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■vingt-un délégués allemands, venus, comme l'écrit Engels, de toutes les villes et de toutes les provinces d'Allemagne, sauf de la Pologne prussienne. Ce fut une manifestation nettement germanique. Liebknecht déclara : (( C'est l'Allemagne ouvrière et la France ouvrière qui s'unissent en ce moment. Ce n'est pas un Congrès d'idéologues, c'est un pacte d'alliance que nous contractons et qui aura son effet dans le monde entier. » On a vu, en 1914, ce que le « pacte d'alliance » contracté en 1889 valait aux yeux de la Sozialdemokratie pangermaniste.
Les Allemands firent la loi salle Pétrelle, décidèrent de la méthode de travail, et imposèrent la création d'une manifestation internationale le 1" mai. Le Congrès apparut à tous les yeux comme une réunion de secte S car on y avait vu figurer tout l'état-major marxiste : Liebknecht, Bebel, Bernstein, Vollmar, César de Paepe, Aveling (gendre de Marx), Mme Aveling (fille de Marx), et le docteur Adler. Il apparut aussi comme une réunion proprement allemande qui produisit sur l'opinion ouvrière française la plus déplorable impression; aux élections générales de 1889, le leader du Parti ouvrier français (marxiste) s'étant présenté à Marseille, il eut pour concurrent un ancien membre de la Commune de Paris, Protot, et celui-ci stigmatisait en ces termes les congressistes de la salle Pétrelle 2 : « a déserté sa patrie en des jours de
détresse et de deuil. Il est l'agent salarié de l'Allemagne. Fuyez son drapeau et ses partisans. Son drapeau, c'est l'Aigle noir de Prusse qui, trois fois en soixante-quinze ans, déchira le cœur de la France. Ses partisans, les délégués au dernier Congrès marxiste de Paris, quatre-vingt-dix ennemis de notre pays, parmi