‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 58 sur 208 · Engels au Conseil général, i3 août 1875, ibid., p · texte numérisé non relu

Engels au Conseil général, i3 août 1875, ibid., p

légères modifications, à l'esprit des statuts votés par le Congrès de Genève. Le Congrès décida de supprimer le Conseil général et de le remplacer par un bureau fédéral privé de tout pouvoir exécutif ou disciplinaire et uniquement chargé de la correspondance et de la statistique. Aux termes de l'article 3 des nouveaux statuts, les sections jouissaient d'une parfaite autonomie; elles <( conservaient le droit de s'organiser selon leur volonté, d'administrer leurs propres affaires sans aucune ingérence extérieure et de déterminer elles-mêmes la marche qu'elles entendaient suivre pour arriver à l'émancipation du travail n. Par la suppression du Conseil général, le danger d'une dictaturequelconque étaitécarté ; l'Internationale ne pouvait plus être l'instrument de la politique personnelle d'un homme ou d'une coterie. Tous les éléments de l'Association nouvelle étaient sur le pied d'égalité ; le Congrès annuel désignait seulement une fédération qui serait chargée de préparer le Congrès suivant et dans l'intervalle assumerait certains services d'ordre exclusivement administratif, mais cette Fédération n'était investie d'aucune autorité ; elle ne pouvait ni imposer ni mêmer proposer aux autres aucune ligne de conduite et elle n'avait point mandat de représenter l'Internationale tout entière. Il fut décidé que le Congrès se tiendrait en 1874 à Bruxelles et que la Fédération belge ferait fonction de bureau fédérale

Avant de suivre les destinées du mouvement ouvrier indépendant de l'hégémonie prussienne, il nous faut

I. Cf. Compte rendu officiel du sixième Congrès général de l'Association internationale des travailleurs, tenu à Genève du I"" au 6 septembre 1873, Locle 1873; Guillaume, l'Internationale, t. III, p. 108 ; Stieklow, Die Bakunistische Internationale, p. 18 ; Préaudeau, Michel Bakounine, p. 38o sqq.

assister aux derniers soubresauts de la première Internationale germanisée. L'agonie de l'Internationale marxiste fut douloureuse et sans gloire. Comme nous l'avons vu, Marx n'avait guère derrière lui que les socialistes allemands, autrichiens et de la Suisse allemande, avec lesquels il entretenait des rapports suivis^, mais qui ne constituaient alors aucune organisation sérieuse. Le marxiste Stieklow le reconnaît franchement^ : c( En dehors des État-Unis, où le mouvement était à cette époque très faible, et se bornait à peu près aux immigrés allemands (qui par-dessus le marché ne s'entendaient pas), il ny avait en réalité aucune fédération nationale derrière le Conseil général. »

Lorsque le Conseil eut été par le Congrès de La Haye transféré à New-York, son secrétaire général fut l'Allemand Sorge, marxiste fanatique que les autonomistes n'appelaient pas autrement que le (( sousoff' » {Feldwebel) de Marx. Mais, ainsi que l'avaient prévu les blanquistes, lé Conseil ainsi constitué, coupé en fait de toute communication avec les ouvriers et les socialistes d'Europe, ne pouvait plus fonctionner en réalité; il ne pouvait plus qu'enregistrer les instructions et les informations que lui faisaient parvenir Marx et Engels, mais sans même pouvoir agir en conséquence. Engels et Marx eurent pourtant quelque temps l'illusion qu'ils parviendraient à maintenir en leur pouvoir, par des actes d'autorité, la plupart des forces socialistes. Ils allaient bientôt être détrompés.

Lorsque le Conseil général marxiste de New- York apprit les résolutions du Congrès de Saint-Imier, qui refusait de reconnaître celles de La Haye, il déclara les actes de Saint-Imier nuls et non avenus, et somma la Fédération jurassienne de convoquer dans le plus

1. Engels au Conseil général^ i3 août i8jS, Briefe anSorge^ p. 146.

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