‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 85 sur 159 · SES MEMBRES · texte numérisé non relu

SES MEMBRES

Les membres du comité do sûreté générale à leurs concitoyens.

« Citoyens,

c De par la volonté du conseil de préfecture, le comité de sûreté générale est dissous de ses fonctions ; il fait place à rancicnne organisation policièi*e renversée le 4 septembre, qui est rétablie ; elle rentre de nouveau dans son hôtel accompagnée des abus, des vices, des errements anciens que nous avons poursuivis et des hommes que nous avons chasses, en nous y installant de par la volonté du comité de salut public et l'assentiment du peuple.

« Dans cette occurrence, il est de notre devoir de vous exposer suc-

* Dtloche, devenu plut tard raisastin du commandant Arnaud.

cinctement les travaux ({ne notis avons accomplis, nom réscrrant toutefois d'en faire l'histoire dans un avenir prochain, afin t{u%istruits de ce que nous avons fait, vous puissiez juger en connaissance de cause nos actes, que la malveillance de certaine coterie cherche à entacher de méfaits, dans l'intention bien arrêtée de nous signaler à l'opinion publique comme des hommes dangereux*

« Nous connaissons leur tactique; oui, nous sommes dangereux, mais pour eux seulement, parce que, sentinelles avancées, placés au poste le plus périlleux, nous étions alertes et actifs à surveiller les TRAÎTRES, à Surprendre les défaillants, à signaler les intrigants. de toutes sortes, et surtout ces républicains qui ont l'air de se préoccuper de la chose publique, tandis qu'en réalité les mouvements qu'ils se donnent ne tournent qu'au profit de leur personnalité.

€ Un jour, et il n'est plus éloigné ce jour, nous les signalerons CBS républicains de mauvais aloi, nous arracherons leurs icasques.

« D'abord, qu'était-ce que le comité de sûreté générale t fiien antre chose que L'AUxiLiAmE du comité do salut public , l'exécuteur FOUR AINSI DIRE de SB volonté, et à ce titre, il devait faire accepter et respecter ses ordres et ses arrêts ; le comité n'a pas failli à cette mission.

c Cependant des circonstances pressantes nous ont forcés de prendre quelquefois l'initiative de mesures de sûreté, mais elles entraient dans nos attributions. Du reste, comme elles n'ont jamais été accomplies d'une manière arbitraire, elles ont toutes été ratifiées et approuvées par le comité de salut public.

< Ainsi, après «voir mis en lieu de sûreté les agents que nous avons trouvés dans l'hôtel delà police, tous armés et prêts à fondre sur nous au premier signal, Te revolver d'une main et le casse-tête de l'autre, nous avons fait procéder à l'arrestation de leurs chefs; puis poursuivant les mesures de sûreté générale, nous avons fait arrêter tous les fonctionnaires dangereux et turbulents que nous avons pu trouver, et ceux aussi à qui la république avait des comptes à faire rendre. Ce n'est point de notre faute à nous si, oontrairement à l'opinion générale, ils oiit été tous relâchés; ceux qui ont pris l'iniative de leur élargissement, nous le disons hautement, sont des TRAÎTRES ou dcs niais.

« Par notre surveillance permanente, nous avons d^ouéles menées dos réactionnaires qui tendaient à troubler la tranquillité publique dans P intérêt d'une cause perdue.

« Les attentats contre les individus ont été aussitôt réprimés que signalés, ceux contre les propriétés ont été prévenus par nous^ qu'on nomme les partageux.

a Nous avons proposé et obtenu la suppression immédiate des octrois.

« Nous avons réclamé et nous avons obtenu que le peuple rentrât

gratuitement en possession de ses hardes et de ses instruments de travail déposés au mont-dc-piété.

« Nous avons stimulé Tardeur des citoyens dans Tintérèt de la défense nationale.

c Nous- avons proposé et demandé l'adoption immédiate de mesures radicales, vigoureuses, révolutionnaires, convaincus que ce n'est (juepar des moyens exceptionnels qu*on satisfait aux exigences de circonstances exceptionnelles ; ainsi dès les premiers jours nous avons demandé l'arrestation de l'autorité militaire, convaincus QUE SON INERTIE n'ÉTAIT QUE DE LA TRAHISON. AvionS-UOUS

ma! préjugé, citoyens ?

« Nous avons combattu de toutes in>s forces tous les décrets d'élections, et particulièrement celui à la Constituante, par ces motifs :

t 1» Parce qu'une partie de la Franc© ne peut participer régulièrement aux élections ;

« 2* Que le terrain électoral est le môme que celui où agissait l'empire, et qu'avant tout il faut le débarrasser des entraves qui peuvent empocher Pexercice régulier et Tionnôte des élections.

« Voici sommairement ce que nous avons fait.

« Y a-t-il un seul de ces actes qui mérite le blâme ? Prononcez, citoyens.

« Maintenant, en fmissant, nous allons toucher à une question : la question d'argent. Nous aurions voulu la passer sous silence, mais elle touche de trop près à la délicatesse de chacun de nous pour ne pas l'aborder ; du reste, nous y sommes contraints par la malveillance, il faut bien y répondre.

« Le comité de sûreté générale étant composé de quinze membres en moyenne depuis le 4 septembre jusqu'au 27, aucun des membres du comité ne s'est ingéré dans la question financière de l'administration. Cet office a toujoui;;^ été rempli i)ar un délégué soit du comité de salut public, soit du conseil municipal, en dehors de tout contrôle de notre comité. Ce dernier est donc resté tout à fait étranger À tout maniement de fonds, garde de la caisse et tenue de livres.

•«S'il est vrai que des irrégularités décomptes sont signalées existant, ce que nous ignorons, elles doivent incomber aux citoyens seuls diargés de la ^[érance, et a ce propos nous exigeons que lumière se fasse.

« On a dit que le comité s'était adjugé des émoluments sardanapiques. Eh bien, voici quelle a été l'allocation de chaque membre pour vingt-quatre heures de présence assidue, par décision du

comitè-âe salut public Trois francs cm bons de subsistance; il

est vrai d*ajouter que le conseil municipal, reconnaissant les bons services du comité, lui a alloué à titre de gratification un franc, ce

qui porte à quatre francs rappointcment journalier de chacun de ses membres.

c Et maintenant nous avons dit : nous mettons au défi qui que ce soit de prouver le contraire de Texactltude de ce que nous avançons.

« J^ président, Anoré BLANC ; « A. SCHETTEL, AUDOUARD ; CHARTRES; BÉNE. »

PIÈCE xxvni

USTE OES MEMBRES DU COMITÉ RÉVO LUTIONNAmE INSTALLÉ A LA MAIRIB DE LA GUILLOTIÈRE PENDANT LE MOIS DE SEPTEMBRE 1810 *•

Batipois (François), 46 ans, sculpteur, rue de Chartres, 32;

BÉRARD (Jean-Louis), 55 ans, perruquier, rue Saint-Jérôme, 4;

Brunot, rue de Chartres, 117; *

Buffet (Viclorj, employé de commerce, rue Neuve-Saint-Michel, 24;

Buffet (Antoine), rue de rHospice-des-Vieillards, 15 ;

Chanoz (Paul- Antoine), 55 ans, teneur de livres, cours de Brosses, 36;

Colin, serrurier, passage Primat, 10;

Gollombet, cafetier, rue Grille t ;

Grestin (Melchior-François), 40 ans, docteur médecin, Grande- Rue de la Guillotière, 113;

Dolfus (Théodore-Jules), 27 ans, employé de commerce, rue de Marseille, 2;

Girard (Antoine), rue de Chartres, 13 ;

Gouttenoire (Claude), 5i ans, tourneur, rue de Chabrol, 15;

GuiNAMARD (Intern.), rue.Creuzet, 30 ;

Jacquet (Hubert), 61 ans, employé à la caisse des prêts, rue Montesquieu, 3 ;

LouBET, place Saint-Louis, 43 ;

Mazaira (Jean-Pierre), 38 ans, marchand de blanc, rue de Chartres, 6 ;

Meter (Jacques), rue de rHospice-des-Vieillards, 21 ;

MiNGAT (Jean-Baptiste), cordonnier. Grande-Rue de la Guilloticre, 16 ;

Nardy * (Sébastien), 40 ans, horticulteur, rue Blanche, 50 ;

PiOT, rue Montesquieu, 78 ;

Rey (André), horloger, rue Besson-Bas&e (Montchat) ;

Valin (Pierre), rue Passet, 15.

1 Une somme de i francs par jour a été allouée aux membres de ce comité sur les fonds de la ville par le conseil municipal dans sa séance du 20 septembre itfro.

s A rempli pendant plusieurs mois « par dévouement [tic) », les fonctions de commissaire de police.

Page 1