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Cf. Stieklow (marxiste), loc. cit., p

2. Cf. Guillaume, V Internationale, t. IV, p. 265 sqq. ; cf. Compte rendu des séances du Congrès socialiste tenu à Gand, 9-16 septembre 1877 ; le Congrès ayant décidé de ne pas publier ses procès-verbaux, ce compte rendu n'est pas officiel ; il ne porte pas d'indication de date, de lieu, ni d'éditeur.

manisation du mouvement ouvrier. En tout cas, c'était la f rentier e fois depuis 1872 que les partisans de V autonomie se rencontraient avec ceux de la dictature marxiste. Quarante-deux délégués étaient présents : l'Allemagne était représentée par Liebknecht, la Suisse par Greulich, la société communiste allemande de Londres par un journaliste anglais, Maltman Barry, instrument de Marx, comme nous l'avons précédemment montré; quelques groupes autonomistes de Suisse par Rinke et Werner ; l'Angleterre encore par Maltman Barry et par Haies; le Danemark encore par Liebknecht; l'Espagne, par Soriano et Morago; la France, par Bazin, Beck, Bert (pseudonyme de Coneste), Brousse, Buffenoir, Montels, Paulin et Robin (ces deux derniers pseudonymes), Chalain, Puissant; la Hongrie, par Léo Frankel, ancien membre de la Commune de Paris, en étroits rapports avec Marx ; la Grèce, par Costa ; l'Italie, par Costa, Martini, Zanardelli; la Russie, par Levachov (pseudonyme de Kropotkine) et Beck; les Jurassiens, par Guillaume, Brousse et quelques délégués d'autres fédérations ; la Belgique, par Steen,Anseele,Gérombou, van Beveren, Coenen, Bertrand, Brismée; de Paepe, Belge représentait la société communiste d'Oneidaaux Etats-Unis.

Le Congrès se partagea en deux camps bien distincts; une minorité de onze autonomistes adversaires du marxisme (Soriano, Morago, Guillaume, Kropotkine, Rinke, Werner, Costa, Brousse, Montels, Martini et Gérombou),et une majorité formée par les Allemands Greulich et Liebknecht, la plupart des délégués belges et français, les Anglais Haies et Maltman Barry et Bazin (qui représentait le groupe français de Londres). L'Italien Zanardelli et le Français Paulin, délégué du groupe de Lyon, hésitaient entre les deux partis.

L'incident le plus intéressant du Congrès fut une vive discussion entre James Guillaume et VVilhelm

Liebknecht sur la politique de la Sozialdemokratie allemande : Guillaume montra qu'aux précédentes élections au Reichtag la Sozialdemokratie avait mis son programme prudemment dans sa poche. Le fait était exact, et avait d'ailleurs été dénoncé même au précédent congrès socialdémocrate par Johann Most.

Le Congrès de Gand ne donna guère de résultats palpables. Mais on put y constater l'affaiblissement du mouvement autonomiste*, l'oubli des plus légitimes défiances contre la Sozialdemokratie allemande, et les progrès évidents de la conquête allemande dans, plus d'un pays, et notamment en Angleterre et en France.

On sait qu'en Angleterre, après le Congrès de La Haye, la très grande majorité des socialistes s'étaient prononcés avec la plus grande vigueur contre Karl Marx. Mais celui-ci, qui résidait, ainsi que sa famille et son grand ami Engels, à Londres, ne se découragea point et commença un travail méthodique pour pénétrer et asservir les organisations de la classe ouvrière anglaise. Il s'agissait d'ailleurs bien moins pour Marx de faire accepter ses idées que sa direction : la preuve en est dans les attaques souvent indignes et toujours violentes qu'Engels et lui dirigent dans leurs lettres contre Henry Hyndman, fondateur de la Socialdemocratic Fédération, qui avait adopté plus d'une théorie marxiste, mais qui se montrait peu docile aux conseils impérieux prodigués par les deux prophètes de la Sozialdem.okratie^. En revanche John Burns est leur

1. Qui tendait de plus en plus à se résoudre en pur anarchisme. Un Congrès que l'on peut considérer comme le dernier Congrès autonomiste se tint encore à Londres du 14 au 20 juillet 1881. Le dernier XiU^x^.€xoàw Bulletin de la Fédération jurassienne, qui avait été le principal organe du mouvement autonomiste, avait paru le 25 mars 1878.

2. Voir, par exemple, Engels à Sorge, 29 janvier 1886 et i9 avril 1886, Brie^e an Sorge, p. 208 et 220; Engels à Sorge, 18 mars 1893, p. 392-393.

homme, leur instrument, et travaille pour eux^ Engels, resté en Angleterre après la mort de Marx, suscite la formation de Vlndefendent Labour Party, qui a été depuis le début jusqu'à ce jour, et qui s'est particulièrement démasqué pendant la guerre de 1914, comme une organisation soumise aux pires influences allemandes. Engels fait entrer dans le comité exécutif du nouveau parti E. Aveling, gendre de Karl Marx, et il patronne à ses débuts James Keir Hardie ^ qui devait être dans la suite le leader de l'I. L. P. , et jouer comme tel, en 1914 et en 191 5, un rôle sur lequel nous reviendrons dans les chapitres de ce livre consacrés à la guerre européenne. Peu importait d'ailleurs à Engels la moralité politique des hommes dont il se servait, et il ne se faisait aucune illusion sur celle de Keir Hardie, car il écrivait lui-même à Sorge^ : « Le chef de Vlndependent Labour Party, Keir Hardie, est un Écossais plus que malin. Quoique ce soit un pauvre diable de mineur écossais, il a fondé un grand journal hebdomadaire, The Labour Leader '^,<\wç. l'on n'a certainement pas pu mettre sur pied sans beaucoup d'argent. Et cet argent lui vient des conservateurs ou des libérauxunionistes... là-dessus pas de doute ». Mais Engels, pensait que pour faire certaines besognes, il ne faut pas se montrer trop difficile sur le choix de ses collaborateurs ^ L'I. L. P. devait, dans la pensée d'Engels, absorber toutes les autres organisations socialistes et ouvrières, notamment celle des Fabiens et celle

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