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LE OTOTEN GAMBETTA JUGÉ PAR LE PRÉTENDU GÉNÉRAL CLUSERET

« Marseille, 14 novembre 1870

c Citoyens, patriotes et bons républicains, je vous le dis : sur mon honneur, vous êtes trahis, lâchement, indignement trahis. Ou ne veut pas se défendre en haut lieu. Le peuple veut se défendre, et c'est pourquoi il est partout étouffé. Gambetta. crie, placarde,

DÉCLAME, décrète A TORT A TRAVERS, TOUCHANT A TOUT, VERITABLE

HANNETON FRAPPANT AU CARREAU ct uo pouvaut sortir do TimpassB OÙ il s'est fourré, mentant effrontément, trompant le peuple comme son prédécesseur, mais ne résolvant pas une seule difficulté, les aggravant toutes ; et plus il s'enfonce, plus il demande à la vi(h lence et à F arbitraire les moyens de salut que la réaction lui refuse, après l'avoir compromis, et que le peuple seul pouvait lui donner, s'il lui fût resté fidèle.

« Pour moi, la situation se résume ainsi : Gambetta et C*«, successeur de Napoléon, Pape et D«, informe sa nombreuse clientèle qu*il ne reculera devant rien pour la satisfaire.^ Il veut ôtre présidant et sacrifie tout au vote uni de la bourgeoisie et des campagnes.

« Vingt années de pouvoir personnel ont mis la France où elle en est.

t Deux mois et demi de dictature analoguô ooi encore produit des résultats pis.

c Peuple, dis : no serait-il pas par trop bête de Boml»rer encore sur le môme écueil ?

« Général CLUSERET. »

3iO L'INTERNATIONALE

ff A M, Gambetta.

« Marseille, 27 noTembre.

< Monsieur,

a Le 28 septembre le peuple de Lyon faisait une manifestation pacifique ; personne ne fut violenté ni arrêté, quoi qu*on en ait dit.

c Quarante mandats furent lancés pour ce fait, malgré la promesse formelle du conseil municipal de n*inquiéter personne.

« iLe 31 octobre, une partie du peuple de Paris s'emparait de rhôtel de ville et du gouvernement provisoire, dont certains membres furent, dit-on, violentés.

« Un certain nombre de mandats d'arrêt fut aussi lancé à cette occasion.

« Le 1*' novembre, le préfet des Bouehcs-du-Rhône casse le conseil municipal de Marseille. Le peuple installe une Commune. Le préfet donne sa démission. La Commune est le seul pouvoir légal constitué. Elle me confie, par intérim, le commandement de la garde nationale dont le général avait fui, et définitivement, d'accord avec la ligue du Midi et le conseil départemental, celui des volontaires.

« Rien de plus légal.

a Le 3 éclate un mouvement insurrectionnel de la part de trois

BATAILLONS RÉACTIONNAmES, A l'iNSTIGATION d'uN COLONEL AFFILIÉ A LA MISSION DE FRANCE.

a Ce mouvement est réduit à néant pacifiquement par ma tranquille occupation de la préfecture et de l'état-major de la garde nationale.

c Le 4, je remets mes pouvoirs entre les mains de la Commune qui dépose les siens entre les mains de Gent, lequel prend l'engagement formel de n'arrêter personne.

c Ce môme jour, on vient pour m'arrêter.

c Je vais à Gent et lui reproche son manque de foi.

c Gent me répond qu'il a déjà fait venir le procureur pour l'engager à ne pas mettre à exécution le mandat, mais qu'il ne peut l'annuler, parce que vous lui avez refusé les pleins pouvoirs judiciaires. Et ce, parce que la magistrature de Marseille a été outragée.

c Donc, si elle ne l'avait pas été, vous lui eussiez conféré les pleins pouvoirs judiciaires en sus des pleins pouvoirs administratifs et militaires.

« Je ne vous croyais que ministre de l'intérieur et de la guerre ; je me trompais. La révélation de Gent me prouve que vous êtes bel et bien dictateur^ et c'est à ce titre que je m^adresse à vous.

ET LE JACOBINISME. 32t

« Voulez-vous me dire, je vous prie, de quel droit, vous qui tenez vos pouvoirs du gouvernement de Paris dont vous faites partie, vous maintenez les mandats d*arrôt de Lyon et de Marseille quand le gouvernement de la défense nationale a annulé ceux de Paris ?

c ie vous demande de quel droit vous vous permettez de porter atteinte à Vunité de la justice nationale , en déclarant coupable à Lyon et à Marseille ce qui est absous à Paris ?

« Je vous demande encore de quel droit vous absolvez la tête ot frappez le bras, vous reculez devant ceux qui m'.ont conféré mes pouvoirs et me poursnivez pour les avoir acceptés? Auriez-vous peur du peuple de Marseille ?

« En attendant votre réponse, monsieur, je déclare ne trouver

qu'un nom applicable a la SirUATION faite par vous a la FRANCK I

l'anarchie sous le despotisme.

a Général CLUSERET. »

ce Marseille, 6 décembre 1870.

« Le !«' décembre, Gambetta I»', roi de Tours et de Gascogne, annonçait à la France d'immenses succès. L'armée de Paris avait culbuté l'ennemi . Celle de la Loire lui avait passé sur le ventre. Les deux armées se donnaient la main, et la victoire couronnait de lauriers cette union touchante. Hélas ! ce n'était qu'un tableau dont l'imagination toute méridionale de Gambetta I»' avait seule fait les frais. Il avait vendu la peau de Tours avant de l'avoir tué.

« Aujourd'hui, nous apprenons que l'armée de la Loire a, comme de coutume, battu en retraite devant des forces supérieures. De l'armée de Paris, plus rien. C'est incroyable comme les Prussiens mettent de ténacité à opposer des forces supérieures aux bulletins Gambetta I

« De tout cela, qu'est-il resté pour la France ? une pantalonnade Gambetta et la croix de grand-officier au général de Chanzy.

« Or, voilà un général qui a passé sa vie entière au bureau arabe. De sous-lieutenant, il est devenu général de division par ses services vendus à Cousin-Montauban dit Palikao^ commandant de la province d'Oran. De la guerre, il ne sait pas le premier mot. Qu'importe ! vite un corps d'armée pour commencer. Crier : Vive Gambetta I est bien, mais savoir commander serait mieux. Nous avancerions au lieu de reculer.

« Pour moi, je n'ai jamais eu l'ombre d'une hésitation sur le résultat final ; résultat logique, fatal, inévitable du système militaire actuel. Autant vaudrait demander des pêches à un chêne que d'en attendre la victoire.

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