Partisan de Marx
qu'à ne pas se préoccuper du tout des décisions locales de Genève, et tout simplement à les ignorer. La seule bonne décision qui ait été prise là-bas, celle qui consiste à ajourner le [prochain] Congrès à deux ans, facilite cette manière d'agir. »
Une lettre d'Engels envoyée une année après à Sorge marque d'une façon encore plus nette les sentiments de Marx et d'Engels et le plan de campagne nouveau qui germait dans leur cerveau : « L'Internationale, écrit l'auteur de VAntiduhring, est absolument terminée et finie. Et cela est bon. . .]-a\o\xyiàç.la puissance croissante.., des zovcva\\}in\?>\.ç^% allemands , les proudhoniens belges se jetèrent dans les bras des aventuriers bakounistes. En fait, c'est avec le Congrès de La Haye que tout fut fini et pour les deux parties. Le seul pays où l'on pouvait encore faire quelque chose au nom de l'Internationale, c'était l'Amérique, et un heureux instinct y transporta la direction supérieure. Maintenant, le prestige est épuisé là-bas aussi et tout nouvel effort pour la galvaniser en lui insufflant une vie nouvelle serait folie et gaspillage de forces. V Internationale a dominé dix années d^ histoire européenne d'un certain côté, du côté oii est l'avenir, et elle peut regarder fièrement en arrière sur son travail. Mais elle s'est survécu sous sa forme ancienne... Je crois que/(2 prochaine Internationale sera, après que les écrits de Marx auront agi quelques années, directement communiste et implantera nos principes"^ . ))
Faut-il faire remarquer l'importance de ces déclarations? De l'aveu d'Engels, l'Internationale, qui avait joué dans l'histoire générale de l'Europe un rôle dominant, était de plus en plus l'instrument de la puissance des communistes allemands. C'est la révolte contre V\ii^k.vQ.om.ç^ allemande qui avait réalisé l'alliance entre
I. Engels à Sorge, Londres, 12 et 17 sept. 1874J Briefe an Sorge, p. i38-i39.
les mutellistes belges et les partisans de Bakounine. C'est le Congrès de La Haye, ménagé et convoqué par Marx, qui avait brisé l'unité de l'Internationale. Les travailleurs avaient échappé pour cette fois au joug du socialisme prussien : aussi l'Association des travailleurs pouvait-elle périr sans que le socialisme prussien la regrettât : (( L'Internationale est unie. Et cela est bon. » Mais déjà le socialisme prussien rêvait la reconstruction d'une nouvelle Internationale, celle-ci absolument et intégralement germanisée. C'est ce programme qui, pour le malheur de la France et du socialisme, allait être réalisé dans la seconde Internationale.
Marx se rrompait pourtant lorsqu'il affirmait que depuis le Congrès de La Haye, il n'y avait plus d'Internationale. Dans son orgueil teuton, il ne pouvait admettre qu'il y eût d'autre mouvement ouvrier que celui qu'il manœuvrait et contrôlait souverainement : « Rome n'est plus dans Rome, dit le Sertorius de Corneille, elle est toute oii je suis. )> Mais le mouvement ouvrier n'était pas tout entier là où était Marx. Le marxiste Stieklovi^ convient^ que l'Internationale autonomiste subsista plus longtemps et montra beaucoup plus de vitalité que l'Internationale marxiste. Alors que le Conseil de New-York se mourait de cachexie, les Fédérations affranchies du joug allemand continuèrent à exister et à tenir leurs congrès internationaux annuels^.
Le deuxième Congrès de l'Internationale autonomiste eut lieu à Bruxelles du 7 au i3 septembre 1874. La Fédération belge y fut représentée par neuf délégués, les socialistes du Jura par Schwitzguebel, l'Es-