A Genève
Conseil général, mais la solide cohésion des délégués allemands et suisses allemands réussit à parer absolument ce coup qui eiàt été très fâcheux. » Becker obtint, en effet, que le siège du Conseil général restât à New- York, aux mains de Sorge dont Marx était sûr (c'est là l'unique raison, d'ailleurs hautement avouée', du choix de New- York) et que le prochain Congrès se tiendrait également à New-York, non point l'année suivante, mais seulement en iS/S. On ne transmit même pas au Conseil général les procès-verbaux et les résolutions du Congrès, tant l'Internationale marxiste était devenue un vain fantôme.
Le dérisoire Congrès de Genève, avec sa poignée de délégués péniblement ramassés par Becker, apparut partout comme un éclatant échec pour le marxisme autoritaire. Marx lui-même et les marxistes convinrent que c'était un lamentable (( fiasco ))'. Quant à Bakounineil écrivait, le 12 octobre 18/3, que les membres de la Fédération jurassienne, avaient, avec l'appui vigoureux de leurs frères d'Italie, de France, de Belgique, de Hollande, d'Angleterre, d'Amérique, ramené l'Internationale dans la voie d'où l'avaient détournée les tentatives dictatoriales de Marx. Le Congrès autonomiste de Genève comprenait les délégués de toutes les grandes fédérations européennes, V Allemagne exceptée; le Congrès marxiste autoritaire, qui ne comprenait que des Allemands et quelques Suisses, s'était en vain efforcé de maintenir la dictature désormais brisée et ridicule de Marx : ce dernier Congrès avait été « un enterreynent ». En terminant, Bakounine, que l'âge et la maladie forçaient à se retirer de la lutte, rappelait aux Jurassiens que la réaction internationale a son centre en Allemagne, à Berlin, et <\xielle est
1. Becker à Sorge, 22 septembre 1873, Briefe an S orge, p. 1 19; 2 novembre 1873, ibid.,-p. i25.