U. — SITUATION DE L'INTERNATIONALE EN BELGIQUE
En Belgique, l'Internationale compte des adhérents par centaines de mille : le mouvement social dans cette contrée prend chaque jour des proportions gigantesques, grâce à l'activité et aux moyens de propagande employés par les sections de ce pays, au zèle et au dévouement d'un grand nombre de ses membres. Nulle part les meetings et les réunions publiques ne sont aussi fréquents : les délégués bruxellois se rtmdent dans tous les villages induslriels et
^(1) Nous enripruntons au Compte rendu du Confjrh de Lausanne, le nom des villes de France qui, en 186", adhéraient à l'Internationale: Pans, Lyon, Caen, Bor leanx, Rouen Vipiine, A'euvillesnr-Saône, Pantin, Saint-Denis. Chalon-sur-Saùne, Tourcoing. Lille, Amiens, Puleaux, Neufchàieau, Lisipux, Gondé-sur-iNoireau, Harcourt, Thierry, Granville, Ar-enlnn, Castelnaudarv, Auch, Orléans, Nantes, Villefranche (Rhône\ Marseille, Fuveau. "le Ha\re, Ali:er et la Guadeloupe. iCelte énumération a été reproduite dans l'Ojnnion nationale ilu 6 septembre 1867 et le Courrier français du 10 septembre 1867.)
dans les bassins hoiiillevs pour discuter les graves problèmes de l'affranchissement du prolétariat, et recruter des adhésions. Il ne se passe pas de semaine sans que plusieui*s sections ne soient fondées. Oc son côté, le Conseil général belge met tout en œuvre pour hâter l'émancipation du travail : il stimule le zèle des sections, provoque des grève > là où il lui paraît utile d'en susciter et en assure le succù-, afin de montrer aux ouvriers la puissance de l'Internationale et les services qu'elle est appelée à leur rendre. Il suffira d'énumérer les nombreuses sections qui couvrent ce pays pour donner la mesure des progrès accomplis par l'Internationale, surtout lorsque l'on songe que, en 1867, elle y comptait à peine quelques adhérents, et qu'aucun délégué belge n'assistait au Congrès de Lausanne. Dans ces derniers temps, plusieurs fédérations ont été organisées: elles relient entre elles les différentes sections et obéissent à l'inipulsion du Conseil général belge. Ce Conseil, par l'intermédiaire de son secrétaire général, est en relations continuelles avec le Conseil central de Londres : il reçoit ses ordres et ses communications, les transmet aux diverses Fédérations qui à leur tour en donnent connaissance aux sections situées dans leur ressort et placées sous leur dépendance.
Ce groupement par bassins ou par grandes agglomérations était nécessaire, car si les sections fédérées n'avaient eu d'autre centre que Bruxelles, toute la vie de l'Association s'y serait portée, et cette Fédération aurait abouti à une véritable centralisation.
Nous trouvons d'abord la F<?f/t?mï/o;i Uéijeoise, constituée depuis le mois de mars 1869; elle comprend les sections suivantes : Liège, Jupille, Loring, Ougrée, Tilleur, Ivoz, Lise, Seraing, Herstal et Sainte-Walburge. La Fédération liégeoise a pour organe le Devoir. Le Conseil fédéral liégeois, au sein duquel ces sections ont leurs représentants, donne tous les quinze jours des conféren -es dans toutes les sections du bassin sur les questions d'économie sociale. Il est tenu d'organiser quatre grandes Assemblées fédérales par an et d'y inviter les membres de toutes les sections. Ces assemblées sont présidées par le Conseil et les délégués de chaque section et ont pour but d'examiner les questions d'intérêt général, d'établir des rapports constants entre les différentes sections et de pi'cndre les mesures relatives à
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i'organisatioii do rintcrnationalcdanslcs localiu's qui n'ont pas ciicore compi'is la nécessité de l'Association, (jnternatiotiah', numéro du ^\ mars 1800.) Il existe à Liège une section flamande de l'Internationale {Inlcniutionale, 3 avril 1870) ;i).
La Fédération défi sectioits du centre, dont le siège est à la Louvière, a été formée dans un congrès tenu dans cette ville le 18 avril 1870; elle réunit neuf sections : la Louvière, les deux Houdeng (2), Hainc-Saint-Pierre-eî-Saint- Paul, Carnières, Fayt, la Hestre, Besourieux, Aîorlannvelz, Mont-Sainte-xVldegonde; en dehors de cette Fédération, des sections existent encore à Piéton et Auderlus.
Bassin de Charleroi. — Dans un Congrès tenu à Giliy le 28 mars 1869, et où assistaient les compa,i,Mions V^andehautcn et Hins, délégués du Conseil général Belge, il a été décidé que le bassin de Charleroi, à cause de son immense étendue, serait divisé en quatre Fédérations :
La Fédér..tion du nord conipi-cnant onze sections;
La Fédération de l'ouest comprenant douze sections ;
La Fédération centrale comprenant neuf sections;
La Fédération de l'est comprenant dix sections (3).
Le Conseil général Belge désignait quatre de ses membres chargés chacun de correspondre avec l'une des Fédérations du bassin de Charleroi. Chacune de ces Fédérations désigne une Section centrale et tient une Assemblée fédérale le premier dimanche de chaque mois. Lorsque les intérêts communs l'exigent, toutes les sections du bassin se réunissent en Congrès (£(/(///7f', numéro du 28 mars 1869). Il existe un règlement connnun pour toutes ces sections ; il a été fondé, à la date du 1"" avril 1870, une caisse de dé-
(1) Les adiléreiits LiégL'iji:> à l'Inlernalionali; avaient cssoyé de se constituer en section vers la iiii de l'anmi'c 1867 ; mais cette tentative ne put réussir. Ce ne fut qu'à la suite des événonients de Charleroi (l;-:(j8) qu'une s'Clioa fui détiiiitivenu'Ut conslituée. (Extrait du rapport présenté sur cette section, au Conixrès de Bruxelles, par Maréclial, de Liège.) ,(2) Houdenjr-Aimeries et !îoudeng;-Gi!',ïrnies.
(h) En 1870, ces quatre Fédératioi;s ont été réduites à deux : la Fédéynlioii ihi Centre et la Fédération de VEsl; les deux autres n'ont p;i être utilement maintenues.
pense entre toutes les sections du bassin de Cliarleroi. Le règlement de celte caisse a été publié dans V Internationale du 3 avril 1870. Sont comprises dans le bassin de Charleroi les sections suivantes : Damprémy, Monligny-sur- Sambre, Mouiigny-lo-Tilleiil, Gobissart, Heigne, Cbâtelineau, Gouy-les-Piéton, Courcelles, Hupe-sous-Roux, 'Ayesville, Ransart, faubourg de Charleroi, la Docbcric, Marciiielles, Mont-sur-Marcbienne, Pironcbamps, ('batelet, Oubois-Juiuei, Tailly-Pré, Forcbies-la-3Iarcbes, Velaine, Gilly, Couillet, Souvret, Farciennes et Nalines. {Federacion, 21 novembre 1869.)
Cette Fédérfition compte aujourd'bui 50 sections; à l'époque du Congrès de Bruxelles, 22 sections seulement existaient parmi les bouilleurs du bassin de Cliarleroi. On peut juger par là des progrès accomplis.
Fédération du Borinage. — Au mois de décembre 1868, le Borinage possédait déjà plusieurs sections très-fortes ; quelques jours plus tard, 30,000 mineurs borains s'affiliaient et venaieut ainsi grossir les rangs de l'armée des prolétaires. Le 14 mars 1869, une réunion du comité de la Fédération du Borinage avait lieu à Jemmapes pour l'adoption d'un règlement commun à toutes les sections (sections de Cuesmes, Frameries, Pâturages, Gblin, Quaregnon, la Bouverie, Jemmapes, Eugies, Elouges, Ciply. {Internationale, 21 mars 1869.)
Fédération des vallées de la Vesdre. — Le siège du Conseil fédéral se trouve à Verviers : cette Féilération a pour organe le Mirabeau; les tisserands, les ouvriers mécaniciens, les fileurs, les drousseurs et les ourdisseurs de Verviers sont affiliés à l'Internationale.
Yoici le tableau des sections et des sociétés dont était composée la Fédération de la vallée de la Vesdre au mois d'août 1869 ;
1. Verviers. Section de l'Internationale. Société de résistance des tisserands, id. des fileurs.
id. des cardeurs.
Société de résistance des oiirdisscurs.
id. des laineurs, tondeurs, écliar-
donneiirs et laveurs.
id. des mouleurs.
id. des mécaniciens.
id. des menuisiers.