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CHAPITRE V

L'Internationale antislave et la question d'Autriche

I. La guerre fangermaniste contre les Slaves. — II. Karl Marx contre les Slaves. — III. La Sozialdemohratie contre les Slaves. — IV. La Sozialdemohratie fangermaniste et l'Autriche. — V. La Sosialdemokratie et l'Internationale contre les socialistes slaves.

Dans sa honte et dans son crime, la Sozialdemokratie pangermaniste a gardé des amis zélés sinon désintéressés, et fervents sinon adroits. Aux faits précis, aux documents incontestables que l'on apporte contre elle, ils opposent des injures et des récriminations ; le moindre argument vaudrait mieux. Nous n'avons pas cité un texte important sans indiquer le volume et la page où l'on peut le retrouver ; nous n'avons pas rappelé un fait sans dire le mois et le jour oii il s'est produit. Les gens de bonne foi sont mis à même de faire toutes les vérifications qu'ils peuvent désirer : quant aux autres, leur opinion ne compte pas.

La Sozialdemokratie a d'ailleurs des amis bien malhabiles, qui l'écrasent en voulant la défendre. Jusqu'ici on plaidait pour elle la bonne foi ; si, en dépit de tous ses serments, elle avait, le 4 août 1914, voté à; V unanimité les crédits de guerre, c'est, disait-on, qu'elle ignorait l'origine du conflit ; elle croyait faire une guerre défensive ; elle était convaincue que l'Autriche était victime d'une agression serbe (!) et l'Allemagne d'une agression russe ; c'est pour combattre la Russie

que les socialistes du Kaiser approuvaient la violation de la neutralité belge ; c'est pour protester contre (( l'obscurantisme de l'Eglise orthodoxe » qu'ils brûlaient la bibliothèque de Louvain ; et la cathédrale de Reims payait pour le Kremlin !

Mais, aujourd'hui, on vient nous dire^ que la Sozialde'Tiokratie avait, au cours de la dernière semaine de juillet, discerné dans l'ultimatum autrichien le dessein arrêté de déchaîner la catastrophe. Nous avions toujouis soutenu que la Sozialdemokratie savait fort bien où était l'agresseur et que cet agresseur était l'Autriche, poussée et soutenue par l'Allemagne. Nous avions cité- la ISeue Zéit du 3i juillet et le Vorwàrts du 3 août qui admettent qu'après l'ultimatum autrichien à la Serbie la guerre était inévitable. De même le Gnindsiein, journal officiel de la très puissante Fédération ouvrière du bâtiment, reconnaît, dans son numéro du 7 juin 191 5, que nul Etat au monde ne pouvait accepter cet ultimatum : ce qui ne l'empêche pas d'approuver hautement le vote des crédits de guerre par les députés socialdémocrates ! Maintenant donc nous tenons l'aveu : ou plutôt les défenseurs patentés de la Sozialdemokratie pangermaniste viennent confirmer l'aveu qu'avait fait, à la veille de la guerre, le 3o juillet 1914, le député socialdémocrate au Landtag saxon, Sussheim, dans un discours prononcé au vélodrome Hercule de Nuremberg : <( Aucun intérêt du peuple allemand n'est menacé ou seulement tnis en question. » (Ketn ht ter esse des deutschen Volkes ist bedroht oder auch nur in Frage gestellt^.) Ils savent que personne ne mettait en péril l'indépendance de l'Allemagne; et ils savent parfaitement, au contraire, que l'Allemagne mettait en

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