I. Bedouce, le Vendredi tragique, l'Humanité, 9 août igiS
Longuet, Compère-Morel et Vaillant à l'entrevue, a |
opposé un démenti catégorique*. Jaurès se serait |
borné à demander au gouvernement français un dernier i
effort pour éviter la guerre s'il en était temps encore et il aurait conclu en ces termes : (( Nous qui depuis l'ouverture de la crise n'avons cessé de veiller à ce qu'aucune de nos paroles ne fût un obstacle à votre .|
effort légal pour la paix, nous avions le droit de vous v
crier cela, à l'heure où le danger se nouait sous nos ^f
yeux, de vous le crier, dût-on nous fusiller. » Paroles /*
inutiles, puisque de l'aveu même de Jaurès à Bruxelles, f
le gouvernement français avait tout fait pour la paix. |
Paroles inutiles, parce qu'elles étaient prononcées à f
Paris, oij l'on voulait la paix, alors qu'elles n'auraient f
eu de sens que si elles avaient été prononcées à Berlin, j
où l'on voulait la guerre. Mais non pas paroles crimi- ^^
nelles, comme celles que Rappoport attribuait à Jaurès. *
Entre la version de Rappoport, qui relate des propos S,
qu'il n'a pas lui-même entendus, et celle de Renaudel, ç
témoin auriculaire; entre la version de Rappoport, présentée dans un journal de langue allemande tin an après Vévénenienty et la version de Renaudel, consignée d'abord dans V Humanité du 2 août 1914, c'est évidemment la seconde qui mérite créance, toute question d'interprétation psychologique étant mise à part. Le soir du 3i juillet 1914 Jaurès était assassiné. On s'est beaucoup demandé « ce que Jaurès aurait fait » pendant la guerre. Eût-il été, comme l'ont soutenu avec Plekhanoff la plupart des socialistes français, l'apôtre de la défense nationale et du patriotisme socialiste? Eût-il été, comme l'ont laissé entendre Rappoport et le socialdémocraLe allemand Bernstein, le doctrinaire aveugle de l'internationalisme et du pacifisme révolutionnaires? Les partisans de cette seconde