L'Humanité, i" avril
dans quelques estaminets parisiens (sic)^ ». On sait aujourd'hui que la légende était bien plutôt celle qui nous représentait l'Alsace-Lorraine comme a souhaitant le maintien du s^aiti quo compensé par l'octroi d'une large autonomie». Depuis le début de la guerre, les journaux allemands ont publié et les journaux français les moins chauvins ont reproduit tous les jours de longues listes d'artisans, de petits marchands, de servantes et d'intellectuels d'Alsace-Lorraine jetés en prison par les conseils de guerre pour avoir manifesté sans crainte leurs sentiments pour la France. Malheureusement les fautes commises avant la guerre par esprit de parti n'ont pas cessé de produire leurs funestes effets ; lorsque l'Allemagne veut prouver, contre l'évidence, que les sentiments de révolte des Alsaciens-Lorrains sont le produit d'agitations artificielles ou le fait d'une minorité, c'est dans les campagnes de certains organes socialistes français contre l'idée de revanche qu'elle va chercher ses arguments les plus spécieux. C'est ainsi qu'après avoir rappelé^ (( la lutte menée contre l'idée de revanche par la Sozialdemokratie française sous la direction du brillant Jaurès » {diefrànz'ôsische Sozialdemokratie un ter Fûhrung des glànzenden Jaurès) le socialiste pangermaniste Lensch écrit^ qu' « en renonçant définitivement à l'Alsace-Lorraine, la France n'a pas à craindre d'y décevoir des espérances ». Dans le numéro de mars 191 5 de la grande revue Siiddeutsche Monatshefte, consacré à la France, Léo Jordan, professeur à l'Université de Munich, exploite le même thème et se couvre des mêmes autorités ^ : (( Les Alsaciens-Lorrains, affirme
1. A. Wisner, le Parti socialiste et les Elections municipales en Alsace- Lorraine, Mouvement socialiste, 1" août 1902, p. i35.
2. Lensch, Z?z> deutsche Sozialdemokratie und der Weltkriegj. p. 41.