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ESPAGNE

Farga Pellicer, typographe, délégué du Centre fédéral des sociétés ouvrières de la Catalogne, affilié à l'Internationale (rue Caders, 22, Barcelone).

Sentimon, médecin, délégué delà Section internationale de Barcelone et de l'Alliance de la démocratie socialiste (Galle de los Mercaders, Barcelone).

N. B. Deux autres délégués n'ont pu arriver à Bâl^our prendre part aux travaux du Congrès, savoir :

FA?iELLi, délégué des associations ouvrières de Florence (Italie) ; ce délégué, s'étant tiouvé malade pendant son voyage pour Bàle, n'a pu arriver jusqu'au Congrès où son mandat de délégation est parvenu seul.

Balzer, délégué de la section allemande de San-Francisco (Amérique). Des circonstances imprévues l'ont arrêté en route, de manière qu'il n'est arrivé à Bâle que le 18 septembre (1).

Yung fut nommé président du Congrès ; Brismée et Bruhin, vice-présidents ; secrétaires pour la France, Varlin, Aubry et Robert ; pour l'Allemagne, Liebknect, Hess et Spier ; pour l'Angleterre, Eccarius; pour l'Espagne, Farga- Pellicer {Mirabeau, numéro du 3 octobre 1869) .

Les premières séances du Congrès furent consacrées à la lecture du rapport du Conseil générai et des nombreux rapports des groupes ou sections sur l'état et le développement de l'internationale dans les différents pays (Hins, rapporteur de la section belge ; Richard, de la section lyonnaises ; Caporusso, de la section de Naples ; Murât, des sections parisiennes ; Floquet, des sections allemandes) .

La première question du programme, la propriété fon-

(1) CeUe liste a paru également dans Vlnternatioiiale (numéro du 19 septembre 1869.

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cih'e, ne fut mine à l'ordre du jour qu'à la quatrième séance (9 septembre) ; de Paepe Jutun rapport très-détaillé et fit connaître les résolutions de la Commission chargée de l'étude de celte question ; il proposait au Congrès de déclarer : 1° Que la société a le droit d'abolir la propriété individuelle du sol et de faire rentrer le sol à la communauté ; 2° Qu'il y a nécessité de faire entrer le sol à la propriété c-oilective. Rittinghausen, Aubry et Richard s'élèvent avec force contre la propriété individuelle ; ils la considèrent comme la source de toutes les misères et inégalités sociales : « ^e de la violence et de l'usurpation, elle doit « disparaître devant la propriété foncière réglée par les « communes organisées fédérativement. » Henri Fritz, Cowel Stepney, Armand Gœgg, Lucraft, Robin, Bakounine, Lessner et Hins soutiennent la même thèse; Chémalé, Tolfîn, AJollin et Murât se déclarent partisans de l'individualité de la propriété.

Le premier paragraphe des résolutions de la Commission mis aux voix, est adopté par 54 oui contre 4 non. Le vote du second paragraphe donne pour résultat 53 voix pour, et 4 voix contre.

'É^ question. — Du droit d'héritage.

Brismée, rapporteur de la Commission, donne lecture des conclusions suivantes adoptées par elle à l'unanimité. (Voir Interjuitionale, numéro du 19 septembre 1869; Mirabeau, numéi'O du 7 novembre 1869.)

«Considérant que le droit d'héritage, qui est un élé- « ment inséparable de la propriété individuelle, contribue « à aliéner la propriété foncière et la richesse sociale au « profit de quelques-uns et au détriment du plus grand « nombre ; que, par conséquent, le droit d'héritage est uu « obstacle à l'entrée du sol et de la richesse sociale dans « la propriété collective ;

» Que d'autre part, le droit d'héritage, quelque res- « treinte que soit son action, constitue un privilège dont le « plus ou moins d'importance ne détruit point l'iniquité\en « droit, et qui est une menace permanente au droit social ;

« Qu'en outre, le droit d'héi'itage, dans toutes ses mani- {' festations, dans ror4re politique comme dans l'ordre éco-

« nomique, est un élément essentiel de toutes les inégalités, « parce qu'il empêche que les individus aient les munies « moyens de développement moral et matériel ;

« Consiiiérant enfin que le Congrès s'est prononcé pour « la propriété coUeclive foncière, et que cetlc déclaration « serait illogique si elle n'était corroborée par celle qui va « suivre :

« Le Congrès reconnaît que le droit d'héritage doit « être complètement et radicalement aboli, et que cette xc abolition est une des conditions les plus indispensables « de l'affranchissement du travail. »

Eccarins propose, en attendant la réalisation de la propriété collective, d'adopter des mesures transitoires consistant dans la i-ovendication d'une élévation considérable des droits de succession, et l'application de la plu^value de 1 impôt, ainsi produite, à des améliorations sociales.

Kichard, Bakounine et Varlin se prononcent cojitre le droit d héritage : Murât combat l'abolition de ce droit. De Paepe, au nom de la section bruxelloise, présente un rapport sur cette question qu'il considère comme très-importante : 1" en tant que remède contre le paupérisme ; 2° en tant que moyen d'opérer la transition de la propriété individuelle a la propriété collective^

Il admet que le droit d'héritage doit être restreint quant aux degrés de parenté qui donnent accès à la succession ; « qu épuré, dépouillé de tout ce qui le rendait iniqne, li- « mité en lui-même et par le milieu social, réduit enfin à' « son niinimuui, l'héritage individuel n'est plus qu'un élé- « nient de progrès et de moralité. Il ne croit pas à l'effica- «r cite de son abolition comme moven de liquidation so- « ciale (I). - ^

Les conclusions de la Commission sont mises aux voix • f" û^légaés se prononcent pour l'abolition du droit d'héritage ; 23 contre, et 17 s'abstiennent. Le résultat ne donne pas de majorité ; on soumet au Congrès un amendement propose par Eccaruis consistant à limiter le droit de tester

'»o Lr,fïjQPP^''r^.''''^ .P"^''« P-'*'" y Internationale, numéro du — ioui i»oy. — I-cderacion, numéro du 6 décembre 1869.

et à augmenter l'impôt sur l'hérédité directe déjà existant dans certains pays. Cet amendement est rejeté à une forte majorité.

3" question. — De V influence des sociétés de résistance {Trades-Unions) pour l'émancipatio7i des travailleurs. — Pindy donne connaissance du rapport de la commission qui considère la société de résistance comme ayant pour objet de préparer l'avenir et d'assurer le présent : « Le groupe- « ment des sociétés de résistance formera la commune de « l'avenir, et le (jouvernement seraremplacé par les conseils « des corps de métiers. » Il propose au Conyrès d'adopter les conclusions suivantes :

« Le Congrès est d'avis que tous les travailleurs doivent « s'emproyer activement à créer des sociétés de résistance « dans les différents corps de métiers.

« A mesure que ces sociétés se formeront, il invite les « sections, grou])es fédéraux ou conseils centraux, à en « donner avis aux sociétés de la même profession, afin de « provoquer à la formation d'unions internationales du a corps de métiers. Ces fédérations seront chargées de « réunir tous les renseignements intéressant leur industrie « respective; de diriger les mesures à prendre en commun; « de régulariser les grèves et de travailler activement à « leur réussite, en attendant que le salariat soit remplacé « par la fédération des producteurs libres.

a Le Congrès invite, en outre, le conseil général à ser- « vir, en cas de besoin, d'intermédiaire à la fédération des «' sociétés de résistance de tous les pays. »

Chémalé, Hins, Flahaut, Durand, Tolain,Tartaret, Greulich, Brismé, Grosselin et Applegarth démontrent la nécessité de la formation et du développement des sociétés de résistance (1).

Les conclusions de la commission sont adoptées à l'unanimité.

(1) Un rapport sur cette question lu en assemblée jrénérale de la section de liiuxelles a été reproduit dans VlnleDiaiionale du 29 août 1869.

Deux autres questions, le crédit et V éducation intégrale, étaient comprises dans le programme ; mais elles n'ont pu être traitées, et leur discussion a été renvoyée au prochain Congrès. Sur la proposition du compagnon Hins et à l'unanimité des voix, la ville de Paris a été choisie pour lieu de réunion de ce Congrès, qui se réunira le premier lundi du mois de septembre 1870 {Internationale, numéro du 19 septembre 1869); mais il est probable que les poursuites dont l'Internationale vient d'être l'objet en France détermineront le Conseil général à modifier celle décision et à désigner une autre ville (Art. 3 des statuts).

Indépendamment de ces Congrès internationaux, les fédérations d'un même pays tiennent, à des périodes déterminées par leurs statuts, des congrès que l'en peut qualifier de nationaux ou même provinciaux, lorsqu'ils sont organisés par les soins d'une seule fédération ou d'un seul groupe de sections. Nous avons vu que les Congrès généraux ont pour but d'élaborer les principes de l'Association et de poser les questions pratiques de l'organisation ouvrière aux sections internationales, afin qu'elles les étudient et les mettent eu vigueur : c'est principalement pour s'entendre sur les moyens pratiques de l'organisation qu'ont été créés les Congrès régionaux : telle a été toujours leur constante préoccupation.

Aux termes des statuts de la fédération des sections belges (x^rt. 2), un congrès doit avoir lieu tous les sixmois (1) : ce délai est réduit à trois mois pour les sections de la vallée de laA^esdre. En Suisse, la fédération romande tient tous les ans un Congrès (Art. 7 des statuts) : un premier Congrès s'est réuni à Genève, le 2 janvier 1869, pour élaborer

(1) Des Congrès ont eu lieu les 16 et 17 mai 1869 et du 31 octobre au 10 novembre 1869.

Au Congrès tenu à Bruxelles les 16 et 17 mai 1869, se trouvaient des délégués des seoiions suivantes : Bruges, GanJ, Anvers, Bruxelles, Houtain-le-Val (Brabant), Carnières, Jemmapes, Gouy-Lez-Pieton, Courcelles, Roux, Bayemond. Jumet-Oubois, Heine-sous-Jumet, Ransart, Gilly, Moniigny-sur-Sambre, Charleroi (faubourg), Dnnipremy, Montceau-sur-Sambre,. Forcies-la-MarcbP, Chatelineau, Moiiligny-le- Tilleul, Marcinelle, Baulet, Nalines (Namur), Lize et Seraing, Dison, Pépinster. Ensival, Nessonvaux, Tisserands gantois. Francs-ouvriers de Verviers, Branche allemande. Tisserands verviétois (Inteinationale, numéro du 30 mai 1869).

un règlement fédératif; le second Congrès s'pst nnvo.f ' i Chaux-de-Fonds, le 5 avril 1870, sous^ fp rls'deTe d'cf toyen Dupleix de Genève. Une scission coni^^^^^^^^ produ, e entre les sections genevoises, cellesduLocie t de la Chaux-de-Fonds au sujet de l'admission dans la fédéra tion romande de la section de l'Alliance de la démomtiê sociahs e et de l'attitude de l'Internationale dansTa que > fion politique et vis-à-vis des gouvernements. ^

tion.' -TA?";'";' ^' '' ?°"^'''^^ ^«"^^"^it ces trois questions . De la fédération des caisses de résistance- r/X S fje^ coopératives, et de Vatiiiude de l'Int^SnakZ S n Oouvernements. Il importe de faire connaître les résolutions qui ont été adoptées sur la dernière de ces mieslons, et qui rejettent l'abstention politique comme cmi traire à tous les intérêts des travailleurs.

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