‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 83 sur 208 · Chambre des députés, Débats ■parlementaires, p · texte numérisé non relu

Chambre des députés, Débats ■parlementaires, p

de la guerre des classes -passait la frontière et venait empoisonner la France. Et quand nous parlons d'idées étrangères, d'idées allemandes, c'est surtout de cette idée-là que nous parlons. »

Comme nous l'avons précédemment exposé, le socialisme germanique, ou, pour parler plus précisément, le marxisme, doctrine de la Sozialdemokratie pangermaniste, n'avait pas d'adeptes en France à la veille et au lendemain de la guerre de 1870. Les quelques Français qui, à Londres étaient tombés sous l'intluence de Karl Marx> tels que Dupont, Serrailler, et les deux gendres de Marx, Paul Lafargue et Charles Longuet, ne résidaient pas en France et n'y avaient point fait d'élèves. Les proudhoniens avaient dans la première Internationale lutté de toutes leurs forces contre les idées allemandes, et les blanquistes, comme Edouard Vaillant, s'étaient résolument élevés, après le Congrès de La Haye, contre la dictature marxiste ; d'autre part, les révolutionnaires français réfugiés en Suisse, comme Malon et Guesde, étaient également les adversaires déterminés de Marx. Ce sont d'ailleurs les idées proudhoniennes qui dominent après la guerre dans la classe ouvrière française : ceux que M. Deschanel, dans le discours dont nous avons cité plus haut un passage, appelait^ <( les disciples et les gendres des Allemands » n'avaient pas encore trouvé audience auprès des prolétaires de France. C'est sous l'action des idées proudhoniennes que, le 16 juillet 1871, Tolain proclamait son horreur pour « les incendiaires de la Commune » et que trois réunions de membres de l'Internationale tenues à Paris repoussaient toute solidarité avec les crimes commis pendant les derniers jours de la révolution parisienne. Ce sont les mêmes idées mutuellistes que l'on voit inspirer en 1876 les membres du

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