AU MOIS DE JANVIER
c La répobliqae est menfieée par la coalition des partis monarchiques.
« En face de cette coalition les républicains doivent-ils rester divisés ?
< Nous ne le pensons pas.
« L'exemple de nos adversaires nous montre clairement ce que nous avons à faire. Ils s'unissent pour nous attaquer; unissonsnous pour repousser leurs attaques.
« Ne Toublions pas ; quelque indiscutable que soit la république, elle n'en serait pas moins perdue le jour où le scrutin enverrait à la constituante une majorité qui lui serait hostile.
« Il dépend de nous d'échapper à ce danger.
« Il est manifeste que la chute successive do tant de monarchies depuis moins d'un siècle et, en dernier lieu, l'effondrement ignominieux de l'empire ont fait réfléchir bien des hommes qui s'étaient habitués à ne voir que dans la monarchie les conditions de stabilité
auxquelles ils [iennent avant tout. Revenus do leur oricur, ils no Jcmaiident qu'à so rallier à la répuMi'juc ot à morchor il'accord avec noas pijur la défendre par leurs voles.
■ Ne nous laissons plus aller â on esprit d'exclusivisme qui (--st en co&lradiction avco la liberté et la rralernité. Ouvrons nos rangs û loua oeux qui veulent avec nous elore la përioJe des coups d'KIftt mouarehiques en assurant le salut de la France el la siabilitri dts inslilulions par le mainlicD du la république.
■ C'eal dans cette pensée ipie l'Unioa i-épubHeaiuo adresse l'appel suivant à tous les eitoyens :
■ Giloïcus,
• Le goiivcrnemcnl républicain avait compté surin Ifberlé pouirelever les courages. Les fonctionnaires de l'empire, auxquels il a eu le tort de so fier, ont entrave l'élan do la nation, ot maintenant les ennemis de la république exploitent contre elle nos désastres,
" Les sauveurs commencent â rMer autour de nous.
■ En moins de 80 ans, ciuq rois ou empereurs suut lombes sn&erssivement. Ils ont Inissô derrière eux trois familles de prétendants qui se disputent la Franco. Après deux restaurations, nous nous déballons on fond do l'abtme où nous ont entraînés les Donaparle.
• N'est-ce pas assez de toutes ces triâtes expfiriences?
» Citoyens !
- Avant peu, vous serez nécessairement appelés à nommer une f constituanle.
" Ad mettre! -voua que le maintien do la république puisse ftre I mis en question?
■ NON. —Car la monorcbie, c'est ITiépédité, et l'iiêrédilé, c'est négation môme du suffrage universel, c'est l'abdication de la
Bouverainelé nationale <xui appartient aussi bien à vos enfants qu'à
vous-mêmes. L'avenir est aux générations futures; vous n'avez
, pas le droit d'en disposer d'avance, d'enchaîner leur libarlé et de
[ les condamner â ne pouvoir la reprendre que par de nouvelles
('révolulions.
• NON. — Car la république, forme ralionnelle du gouvemetfient du pays par lui-même, ne s'inspirant que de la volonté de tous, no peut tendre qu'à la satisfaction de l'Intérêt général, o'^et-^dire do t.i justice, tandis que l'injustice est le fruit nulurcl des gouvernements mooarchiques nécesseiremeat préoccupes des iotérèls particuliers de cnsle et de dynastie.
• NON. — Caria loi du progrès entraînant invinciblement la France vers l'établissement dcQnilif des inalilutions républicaines.
^^V comme vers un idéal entrevu qu'elle poursuivra sans relilehe, loulo
restauration monarchique ne serait que la certitude d'une révolution à courte échéance.
« NON. — Car la république organisée vous donnera l'ordre VÉRITABLE, celuî quI naît de la réalisation impartiale de tous les droits, de l'harmonie de tous les intérêts légitimes, tandis que Tordre, selon les monarchies, n'a jamais été que cet équilibre faux et précaire qui ne s'appuie que sur la force et qui périt avec elle.
« NON. — Car, sous la république, le pouvoir, fréquemment retrempé dans l'élection, peut, sans secousses, réparer le lendemain les fautes de la veille, tandis que, sous la monarchie, l'erreur dégénère en système et ne laisse à la nation qui le subit que le vague espoir d'un changement de règne ou la ressource extrême des révolutions périodiques.
« NON. — Car la république, gouvernement de tous, dispensera largement à tous sans arrière-pensée l'instruction qui formera le citoyen et éclaipcra le suffrage universel, tandis que tout monarque, pasteur des peuples, trouvant plus commode de conduire un troupeau que des hommes, vous en marchandera toujours les bienfaits.
e NON. — Car la république, régime de la responsabilité effective qui veut la lumière, vous assure la liberté absolue de contrôle et de discussion par la presse, par les réunions, par Tassociation.
— La monarchie, régime do la responsabilité fictive qui a besoin d'ombre, ne vous donnera jamais que le fantôme de la liberté.
« NON. — Car la république, c'est le régime do l'économie par la suppression des listes civiles, des gros traitements, des charges de cour, des sinécures, cortège indispensable des monarchies.
« NON. — Car avec la république, plus de compromissions des intérêts politiques avec les intérêts religieux, compromissions également funestes à l'Etat, à la religion et à la liberté de conscience.
— Avec la monarchie, au contraire, alliance indissoluble du trône et de l'autel, comme instrument de règne et sauvegarde du principe d'autorité.
e NON. — Car la république, c'est la réconciliation de tous les membres de la grande famille sociale par la répartition équitable des charges, par la suppression des privilèges et des abus, par l'accession plas large et plus facile du travailleur au crédit et à la propriété, — programme de fraternité pratique que ne réaliseront jamais les monarchies, trop intéressées aux inégalités sociales et à la rivalité des classes, principal fondement de leur force et de leur durée.
« NON, enfin. — Car la république, c'est la vengeance assurée de la France contre les insolences du despotisme victorieux, par le rayonnement des idées de liberté, tandis que la monarchie, réduite à la force des canons et des baïonnettes, ne peut nous donner que le choix entre une paix humiliée ou des armements rui-
neux, suivis de ces horribles effusions do sang qui épuisent les nations et rajeunissent les despotes.
« Citoyens,
« L'expérience que vient de faire la Franco est de celles qui ne se rectommencent pas.
c Gardons-nous des sauveurs, et sauvons-nous nous-mêmes par la liberté, par Téconomie, par la raison, par la fraternité et par la justice.
« Vive la république une et indivisible !
u HÉNON; BESSIÈRES; BAVOZET; ROSSIGNEUX; JABOU- LAY; GÉRY; MONTEILHET; GANGUET; FEUILLAT; BRIALOU; BENOIT (Joseph); RUFFIN; MICHAUD; E. MII^ LAUD; ANDRIEUX »; BOUVET; E. VÉRON; JOSSER.VND; BACOT; GAILLETON; VALLIER; S. MAYNARD; CAILLAU- CHOUARD; POY; LÉPINE ; CHAVANNE ; MUTEL; Gh.
REYNAUD; VÉRAT ; L. REYNIER; P. VALIX; BOUF- FIER; FERROUILLAT-; Victor FOCHIER «; A. FAVRE; L. JANTET; HAUD; N. DELACROIX; H. LACROIX; RE- GARD; LEVANT; LAFAY; BAUDY; FEBVRE; FARNIER; RIVAUD-LANDRAU; GRENIER; BURNICHON; BUGNER; E. CLAIR; J. IIEMMERLÉ; 0. HEMMERLÉ; BRUN; J. SISLEY; DESPORTES; BIBOLET ; MÉRY; P. BLANC; BASSELET; MIDOR; VETTARD ; PATRICOT ; T. J. DOL- FUS; HIRSCII; RIVOIRE; Vincent GUIIXAUME; BAU- DRAND; DESPREZ; AUFAVRAY.
« Les adhésions seront reçues tous les jours à Lyon, quai de rH6pilal, 4, au 3», et chez tous les citoyens qui ont signé l'appel. La cotisation est fixée à 10 c. par semaine.
« Les réunions se tiennent quai de l'Hôpital, 1:2, au 2« escalier, au 2», les mercredis et vendretlis soir, à 1 heures 1/2.
Les membres de Vuiiion républicaine invitent tous les citoyens qui comprennent les dangers d'une restauration monarchique à constituer partout, dans les hameaux et dans les villages, des gi*oupes locaux, qui s'adjoindront aux groupes cantonaux.
€ A mesure que chaque groupe se foiinera, il devra se mettre en relations avec le groupe central, et envoyer son adhésion collective à Lyon, quai de l'Hôpital, 4, au président de V Union républicaine,
« Le comité central se composera de la réunion des délégués de tous les groupes. »
i Procureur de la république, ex-délégué des libres penseori lyonnais à Fanticoncile de Naples.
* Substitut du procureur de la république.