Id., Londres, 11 mai 1889, ibid., p. 3ii
Ainsi la majorité des ouvriers français seront obligés, pour complaire à la Sozialdemokratie et aux ouvriers étrangers dominés par elle, de renoncer aux idées qui leur sont chères et de passer dans le camp marxiste'.
Malheureusement pour Engels, ce beau plan échoua devant l'attitude des socialistes belges qui ne se souciaient nullement de s'immiscer d'une façon aussi brutale dans les affaires françaises : d'autant que, de l'aveu même de plusiers socialdémocrates allemands, tels que Schippel et Auer, la condamnation du possibilisme aurait été une manifestation non dissimulée de chauvinisme antifrançais'^ : car il était de toute évidence que le possibilisme représentait alors, contre le marxisme germanisateur, la pensée et la politique propres à la classe ouvrière française.
Engels essaya encore de compromettre le succès du Congrès possibiliste par diverses brochures qu'il publia contre les possibilistes tout en (( restant dans la coulisse », suivant sa vieille habitude : les brochures furent signées par le socialdémocrate allemand Bernstein^. 11 ût d'autre part, nommer délégués au Congrès possibiliste les Anglais John Burns et Parnell, expressément chargés d'y intriguer pour les marxistes^.
Les tentatives d'Engels échouèrent pourtant : et l'on vit se tenir en même temps à Paris deux Congrès internationaux : l'un convoqué et dirigé par les fossibilistes français,VdintYe par les marxistes et la Sozialdemokratie . La physionomie de ces deux Congrès fut tout à fait caractéristique.
Le Congrès marxiste, qui s'était ouvert le 14 juillet à la salle Pétrelle, était composé à peu près uniquement d'étrangers : il comprenait notamment quatre-