Id., ibid., p
4. Com-pte rendu du huitième Congrès général tenu à Berney p. 38-39.
marxisme. Mais de plus en plus les sections flamandes, notamment celles de Gand et d'Anvers, insistaient pour l'adoption du programme de la Sozialdemokratie allemande dont les succès électoraux éveillaient une admiration inintelligente, et les socialistes wallons eux-mêmes commençaient à céder; au Congrès de Gand en 1877 les délégués de Verviers maintinrent l'ancien point de vue des autonomistes. En revanche, le 20 mai 1877, les socialistes flamands réunis à Malines fondaient un parti marxiste. Peu après, dans un message adressé par la section de Bruxelles au Congrès de la Sozialdemokratie allemande, de Paepe et ses compagnons annonçaient leur entier accord avec la Sozialdemokratie marxiste. Le dernier congrès de la Fédération belge, qui avait été avec la Fédération jurassienne l'une desforteressesdumouvement ouvrierautonomiste, eut lieu à Bruxelles les 25 et 26 décembre 1877. En 1879, les socialistes flamands et wallons formèrent un parti unique et, après que les mutuellistes, disciples de Proudhon, eurent à leur tour cessé leur résistance, un Congrès constitua, le 5 avril i885, sur la proposition de de Paepe, le parti ouvrier belge. L'avenir dira quelles leçons les socialistes belges auront tirées de la guerre et de l'attitude de la Sozialdemokratie allemande.
Déjà en 1874 au Congrès autonomiste de Bruxelles, on avait laissé l'Allemand Frohme exposer les idées de la Sozialdemokratie; et, depuis, cette dernière avait réussi à rétablir le contact entre elle et les socialistes qui avaient secoué le joug germanique. K partir de ce moment, la conquête allemande fait des progrès rapides. En juillet 1876, la section de Lausanne correspond avec Wilhelm Liebknecht, disciple et agent de Karl Marx. Les Jurassiens eux-mêmes, oubliant imprudemment de tristes expériences pourtant récentes, envoient leur salut à la Sozialdemokratie allemande réunie en Congrès à Gotha. Le député socialdémocrate Vahlteich
assiste, ainsi que Greulich, représentant du Schweizer Arbeiterbund, au Congrès de Berne.
Partout les germanophiles laissent entendre, alors déjà, qu'il serait bon de rétablir les liens internationaux avec les Allemands. Au Congrès autonomiste de Berne, des voix doucereuses se font entendre, qui proposent de réunir en 1877, en Belgique, un Congrès oîi seraient réunis les socialistes de toutes opinions et de toutes nuances et où l'on discuterait de la <( reconstitution ». En vain, James Guillaume, Paul Brousse, Soriano font valoir contre ces perfides invites les arguments les plus péremptoires : ils font remarquer qu'il n'y a pas lieu en réalité de (( reconstituer l'Internationale » ; que celle-ci n'a pas cessé d'exister et qu'elle siège au Congrès même de Berne; qu'ils n'entendent pas, sous le vain prétexte d'union internationale, sacrifier à la Sozialdemokratie leurs principes et l'autonomie de leurs organisations; que si les Allemands veulent se joindre à l'Internationale, telle qu'elle existe, sans prétentions à la domination^ rien ne les empêche. Mais le travail souterrain de Marx n'a pas été inutile. L'Allemand Vahlteich déclare (\\xç.,siVon crée une nouvelle Internationale, la Sozialdemokratie y adhérera volontiers. Le Congrès de Berne ne sait plus résister au vertige : malgré l'opposition des délégués espagnols et italiens, il décide la réunion, en 1877, en Belgique, d'un Congrès socialiste général"^.
Ce Congrès se tint à Gand du 9 au 1 5 septembre i '^■jj *. Bien qu'il n'ait pas abouti à la reconstitution de l'Internationale sous l'hégémonie allemande, il n'en marque pas moins une étape importante dans la voie de la ger-