Jordan, Franhreich vor dem Krieg, loc. cit., p
le savant teuton, protestaient contre la politique de revanche : ils ne voulaient pas du tout être délivrés (sic wollten gar nicht befreit werden) et, en dehors d'un petit groupe, ils priaient poliment, mait fermement la France de les laisser en repos. Dans V Humanité de Jean Jaurès, si tragiquement disparu, paraissaient quotidiennement des déclarations, des interviews d'Alsaciens. Le reste de la presse fermait l'oreille à ces vérités désagréables et s'en tenait à l'idéal dans le style de Barrés » {sic).
Ce devint donc une vérité officielle, et en quelque sorte l'une des propositions essentielles de l'orthodoxie socialiste, que « l'Alsace allemande par le sang et par la langue, française par le souvenir de la Révolution de 1792-1793 » avait une (( ambition plus haute » que de redevenir française, àsavoir celle (( de devenir le trait d'union de deux grands peuples réconciliés sous les plis du drapeau rouge dans les États-Unis républicains et socialistes d'Europe' ». L'Alsace-Lorraine serait délivrée quand l'Allemagne et la France <( croiseraient sur elle leurs rayons ». Qu'importait-il dès lors que la Sozialdemokratie cherchât à y anéantir le mouvement protestataire ? Une formule sonore et à peu près vide de sens servait à résumer et à justifier son attitude : (c Les socialistes allemands ne sont ni pour ni contre le traité de Francfort : ils sont au-dessus''-. » Formule inexacte au surplus, puisque, nous l'avons vu, la Sozialdemokratie déclare qu'elle considère le traité de Francfort comme intangible. C'est la confiance aveugle et hautement proclamée en la Sozialdemokratie allemande qui, il faut y insister, inspirait ces chimériques espoirs. C'est parce que l'on croyait en Marx et Bebel que l'on disait attendre « la France intégrale de l'Humanité