‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 162 sur 208 · Siidekum, député socialdémocrate, est d'ailleurs, avec le · texte numérisé non relu

Siidekum, député socialdémocrate, est d'ailleurs, avec le

D'autre part, des déclarations nettement militaristes, pangermanistes et annexionnistes ont été faites par des membres éminents de la Sozialdemokratie : » Le conflit européen, écrit Kolb, a créé de nouveaux liens entre la nation allemande et le gouvernement monarchique... Conscients des nécessités de l'heure et des enseignements de la guerre, les socialistes doivent renoncer à toute campagne contre le militarisme prussien ». « Tous les partis, dit Heine, se rangent résolument aux côtés du gouvernement et de l'armée. )> Le Vorwàrts, que l'on prétend inspiré par la minorité, proteste dans son numéro du 14 novembre 191 5 contre l'idée d'un ((anéantissement de l'impérialisme militaire allemand». Le Hamburger Echo, organe de la section socialdémocrate de Hambourg, l'une des plus fortes de toute l'Allemagne, déclare que ^i quel que soit le destin final de la Belgique et du nord de la France au moment oii l'on conclura la paix, il est impossible ^ue le propriétaire actuel puisse l'évacuer avant ». Heilmann « avertit les Français qu'une seconde campagne d'hiver leur coûtera plus que des hommes seulement » ; il refuse de « pleurnicher sur le sort de la classe ouvrière française», car (( une seule chose est nécessaire envers l'étranger : le pouce dans l'œil et le genou sur la poitrine ». « Après l'expérience de 1914, proclame Anton Fendrich, il importe de s'armer pour des dizaines d'années ; c'est dans la force des armes qu'est le salut ». V Internationale Korrespondenz, dirigée au nom de la commission générale des syndicats allemands par Bauermeister et Legien, déclare que l'Allemagne a droit à des « garanties réelles » que peuvent fournir, soit des annexions, soit des (( possibilités de rattachement économique ». Konrad Hsenisch explique que « ce serait penser d'une

secrétaire d'État impérial aux Colonies, Soif et le secrétaire, d'Etat impérial à l'Intérieur, Delbriick, l'un des trois présidents du Comité pour la propagande allemande à l'étranger.

façon tout à fait antihistorique et surtout antimarxist&y de demander que le statu quo fût établi à la un )).Peus, dans la revue Menschheït, de Berne, soutient que les États voisins de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie doivent former sous l'hégémonie de ces deux puissances une « confédération de l'Europe centrale » à laquelle la Belgique devra être forcée de s'agréger : cette confédération formera une union douanière et imposera à chaque pays participant un certain contingent militaire. La Chemnitzer VoLksstimmey citée avec éloge par \d.Rheinische und Westphàlische Zeitungdn 26 novembre 191 5, soutient la théorie de la disparition nécessaire des petits États, théorie qui est celle du pangermanisme officiel : M. de Jagow exposait à M. Cambon * que, par suite du développement des forces économiques et des moyens de communication, les petits j:.tats ne pourraient plus mener la même existence indépendante dont ils ont joui jusqu'à présent, mais qu'ils devront désormais graviter dans l'orbite des grandes puissances. Le grand journal socialiste saxon pense de même <( que les dépenses et les ressources dépassent infiniment les moyens d'action des petites nations. Le temps travaille contre les petits États et les petites nationalités... Le seul moyen pour un petit État d'échapper aux dangers est de se rattacher à un groupement de peuples ; mais alors le principe des nationalités est brisé. L'idée de l'État serbe se trouve en conflit avec le principe général de l'histoire. » Ainsi, au nom de la métaphysique allemande et de la Weltgeschichte ,\di Hollande, le Danemark, la Suisse, les pays balkaniques et Scandinaves doivent renoncer à leur autonomie ; le pangermanisme socialdémocrate leur en fait une obligation : « En politique comme dans la vie économique, dit Lensch pour clore le

I. Dépêche du ministre de Belgique à Berlin, Livre gris, document n" 2.

débat*, nous sommes partisans de la grande entreprise. » {Grossbetrieb.) Et malheur aux faibles !

Toutes ces déclarations émanent de chef s politiques qui parlent au nom de la Sozialdemokratie, de journaux qui se publient sous le contrôle de la Sozialdemokratie et qui n'ont point reçu de désaveu du Parti. Les visées annexionnistes sont exprimées, tantôt en un langage voilé et prudent, tantôt en un langage outrecuidant suivant le tempérament oratoire des chefs socialdémocrates : mais elles sont sous-jacentes à toute la conduite de ce parti et seules en rendent compte. Lors même que les socialdémocrates déclarent ne point vouloir d'annexions, il faut se rappeler qu'ils ne considèrent point comme des « annexions » les rectifications de frontières nécessaires ni les unions économiques métîie très larges et en même temps très intimes : comment on peut réaliser ces dernières « sans subjuguer les peuples étrangers », c'est, explique Sùdekum dans le Hamburger Echo -, une simple c( question technique dont l'examen peut être ajourné )).

Les formules ont pu varier ; l'esprit est resté le même. Soit qu'ils s'attachent à soutenir l'énergie morale du peuple allemand par des déclamations chauvines, soit qu'ils s'efforcent d'abattre le courage et de détruire l'union chez les adversaires du peuple allemand par des manifestations pacifistes, le but subsiste. Et c'est précisément parce que le but subsiste que l'attitude varie en raison des circonstances changeantes . Sans en examiner ici par le menu les divers aspects, il nous suffit de rappeler, outre le vote des crédits de guerre au Reichstag, les déclarations officielles du prolétariat germanique. Réunie à Berlin du 5 au 7 juillet 191 5, la Conférence des Comités directeurs des syndicats a

1. Lensch, Die deutsche Sozialdemokratie undder Weltkriegi p. 38.

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