DELEGATION
Le Conseil fédéral des sections parisiennes de l'Association internationale des travailleurs et la Délégation révolulutionnaire des vingt arrondissements de Paris donnent délégation et pleins pouvoirs au citoyen Albert Lehlanc,
(1) Cette pièce, établie sur parchemin, a été trouvée en la possession d'Albert Leblanc, délégué de la Commune de Paris, actuellement détenu à Lyon, et arrêté à Bellegarde le 29 avril! 871.
membre de l'Internationale et membre de la Commission executive de la Délégation des vingt arrondissements de Paris près les sections de l'Internationale et les groupes révolutionnaires de la province.
Paris, le février 1871.
Pour le Conseil fédéral
de l'Association internationale des travailleurs,
Le secrétaire, Henri Goullé.
Pour la Délégation,
Le secrétaire, Constant Martin.
Origine de l'Internationale.
Situation des prolétaires, après 1848, eji France et en Angleterre. — Réveil du prolétariat.
L'exposition au grand jour des théories socialistes avait fait, en 1848, naître chez les travailleurs des espérances aussi belles qu'elles devaient être de courte durée; après la dt'faite des révolsitionnaires, toutes les associalions disparurent et les rêves éphémères d'alïranchissement caressés par les prolétaires s'évanouirent devant une époque de fièvre industrielle et de réaclion politique.
L'échec de la classa ouvrière continentale produisit bientôt ses effets de l'autre côté de la Manche; sa défaite fit pordre aux ouvriers anglais toute virilité et toute foi dans leur propre cause. La découverte de nouveaux terrains aurifères amena une immense émigration : un vide irréparable
fut ainsi creusé dans les rangs du prolétariat de la Grande- BSae Tous les organes de la classe ouvrière moururcn r,n aorès l'autre de l'apathie des masses, et 1 ouvrier lri.i?naru accepter désormais sa nullité politique. '1 'va'"i? donc'solidarité de défaite entre la classe ouvrière de la Grande-Bretagne et celle du continent Ta cas e ouvrière anglaise réussit cependant, a iorce de BPrsévéîa^ceï enlever le bill des dix heures ; et plus tard Tous roCs'kobertOM'en jeter les germes du mouvemen ^^^%...ïif et s'élever des manufactures coopératives cS pa Vu kie isolée de quelques « bras entrepremuts ^ Mais on comprit bientôt que si excellent qu il fut on n incipe si utile qu'il se montrât dans l'application, le frav coopératif, limité aux efforts particuliers et accidPnlels des ouvr ers, ne pourrait jamais a tranchir les masse -que po^^^^ atteindre ce but, la coopération devait Z d è 2n développement national et, par conséquent, ? i-e soutenue et propagée par des moyens nationaux.
U co Zôte di\ pouvoir politique devint donc le premier devdii de la classe ouvrière : en Angleterre, en Allemagne rn Italie c surtout en France, l'on vit renaître en même te mes ces aspirations communes ; en même temps aussi des JtfortlSren? tentés pour réorganiser politiquement Je parti
"^'^Xa^m^nWiant m coup M sur la France. Vers 186^ àla s te des rapports de la Comniission ouvrière délAiée à l'Exposition universelle de Londres, un timu e révci s'annonça dans le prolétariat parisien; on parla d'amélioration, même d'affranchissement politique. On smiea à envoyer au Corps législatif des hommes cbaiges de revendiquei- les libertés communes. Biais ces députes, ces « C 2rs de Vopposition » curent le tort de négliger fa aueSn sociale : es travailleurs ne cacberent plus leur L^érntcnteinc..t. Plus que jamais on s'occupa e^ tion sociale: les idées économiques se répandu en l dans les ateie?^. Le malaise augmenta, les grèves se inultiphèr n et nTrent de plus en plus la question du salaire à 1 ord e Su our. L'idée d'associatioiiMevint en faveur et le mouvenient coopératif reçut une véritable inipulsion: on préluda à l'œuvre de solidarisation du prolétariat. Dans toute l'Europe, un revirement identique se pio-
duisit dans la classe ouvrière. On comprit que des liens fraternels devaient exister entre les travailleurs des différents pays, afin de les exciter à se contenir les uns les autres dans toutes leurs luttes pour leur commun affranchissement. Dn choc de ces idées imprégnées au même degré de l'esprit d'union et de solidarité naquit : V Association intermilionale.
L'idée mère de cette association appartient aux ouvriers français qui la transportèrent en Angleterre lors de l'Exposition universelle de 1862; aussi l'un de ses adeptes a-t-il pu dire que « venue au monde à Paris, elle avait été mise en nourrice à Londres. » Le 28 septembre 1864, un meeting public eu faveur de la Pologne fut organisé à Londres, dans Saint-Martins' Hall: plusieurs nations européennes s'y trouvaient représentées. On y jeta les bases de la grande Association inlernationale des travailleurs. Un comité fut élu avec mission d'élaborer les statuts de l'Association ; il fut décidé qu'un congrès général ouvrier serait réuni en 1866, et que jusqu'à l'époque de cette réunion, le comité élu agirait comme conseil central provisoire et siégerait à Londres .
Voici le règlement provisoire qui fut alors adopté CONGRÈS OUVRIER.
Association internationale des travailleurs,