‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 82 sur 208 · Engels à Sorge, Ryde, 23 août 1892, ibid., p · texte numérisé non relu

Engels à Sorge, Ryde, 23 août 1892, ibid., p

une fois de plus, et d'une manière très suggestive, la nature et les conséquences de l'influence exercée par les socialistes allemands sur ceux des autres pays.

Au cours d'un grand débat sur le socialisme à la Chambre des députés de Paris, le 20 novembre 1894, M. Paul Deschanel disait^ : <( Quand on étudie l'histoire du socialisme français, il y a un fait bien frappant, c'est que l'ouvrier français, lorsqu'il fut livré d lui-mêmey à son bon sens, à son honneur, résista le plus longtemps qu'il put aux théories collectivistes, aux idées allemandes. Au Congrès de Bâle en 1869, les délégués français se prononcent contre la nationalisation du sol. En 1878 encore, au Congrès de Lyon, les propositions collectivistes furent repoussées par nos ouvriers. L'ouvrier français sentait que l'avenir est à la coopération collective, au principe d'association sous des formes de plus en plus variées. C'est en 1875 que les socialistes allemands envoyèrent à Paris un émissaire. Cet émissaire se mit en relation, non avec les ouvriers, — les ouvriers ne l'auraient pas permis cinq ans après nos malheurs, — mais avec certaine personne qui, elle, commença la propagande parmi eux. En 1876 parut le premier manifeste collectiviste français dans le sixième arrondissement de Paris. Parmi les signataires pas un ouvrier; j'y trouve le nom de AL Gabriel Deville, un des principaux vulgarisateurs du marxisme... En 1879, au Congrès de Marseille, \t parti ouvrier français adhérait pour la première fois au collectivisme révolutionnaire et à l'idée de la lutte des classes. Ainsi ce n'était pas assez de l'invasion, ce n était pas assez de la conquête ; moins de dix ans après nos désastres, l'idée

Page 1