‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 5 sur 159 · CHARAVAY · texte numérisé non relu

CHARAVAY

[itr noyembre 1870, daos leur lettre aa journal la Décentralisation f no du 7 noYembre.)

Les préoccupations de la défense nationale étaient loin d'absorber toute leur activité; ils avaient des loisirs pour surveiller l'exécution des mesures d'ordre public qui avaient pu ôtre décrétées et surtout pour dénoncer à Tautorité les agissements de la faction cléricale, comme le prouve cette déclaration adressée officiellement aux membres du conseil municipal de Lyon. Nous la reproduisons textuellement; elle vaut la peine d'être connue ; c'est ce que les présidents Comte, Langlade et Carlod appelaient AGIR PAR PRESSION MORALE ET LÉGALE SUR LES ACTES DE

l'autorité,

colirré central fédératif siégeant au palais des arts, salls de

l'ancienne BOURSE.

Aux membres du conseil municipal de Lyon.

t Citoyens,

« Sur plusieurs points de la ville les sacristies organisent une résistance à vos arrêtés relatifs aux congrégations enseignantes.

1 II est bon de constater que pas un des signataires de ce manifeste n*a quitté Lyon.

* Voici quelques détails biographiques sur quelques-uns de ces individus. — Comte (Etienne), 68 ans, fabricant de navettee, 17, rue d'AusterUtz, appartient à l'Internationale. U a été maire provisoire de la Croix-Rou&se pendant quelqi^es jours au lendemain du 4 septembre. — Langlade (Germain). 48 ans, pharmacien, rue Thomessin, 8 ; Gainibr (Baribélemy;, 51 ans, tisseur, rue des Gloriettes, 9. — Carlod (Pierre-Alexandre ;,

16 l'intp:rnationale

< Les confessionnaux transmettent le mot d'ordre — des pétitions se rédigent — des femmes affiliées font la propagande obscurantiste et bientôt on vous présentera des demandes pour le rétablissement de ces écoles peu républicaines, mais utiles pour la propagation des doctrines du Syllahus papal.

« Nous espérons, citoyens conseillers, que vous maintiendrez vos décisions sur ce sujet important et que, par vos soins, l'éducation des enfants de la cité cessera d'être une proie jetée à la faction cléricale qui, jusqu'à ce jour, s'est servie de l'enseignement pour étendre son influence sur les familles.

« Citoyens,

t On dit que sur plusieurs points de la ville des locaux communaux ont été laissés à la disposition de ces ennemis de la République. Veuillez, à ce sujet, détruire les appréhensions populaires ; ce sera une mesure d'ordre public. *

. Les commissaires : LAGLADE, RIVOIRE, GARNIER,

BARTH V., GRINAND père.

• L'un des présidents^ COMTE. »

Le Comité fcdératif devint plus tard une succursale de cette fameuse Ligue du Midi dont nous parlerons en son temps, et qui avait à sa tête le préfet, Alphonse Esquiros. Ces deux comités, animés du même esprit et obéissant à un mot d'ordre commun, s'envoyaient mutuellement des félicitations et proclamaient hautement que l'objectif de leurs efforts était avant tout le salut et LA CONSOLIDATION DE LA RÉPUBLIQUE. Il avaient déclaré d'ailleurs

47 ans, marchand de rouenneries, place de la Croix-Rousse, H ; Garel (Louis), 30 ans, homme de lettres, ex-secrétaire du Comité de salul public, devenu membre de la Commune au 23 mars ; Vollot (Emmanuel), 30 ans, pharmacien, Grande Côte, 97.

L0E5GBR (Arthur), 31 ans, mécanicien, chemin de Baraban, 60; Bergeroti (Joseph), 48 ans, tisseur, rue de la Terrasse, 4, membre de la Commune, installée à la mairie de la Guillotière, le 30 avril 1871 ; Marceau, ouvrier tailleur, actuellement membre du conseil municipal.

s'armer contre le despotisme monarchique. (Manifeste de la Ligue du Midi, 25 octobre 1870).

La lettre suivante donne la mesure exacte de leurs sentiments :

« Au citoyéîfBorely délégué du Comité central fédératif, et à

son collègue près la Ligue du Midi.

« Lyon, le 31 octobre 1870.

€ Cher citoyen,

c Nous venons de donner lecture de votre lettre du 19 octobre au Comité central fédératif du Rhône.

c Inutile" de dire qu'elle a soulevé des applaudissements unanimes.

« Honneur à Esquiros, réformateur et président de la Ligue du Midi !

« Merci aux Marseillais de leurs bons sentiments envers nous!...

c En se préparant et en s'offrant eux-mêmes, patriotique* ment, pour nous soutenir dans le danger dont nous ne sommes plus seljfiement menacés, mais dont nous sommes actuellement certains, que nos frères de Marseille sachent bien que notre énergie à défendre notre sol et nos foyers aura surtout pour but de sauver et consolider la République,

c Nous avons des ennemis dans nos murs, vous ne l'igftorez pas; vous savez aussi que nous pouvons les braver; mais pour assurer mieux une victoire qui doit être commune à tous les Républicains, nous croyons faire acte de patriotisme en acceptant tous les dévouements.

c Dites donc à nos amis de se tenir prêts.

t Quand l'heure sonnera, nous serons debout, nous défendant résolument; mais nous les attendons pour jeter avec eux, à la face de tous les despotismes, un cri de liberté qui sera, à coup sûr, celui de notre délivrance.

% D*ici là, citoyens délégués, nous vous chargeons obligatoirement de transmettre à la Ligue et à nos frères du Midi, nos sentiments de chaleiu*euse confraternité et l'acceptation loyale que nous faisons de leur résolution.

iS L'INTERKATiONJlLE

c Tout poar la République, ^^r 9wip etÉta txmt pur Elle<

€ Salut et fraternité !

a Au nom du Comité central fédératit du Rhône^

c Le Président : G6MTE.

« Le secrétaire : BONJOUR ftls. «

Parmi les autans iUostraiioiis 'de ce comité nous trouvons :

GouTORBE (Jean), 36 ans, «]ii;)loj>é, rue de la Poulaillerie, 6, compromis dans l'insurrection du 23 mars, acclamé à sa sortie de prison, et à titre de récompense, nommé inspecteur des mœurs par la municipalité lyonnaise.-^ Il vient de nouveau d'être mis en état d'arrestation pour des faits d'immoralité^ de concussion et autres, commis dans Texercioe de ses fonctions. H se chargeait notamment, en sa qualité d'inspecteur des mœurs, de placer des âUes mineures dans les maisons de tolérance ; ^ avait orgaaiisé pour cela un véritable courtage*

ScHETTEL (Adrien), mécanicien, ex^secrétaire eorresfKmdanU de V Internationale;

Grosbois (Pierre), fabricant ùe formes, passage de l'Hôtol* Dieu, 11 ;

FiuiNcroRT, ïdiarmacien^ place du Tapis, à la Croix-Rousse ;

D'AimnÉ (Praxéde-Gabriel- Alexandre) , tisseor, rue Vendôme, 66 ;

Bonnet (Jeta), 52 ans, tisseur, r«e de la Madeleine, 16;

Henry (Louis), tisseur, montée Saint-Barthél(Mny, 54 ;

BÉRARDiN (Claude), tailleur, rue Port-du-Terni^e, 9 ;

MsGHALouD (Jean-Marie), tisseur, rue de Séze, 116 ;

ToRRiN, plâtrier-peintre, rue Jean-de-Touma, 44, (Jfat.) ;

Gros (Polydore), ooimnis, quai de Serin, 40 ;

Revolon, marchand de matériaux de démolition, cours Viiten, 20;

Gh. Teissbr ;

DiziN (François)^ S4 ans, tisseur, rue de la Terrasse, 1 ;

Naudet ;

ET LE JAOOBIKiSME. 19

Bruyat (Jean-Pierre), ouvrier balancier, rue de Marseille, 65;

BuGUET (Aristide), rue Terme, 8 ,

Nous rechercherons bientôt quelle part prit ce comité à l'en- . vahissement de l'hôtel de ville le 28 septembre, et au soulèvem^t provoqué parmi les ouvriers des chantiers nationaux dans les journées des 3 et 4 novembre. Nous expliquerons alors à la suite de quelles circonstances ses membres furent mis en état d'arrestation et leur comité dissous.

Comité central du Mlnt de la France.

La création de ce comité, dont le président était le citoyen Parraton, fut arrêtée à la suite d'une réunion tenue à la Rotonde, le 17 septembre. Nous croyons utile de reproduire le compte rendu de cette importante séance, publié dans le Progrès de Lyon du 19 du même mois ; il a été rédigé par un membre de V Internationale, le citoyen Beauvoir. Voici la copie de ce document :

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