‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 197 sur 208 · I. Cité par l'Humanité, luncii 28 juin · texte numérisé non relu

I. Cité par l'Humanité, luncii 28 juin

feste Bernstein-Haase-Kautsky : (( Ces phrases devront servir à donner de l'ardeur aux groupes de paix qui augmentent sans cesse dans les pays ennemis et à fortifier leur volonté de i-aÀxç. pression sur leurs gouvernements. »

Le comité directeur de la Sozialdemokratie vient de faire paraître dans le Yorwàrts un manifeste officiel qui se termine par une sommation aux socialistes des pays alliés : « Nous constatons volontiers qu'il y a en Angleterre et en France des groupes qui travaillent pour la paix comme le parti socialdémocrate. Nous basant sur la situation militaire favorable créée par la bravoure de nos compatriotes en armes, nous demandons au gouvernement d'exprimer son désir d'engager des pourparlers de paix, l^ous attendons de nos camarades, dans les autres pays belligérants^ qu'ils agissent dans le même sens sur leurs gouvernements. » La phrase sur la (( situation militaire favorable », dont l'article de Quarck permet de juger la sincérité, explique le foisonnement des manifestes socialdémocrates à cette heure : si l'Allemagne obtenait que des pourparlers de paix fussent engagés en ce moment, elle tirerait, de succès militaires tout apparents et qu elle sait sans lendemain, \xns\xcchs diplomatique durable. Le gouvernement impérial, qui espère tout de cette manœuvre grossière, dépêche, par les soins d'une agence officieuse, et à partir du poste de télégraphie sans fil de Nauen, le dernier manifeste socialdémocrate à toutes les stations radiotélégraphiques d'Europe et d'Ajuérique. Il lui donne chez les neutres des deux côtés de l'Atlantique la plus large publicité et charge le comte Bernstorff de le faire insérer dans la presse américaine.

La Sozialdemokratie, chargée de déterminer dans toute V Internationale une levée de boucliers en faveur de la « patrie de Karl Marx » et de Siidekum, appelle au secours d'un empire de proie « les principes du socia-

lisme ». Ainsi les Saint-Simon, les Fourier, les Proudhon et les Blanqui n'auront souffert et lutté que pour épargner à l'Allemagne les conséquences de la catastrophe qu'elle a déchaînée, pour lui permettre de conserver le Slesvig danois, la Posnanie polonaise et le Rhin français, pour lui garder précieusement ses provinces acquises par le fer et par le feu, et ce que le révolutionnaire Proudhon appelait son « exécrable unité », et toutes ses ressources pour une prochaine guerre, et toute sa puissance pour le mal!

C'est avec une stupéfaction douloureuse qu'on a vu un député socialiste français, M. Compère-Morel, exposer les raisons pour lesquelles, selon lui, les ouvriers de France « ont consenti à faire œuvre de mort contre des hommes épousant les mêmes doctrines, ayant les mêmes théories et se réclamant du nihne idéal queux^ » ! Il n'y a pas de germanophilie morbide qui puisse excuser un tel blasphème contre le socialisme français. Non! la classe ouvrière française n'a pas les mêmes doctrines, les mêmes théories, ni surtout le même idéal que les socialistes du Kaiser!

Les disciples de Marx ont appris de leur maître que (c la classe ouvrière n'a pas d'idéal à réaliser », que « l'appel à la morale et au droit ne nous fait pas avancer d'un pouce », et, comme l'écrit Paul Lafargue {le Déterminisme de Marx, p. 21, note i) que « la justice et la liberté ne sont que des grues métaphysiques et éthiques qui font le trottoir dans les discours académiques et parlementaires » {sic).

Le- droit des nationalités, la sainteté des traités, comme le médecin de Molière ils disent : « Nous avons changé tout cela! » Le i*"" août 1914,1e citoyen MùUer proclame qu' « à l'avis des socialistes allemands la distinction entre VEtat agresseur et l'Etat attaqué, que des

Page 1