Lettre à Esquiros, Œuvres, t. IV, p
de vue de la théorie et de l'organisation, supérieure à la française ; sa victoire, sur le théâtre du monde, contre la classe ouvrière française, serait en même temps la victoire de notre théorie sur celle de Proudhon^. » Marx se réjouissait des défaites de la France qui, selon ses propres paroles, « transportaient le centre de gravité du mouvement ouvrier de France en Allemagne- ».
Fidèle à la tradition de Marx, la Sozialdemokratie pangermaniste interprète de la même façon la grande guerre de 1914 : elle espère de la victoire des armées de Guillaume II le triomphe définitif et incontesté du socialisme allemand, le couronnement de cinquante années d'intrigues, l'asservissement complet des ouvriers de tous les pays aux socialistes du kaiser. Comme le dit, très justement d'ailleurs, le docteur Paul Lensch, député socialdémocrate au Reichstag : k De même que, pendant la guerre de 1870 entre Bismarck et Napoléon, Karl Marx écrivit au Comité central de la Sozialdemokratie à Brunswick qu'avec la victoire allemande le centre de gravité du mouvement ouvrier continental passait de France en Allemagne ; et de même qu'à ce moment la victoire allemande sur le champ de bataille a signifié la victoire de la théorie allemande , c'està-dire marxiste, sur le champ de bataille du socialisme, de même la victoire de V Allemagne dans cette guerre mondiale signifierait la victoire du marxisme dans V Internationale tout entière"^. »
On ne saurait être plus précis, plus catégorique, ni plus véridique.
La guerre de 1870 a brisé la première Internationale par le crime de Marx, comme la guerre de 1914 aura