II
t Hoinmcs de la. défense^ quoi (jue vous puissiez dire ou faire, la guerre est une science, une science mathématique. Tournez, virez, gambadez, cabrez-vous, mettez Pierre à la place de Paul et Jac<{ues à celle de Pierre, le résultat sera le môme.
a Généraux pour rire, vous tous, entendez-vous bien? toua sans. exception, vous ignorez le premier mot de la guerre actuelle. Vous u*en connaissez pas seuleinent TA B C. Vous en êtes à 1845. Pour moi, vous êtes les assassins de vos soldats et de la France. Si je la possède cette science, si les Prussiens la savent, c'est que nous avons travaillé pendant que vous jouissiez.
« Pendant que vous criiez : Vive Napoléon ! quitte à crier quarante-huit heures après : Vive Gambetta ! je combattais, étudiais, comparais et apprenais. Si j'avalais de la misère, je digérais* de la science.
« C*est pourquoi je vous dénonce au peuple, à la France et au monde, comme des ignorants et des impuissants. Les Prussiens se moquent de vous et, honte de la France, vous êtes la risée de l'Europe !
c Allez, allez, continuez la tactique impériale, la tactique .de Wagram et d'Austerlitz, vous verrez disparaitre le dernier écu de la France avec son dernier soldat.
« Si Napoléon I«' revenait au monde, il serait le premier a vous traiter d'idiots pour chercher à l'imiter...
« Renoncez, croyez-moi, aux messes : elles sont d'abord un contre-sens, une superfluité ; et ensuite, il est à croii'e que votre Dieu catholique a été détrôné, vu son impuissance...
t Vous appelez tout le monde et n'êtes en mesure ni d'armer, ni d'habiller, ni d'étpiiper, ni d'organiser, ni d'encadrer. Ce faisant, vous désorganisez la société sans organiser l'armée, et touchant à tout, vous gûtez tout.
a Après vous, le déluge ; la France s'en sortira comme elle pourra.
t Général CLUSERET. »
« (Gnafrotif 15 décembre 1870.^
PIECE xxxni
ADUKSION DU CONSEIL MUNICXPAJL DB LYON AU PROCRAMIUI DU CLUB RKVO-
LUTIOMNAmE DE LA ROTONDE.
Aux habitants de Lyon.
a Une députation de citoyens s'est présentée hier au soir à l'hôtel de ville ; elle a lu et remis aux conseillers municipaux, ra^
semblés dans la salle d'attente de leurs séances, un programme portant :
c Guerre à outrance ;
« Gouvernement conventionnel étaWi à Lyon ;
« Nomination d'une Convention composée de délégués des départements nommés dans les villes seulement ;
ff Nomination d'une commission de trente membres qui soient en permanence, étant mandataires du peuple; et qu^aucune arrestation ne soit faite sans l'autorisation do cette commission .
« Sur les trois premières propositions, le conseil a pris, depuis le 28 janvier, les déterminations proposées, et déjà leur a donné un commencement d'exécution en envoyant au gouvernement de Bordeaux et à toutes les villes importantes de France, nne cireu-^ laire ayant pour but de faire nommer par ces villes des délégués qui devront composer un conseil gouvernemental chargé d'organiser la défense.
c Le conseil a de plus envoyé à Bordeaux trois délégués pour appuyer cette demande, proposer l'organisation rapide de la défense et l'installation du centre de la résistance à Lyon.
« Les citoyens Hénon, Barodet et Yallier^ arrivés à Bordeaux, exposent par la dépêche suivante l'accueil qui leur a été fait :
c Bordeaux, l*' février. 5 h. 45 soir.
(Ueçae à 8 h. et demie.)
c Vu tous les membres du gouvernement, avec Jules Simon qui c vient d'arriver. Très-bon accueil. Gambetta est très-heureux de « la pensée qui nous anime tous. Nouvelle entrevue demain. Ladé- « légation de Toulouse est en rapport d'idées -et d'intentions avec u nous. >
« HilfON. 9
«Le conseil municipal, plein de confiance dans ses délégués,^ attend avec impatience le résultat de leurs démarches, il exécutera avec résolution les engagements pris en son nom et compte sur le patriotisme du geuple pour l'aider dans cette mission .
<c Pour le conseil mmicipal, k maire absent : « Les adjoints : GHEPIÉ ; CHAVEROT; CONDAMIN.
PIEGE XXXIIIbis
TABLEAU DES MEMBRES DU CONSEIL MUNICIPAL DE LYON (du 17 SEPTEMBRE 1870 AU 30 AVRIL 1871).
Bacot, avocat, place Saint-Jean, 1 ;
Barbegot, charpentier, rue Madame, 164 ;
Barodet, ex- instituteur, rue de la Barre, 5 ;
Baudy, cordonnier, rue Madame, 162 ;
Benoît, papetier, rue Saint-Gôme, 5;
Blanc, pharmacien, rue Tholozon, 7 ;
BoucHU, géomètre, cours de Brosses, 1 ;
Boub'fibr, marchand de vins, rue Lafond, 16 ;
BouvATiER, menuisier, rue des Trois-Pierres, 78;
Bouvet, rentier, rue de la Bourse, 51 ;
Brialou, tisseur, rue Masséna, 1 1 ;
Caillau-Ghouard, avocat, rue Impératrice, 56 ;
Gastanier, mécanicien, rue de Gondé, 33 ;
Gha VANNES, médecin, rue Lanterne, 1 ; Gravant, relieur, rue Sainte-Gatherine, 15 ; Ghaverot, plâtrier-peintre, rue Mercière, 82 ; Ghepié, tisseur, rue Sainte-Blandine, 5 ; GoLOMB, serrurier, passage Primat, 10 ; GoNDAMiN, tisseur, rue Lebrun, 7 ; Gottin, tourneur sur cuivre, rue Saint-Georges, 41 ; Crestin, médecin, grande rue de la Guillotière, 113; Degoulet, teneur de livres, rue du Griffon, 8 ; Despeignes, idem, rue du Pont de la Gare, 20 ; DoucET, professeur, rue Vaùbecour, 13 ; DucARRE, négociant, quai d*Orlcans, 11 ; DuRAND; officier de santé, rue Neuve, 30 ; Febvre, idem, rue de la Glaire, 18 ; Ferrouillat, avocat, place Bellecour ; 18; Fertoret, marchand de vins, i-ue de Noailles, 1^ ; Gailleton, médecin, rue Impératrice, 76; HÉNON, médecin, cours Morand, 56 ; HivERT, rue de la Thibaudière, 51 ; JAGQUi,rue des Anges, 1 ; *
JosSERAND, parqueteur, rue de Bourgogne, 13 ; Le Royer, avocat, rue Jean-de-Tournes, 6 ; Maynard, teneur de livres, cours des Ghartreux, 29;
MiGHAUo, tisseur, rue du Mail, 28;
NiFFNEKER^ toncur de livres, rue Duquesne, 1 ;
OuTHiER, menuisier, rue Sainte-Hélène, 53 ;
Pascot, tisseur, quai Pierre-Scize, 60 ;
Perret, teneur de livres, rue Madame, 1158 ;
PiNET, idem, rue Rabelais, 21 ;
Rky, papetier, rue Saint-Côme, 2 ;
Retnier, négociant, rue Saint- Joseph, 8 ;
RuFFix, cafetier, grande place de la Croix-Rousse; 3 ;
SouBRAT, dessinateur, place des Tapis, 6 ;
VAILX.E, cordonnier, rue Pailleron, 15;
Vallier, teneur de livres, rue Jean-de-Tournes, 15 ;
Velayj tullisto, rue Villero^, 77 ;
Veyrat, marchand de charbons, rue de Vauban, 19