richard, avaient été imprimées à Genève par les soins de rinternationale et tirées à plusieurs milliers d'exemplaires. Comme il fallait à tout prix les soustraire aux investigations de la police de Bellegarde et surtout ne pas donner l'éveil sur les agissements de ce nouveau comité, un émissaire ^ avait été envoyé à Genève avec la mission spéciale de concerter avec Perron et Ozeroff * les mesures à prendre pour que ces manifestes pussent rentrer sûrement en France.

Les lettres suivantes d'Albert Richard et de Gaspard Blanc indiquent d'une manière précise le rôle qu'ils ont joué dans cette circonstance, et confirment tout ce que nous venons de dire au sujet de l'envoi d'un émissaire à Genève et de la mission qui lui avait été confiée :

t Nous PRÉPARONS UN MOUVEMENT SÉRIEUX, écrit Richard ^ à Perron,. le 12 mai 1871.

< Je crois pouvoir compter sur notre vieille amitié et j*ai maintenant besoin plus que jamais d'y faire appel.

c Je te prie d'aider le jeune homme qui te remettra, ce billet de tes conseils et de tes renseignements.

i Lance (Claude), ouTiier tisseur, affilié à rinternadonale depuis le 14 fénier 1S70, — Engagé peodunt la guerre dans une compagnie de fraaca->tiraar8.

* Membres influents des sections genevoises. Perron (Charles), demeure à Garonge, rue de Laocy.

» Voir aux Documêntt juiUfiecUifs pièce LXXXV, les appréciations des journaux de rinternationale sur la conduite d'Albert Richard et de son aco- Ijte, Gaspard Blanc.

m- Leplufi difllciley le voici : il s'agirait de trouver quelqu'un qui- transporterait à Seyssel ou Annecy un ballot D*iiiPRUi£fi mis

WÊ9- CAlSfiB. KT TRANSFORMAS POUR LA GIRCONSTANCK EX QUELQUS INCff*- PVraïF PRODUIT DE l'lnDUSTRIB, TBL.QUB savon, etc. : LE TOUT SKRAD:

Aiurnssi A quelqu'uit de sur a. Lyon..

c Si tu ne nous aides pas, nous serons très-^mbarrasséa. « Je compte sur toi et t*embrasse fraternellement.

« Signé : Albert RICHARD. •

Au bas de cette lettre se trouvait ce post-scriplum de la main de Gaspard Blanc :

■ En outre de ce que vous demande Albert, je vous prie de vouloir bien' ^e^'oir avec soin les épreuves des diverses impres-

8H>IfS QUE nous FAISONS FAIRE A GenÈVE.

« Ce cosaque de Jonck qui les a corrigées l'autre * fois y a laissé des imperfections épatantes. Les Lyonnais sont des ganaches, mais ils sont trôs-méticuleux pour ce qui est des choses de l'orthographe. Occupez-vous donc immédiatement de nos

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