FÉDÉRATION OUVRIÈRE LYONNAISE
StatiUs (1).
Article premier.
Il est formé une Fédération de sociétés ouvrières lyonnaises ailhéreiites aux principes de l'Association internationale des travailleurs et dont les clauses et conditions suivent ci-après.
Art. 2.
Sont admises à faire partie de la Fédér."tion toutes les sociétés ouvrières indépendantes, quelle que soit leur forme, sociétés de résistance, de prévoyance, chambres syndicales, sociétés coopératives, de consommation, de production et de crédit, cercles, sociétés d'études, etc.
Toutefois, l'adujission d'une société dans la Fédération est soumise à la discussion do la commission fédérale dont il est parlé à l'article 4.
Alt. 3.
La Fédération a pour but de coordonner l'action morale et matérielle des travailleurs en vue :
[° Dd la défense île leurs salaires et des intérêts divers de leurs corporations ;
(1) Ces statuts ont été insérés dans le journal le Progrès, h 19 mars 1870.
2" De l'étude (les questions économiques et sociales ; 3° De rai'tVancliissement définitif de la classe ouvrière.
Art. 4.
La Fédération est représentée et administrée par une commission composée d'un noyau initiateur de quinze membres nommés toutes les années en assemblée générale et auquel viendront s'adjoindre deux délégués de chaque corporation ou branche de corporation.
Art.
Les sociétés adhérentes conservent leur complète autonomie pour tout ce qui regarde la gestion de leurs fonds et l'administration de leurs affaires. Elles s'engagent seulement à payer à la commission fédérale une cotisation mensuelle de dix centimes pour chacun de leurs membres.
Cette cotisation servira à payer les frais de local, de correspondance, de délégation, d'impression de circulaires, de réunions, etc., et à constituer une caisse fédérale qui servira de garantie pour les emprunts à contracter ou pour les prêts à faire. Dans celte cotisation seront compris les dix centimes que tous les membres de la Fédération doivent par an au Conseil général.
De plus, chaque société devra, en entrant dans la Fédération, prendre un nombre de cartes d'arJhésion individuelles aux principes de l'Association internationale des travailleurs, égal au fiombre de ses membres, au prix de cinquante centimes. Ces cartes, une fois prises, seront renouvelées gratuitement tous les ans.
Art. 6.
La commission fédérale est appelée à statuer sur les demandes d'emprunt adressées à la Fédération, sur l'oppor-
tunité (le soutenir les grèves, de contracter un emprunt spécial auprès d'une société adhérente ou de l'extérieur, d'envoyer des délégués dans un congrès ou ailleurs. Ses décisions sont révocables si la majorité des sociétés adhérentes les repoussent. La commission doit prêter son concours aux corporations ouvrières qui veulent s'organiser en sociétés régulières.
Art. 7.
Quelque nombreux que soient les membres de la commission fédérale, ils sont tous solidaires et parfaitement égaux. Leurs attributions sont de quatre sortes: rédaction, comptabilité, contrôle et propagande. Ils se les répartissent suivant les aptitudes de chacun d'eux. La commission n'a pas de président, mais un secrétaire spécial et un trésorier (1).
3° Statuts de la Fédération marseillaise.
Le projet suivant de statuts pour la Fédération marseillaise est encore plus complet; il précise le but du Conseil fédéral, ses attributions, ses rapports avec les sociétés adhéi'cntes, la manière dont les prêts sont effectués et l'obligation pour chaque société de verser la somme pour laquelle elle a été appelée k contribuer. Il indique l'époque des réunions, fixe li mode de convocation et de répartition des frais généraux, et assure, en cas de grèves, aux corporations situées dans le département ou en dehors l'appui collectif de toutes les sections. Ces statuts, il faut bien le
(1) Lorsqu'une section de l'Inlernalionalo fut organisée à Lyon, en 1SG7, elle avait pris le titre de Société i7iilustrielle et comm.'rcialc des tracaillcurs lyonnais adhérents à l'Internationale. Les statuts rédigés à cette époijue par la commission executive dj la section comprenaient cinq litres, se référant : 1° à la firmaiion de la société ; 2" au capital social ; 3" aux opérations Je la Société et répartitions des bénéfice»; ■t'^ à l'^deainistration ; 5» à des pres'-riptiens diverses.
reconnaître, ne sont pas rœinTC de la Fédération marseillaise, ils ont été copiés à peu près texiiieUement dans un projet de statuts élaboré, pour la Chambre fédérale des sociétés ouvi'iéres de Paris, par Drouchon, Soliveau et Tlioiz, et dont la discussion a eu lieu dans une réunion privée, le 11 avril 1869, au siège du syndicat des ouvi'iers mécaniciens, rue du Grand-Chantier, 5.