Id., Londres, 8 juin 1889, ibid., p, 3r
Le Congrès possibiliste voulait, en effet, réorganiser l'Internationale, mais sur de bases analogues à celles posées jadis par les autonomistes au Congrès de Saint- Imier. Le délégué anglais Headingley le dit expressément lorsque fut présentée par la Commission d'organisation la motion suivante : (( Le Congrès, désireux d'établir des relations permanentes entre les organisations des différents pays, mais résolu à ne -pas laisser porter attente à V autonomie des organisations, |décide : que des relations permanentes doivent être établies entre les organisations socialistes des différents pays, mais que, dans aucun cas et sous aucun prétexte, ces relations ne pourront porter atteinte à V autonomie des groupements nationaux , ceux-ci étant les seuls et meilleurs juges de la tactique à employer dans leur propre pays^. »
Le respect de ce principe de l'autonomie nationale eût, il faut le répéter, empêché la Sozialdemokratie pangermaniste de s'ingérer dans la politique française, anglaise, russe, italienne, etc., comme elle fit pour le plus grand avantage de l'empire allemand.
Les deux partis possibiliste et marxiste s'étaient opposés, pendant la tenue des deux Congrès de la salle Pétrelle et de la rue de Lancry, avec une netteté qui laissait prévoir l'ardeur des luttes futures. Aux élections générales de 1889, les marxistes et leurs adversaires se livrentà des combats acharnés. Engels annonce en ces termes à Sorge le résultat des élections : (( Des
I. Sur ce Congrès, cf. Engels à Sorge, Londres, 17 juillet 1889, ibid., p. 3i6, 317, 358; L. de Seilhac, les Congrès ouvriers en France de 1876 à 1897, p. 04; Zévaès, le Socialisme en France depuis 1871, p. 106; L. de Seilhac, le Monde socialiste, p. 58 ; S. Humbert, les Possibilistes, p. 57-60.
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noires six, environ, sont élus : Guesde malheureusement pas'... » Quelques semaines après, il ajoute des précisions^ ; « En France, notre fraciion parlementaire comprend maintenant huit membres, parmi lesquels cinq délégués au Congres marxiste de Paris"^ : Guesde est leur secrétaire et leur fait leurs discours. Un journal quotidien est de nouveau en vue. La fraction présentera à la Chambre comme motion les résultats du Contrés [de la salle Pétrelle]. » L'année suivante, à propos d'un journal ouvrier, Engels écrit à Sorge : « Le « Combat » nous appartient'^. » Un autre journal de Paris, le Socialiste, est subventionné par Engels^.
Pourtant, si intense que fût l'activité de ce dernier, la mainmise allemande sur le socialisme français eût peut-être été malgré tout moins complète, si des querelles et des rivalités à jamais déplorables n'eussent, à partir de 1890, brisé les forces pourtant si considérables du possibilisme : Engels s'en rend du reste parfaitement compte, car il écrit à Sorge le 4 mars 1891 : (( La situation est maintenant merveilleusement favorable pour nous en France, à cause de la catastrophe des possibilistes^. » L'histoire recommence sans cesse sans instruire les hommes : pendant que les Français se déchirent entre eux, l'Allemand assiste avec joie à leurs luttes fratricides et les entretient au besoin, car elles font la meilleure partie de sa besogne. Le Congrès de Châtellerault (9-14 octobre 1890) marque une date fatale dans le développement du socialisme français :
1. Engels à Sorge, Londres, 12 octobre 1889, Briefe an Sorge. p. 323.
2. Engels à Sorge, Londres 7 décembre 1889, ibid., p. 325-326.