‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 96 sur 208 · Engels à Sorge, Londres, 4 mars 1891, ibid., p · texte numérisé non relu

Engels à Sorge, Londres, 4 mars 1891, ibid., p

en vain, dans le rapport présenté au nom du Comité national sur l'œuvre du Parti, Paulard rappelle le succès du Congrès international de 1889 « auquel, malgré les manœuvres des marxistes français et allemands, de nombreux délégués français et étrangers ont assisté ». Tout cela, c'est déjà le passé : à l'issue du Congrès de Châtellerault, le parti possibiliste se trouve divisé en deux tronçons : la majorité guidée par Paul Brousse, et qui conserve l'ancien nom ^de Fédération des travailleurs socialistes de France; et un Parti ouvrier socialiste révolutionnaire dirigé par Allemane^ Qu'importe que les marxistes soient peu nombreux, que leur esprit et leur méthode soient profondément antipathiques à la plupart des ouvriers français? Minorité énergique, compacte, disciplinée, servile même, ils auront l'avantage sur une masse divisée, inquiète, qui perd le plus clair de son temps et de son énergie en vaines discussions et en polémiques irritantes. « Grâce à la division parmi les possibilistes, écrit Engels en 1891, nos gens tiennent le bon bout en France, même à Paris'^. » <( A cause de leurs querelles intestines et de l'énergique attitude des nôtres, dit encore l'ami de Marx, les possibilistes reculent de plus en plus^. »

Du même coup, la conquête allemande fait de rapides progrès, et les rapports deviennent de plus en plus intimes entre les socialistes français et les socialistes du kaiser : il ne se passe pour ainsi dire plus d'année où quelque événement mémorable ne marque les étapes de ce processus de germanisation.

En 1890, malgré les protestations de la population lilloise, la municipalité socialiste de cette ville offre

1. Cf. S. Humbert, les Possibilistes; Maurice Charnay, les Allemanistes, Paris, Rivière, Histoire des partis socialistes en France, t. V.

2. Engels à Sorge, Londres, 8 avril 1891, Briefe an Sorge^ p. 362.

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