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FÉDÉRATION MARSEILLAISE

Association internationale des Travailleurs.

(Section de Jlarseille.) LA GRÈVE DU CREUZOT.

« Encore un fait à ajouter à l'histoire du Travail; une « date à la chronologie de la misère; un article aux « cahiers de la revendication.

(1) Gaulois, article sur riuternationaie, mai 1870, — Georges Froissard.

(2) Des articles sur la grève du Creuzot ont été publiés dans 1'/»ternalioiiale, numéro du 30 janvier; dans VEgulUé, numéro du ■> fésrier 1870; ila-is la Suiiilaritd du 16 avril 1H70; Federacion,

; avril 1870; Mirnbeau, G et 16 avril 1«T0 ; SoUdaridad, 9 avril 1S70; fiilei natlunnlc, 3 avril 1870; Egalité, '2 avril 1870; Federacion du 30 janvier 1870, 6 et 13 février 1870; Intenialionale, 30 janvier 1870 et 17 avril l870.

(3j Ce manifeste a été publié dans le Mirabeau de Verviers (numéro du 24 avril 1870).

« Juyulée par une politique honteuse et réactionnaire, « la graniJe voix du peuple, pour se faire entendre, cm- « prunle un autre organe plus terrible : la Grève.

« Voilà bien le triste résultat de quatre-vinjrts années « de nionarcliisnic et d'anarchie économique.

a Ce qu'il faut admirer le plus dans ces conflits pério- « diques entre les -deuN: classes sociales, de jour en jour « plus hostiles et plus menaçantes, ce n'est pas la sombre a énergie que le prolétaire puise dans la justice de sa « cause, mais bien plutôt l'imprévoyance des f'eudataires « de l'indaslrie, — sinon leur entêtement à méconnaître le « progrès de la raison dans l'esprit et du droit dans la « conscience; dominateurs de tous les temps, suivant la « tilièrc de l'hérédité, — exploiteurs d'hier, ils veulent « l'être aujourd'hui, demain, toujours, et cela, parce qu'ils « ne conçoivent rien de ce qui est progrès, comme si leur K cœur et leur intelligence habitaient dans les ténèbres.

« La Grève c'est Véruption endémique du mal social.

« Combien ignorent ou feignent ignorer l'existence de a ce mal?

a Ce serait vouloir diminuer et rétrécir singulièrement « les vues de l'histoire, — et encourir une grave i-esponsa- « bilité, — que d'admettre que ces guerres d'atelier doivent « se circonscrire dans ce domaine et qu'il appartient à « l'esprit de parti... révolutionnaire seulement de les Œ ériger en « questions sociales. »

a Comme si l'harmonie existait dans nos lois.

a Comme si la société actuelle avait pour base juridique : « le contrat

« Organiquement, la société actuelle aboutit à la grève; « ce n'est ni la paix ni la justice. - •

a II se passe sous nos yeux de singuliers spectacles que « l'Etat et l'Eglise nous offrent. — L'organisation du pou- « voir absolu est à l'ordre du jour à lîomo et à Paris; « étrange coïncidence ! La théocratie et l'aristocratie rc- K prennent courage et essayent l'offensive sur la Ucvolu- « tion trahie par la Bourgeoisie, — sa fille aînée. — Qui- <c conque oijserve aura tôt saisi les tils de celte odieuse « trame, de cet attentat prémédité, contre les principes de « la société modei'ue et du droit des peuples. Vaines etim- » puissantes tentatives !

« Le iiioiivemcnt qui se produit, profoud et sérieux, daus toute la classe ouvrière, répond aux agisseraents

<t des ennemis implacables de la Démocratie universelle.

'i Que rEtat, l'Eglise et la Bourgeoisie se coalisent pour

« une œuvre d'imposture et iVignominie, — le peuple ven-

« geur les confondra dans une même ruine.

a Le principe solennel autour duquel le peuple doit se

« grouper, c'est la solidarité.

a Nous faisons appel aux intéressés, c'est-à-dire à tous

« les désliérités, aux travailleurs : l'anarchie est en haut;

« organisons-nous en bas! »

a La féodalité tend à se reconstituer pour nous ravir les

« conquêtes de 89 et de 92; — le suffrage universel est

« menacé; les fruits de cinq révolutions seraient per-

« dus pour nous si nous ne nous redressions forts et défiant les traînards de la civilisation d'oser porter leur main sacrilège sur le sanctuaire de la justice sociale . «■ Les ouvriers du Creuzot sont les premières victimes

« d'une lutte déjà commencée. — Notre devoir est dé les

« secourir, ne l'oublions pas.

<r Le Secrétaire correspondant , « A. BASTÉLICA

« Les souscriptions sont reçues à la Chambre Fédérale, « rue Dauphine, 5, au l'^'", tous les soirs, de 9 à 10 heures " et demie. »

ASSOGL\TION INTERNATIONALE (!)

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