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IX. — RUSSIE

Cette contrée vient à son lour d'clre envabie par l'Internationale. Nous lisons en effet dans la Federacion, numéro du 17 avril 1870 : « En présence de l'accroissenient rapide de l'Internationale en Russie, le conseil général do Londi-es vient de nouiuier un secrétaire général pour celte nation ; c'est le citoyen Karl Marx. » Deux journaux y ont propagé les principes de l'Internalionale : la Voix du Peuple et la Cloche. {Solidaridad, \6 aviil 1870.)

Nous avons déjà vu qu'une section russe de H'nternaîionale a été constituée à Genève au mois de mars 1870.

§ X. — AMf:RïQUE.

Le travail de l'organisation ouvrière marcbe en Amérique avec succès, grâce à l'énergie des hommes dévoués et à l'intelligence des membres des unions, qui comprennent que toute la force invincible des travailleurs réside dans une bonne organisation.

Les grandes assemblées périodiques et les Congrès forment l'expression la plus exacte de ce travail constant de propagande et d'organisation qui se poursuit chez les ti'availk'urs américains. Les homuies d'un même métier ou de la méine profession se rassemblent en Congrès spéciaux : les délégués passent en revue ce qui s'est fait dans l'inter-

valle d'un Congrès à l'autre, constatent la situation favorable on défavorable de leur état, traitent ensemble toutes les questions qui peuvent les concerner, se prononcent selon l'expé-ience faite durant le temps écoulé depuis leur dernière entrevue sur telle ou autre chose dans la pratique journalière de l'œuvre couinnine, débattent les propositions faites par les sections et votent des résolutions obligatoires pour toute l'Association et pour toutes ses bran(;hes.

Les questions plus générales sont débattues aux congrès généraux où assistent tous les travailleurs unis pour l'œuvre .commune. L'on y traite les questions concernant les rapports entre les intérêts des travailleurs, ceux de l'état et les classes privilégiées; l'on y discute sur les relations entre les ouvriers et les partis politiques, (Réforme sociale, 10 avril 1870.)

Les premières relations du Conseil général avec l'Amérique remontent à l'année 1867; à cette époque, une section de l'Internationale était établie à New-York, sous l'impulsion de Wiliiam-.î.-Jessup(l), l'un des zélés promoteurs de l'Union natiotiale des Travailleurs, et actuellement correspondant de rinternationale pour l'Amérique. Une autre section se formait à Hoboken (Xew-Jersey-. VUnion nationale (les Travatlleiirs commençait à avoir des rapports avec l'Internationale; des lettres étaient échangées entre Jessup et Peter Fox, alors secrétaire pour l'Améi'iquc auprès du Conseil généi-al. La date du Congrès de Chicago (Iliinois), 19 août 1867, si rapprochée de celle du Congrès de Lausanne, ne pei mettait pas d'y envoyer un délégué américain. Le Worlinrjmajfs Advocate (2) (avocats des Travailleurs) de Chicago publiait, quelques jours plus tard, un compte rendu des transactions du Congrès de Genève.

Eugène Dupont, dans le rapport présenté, au nom du Conseil général, au Congrès de Bruxelles, annonçait : « que

(l)Le général Cluscrel fait partie de la section do Aow-Yurk; il a publié sur riiiternaliouale et ses moyens d'action une lettre insérée dans ['/iilcrnaiionalc (numéro du 15 mai 18G9 et le Progrès du Locle du le'- mai i8o9).

{■!) Li! Workiiigman's est l'organe principal des ouvriers occidentaux de l'Union américaine; il est rédigé par Cameron, l'uu des délésués au congrès de Bâle.

. lo Conseil général était en constante, correspondance c avec l'Union nationale des Etats-Unis ^Labour national c Union's Coin:uittcc), que dans son dernier Congrès cette « Union avait voté l'envoi d'un délégué au Congrès de « Bruxelles, mais, que pressé par le. temps, on avait oublié « de prendre les décisions spéciales pour l'exécution de ce « vote. »

Il ajoutait : « que la puissance latente de la classe ou- « vriére américaine venait de se manifester en forçant les « législateurs de plusieurs Etats particuliers de l'Union à « passer une loi qui réduisait la journée du travail à huit « heures. »

Un congrès tenu à Philadelphie, au mois d'août 1869, par les ouvriers des Etats-Unis, déléguait à Bàle le citoyen Cameron. A ce Congrès, organisé par la National Labor Union, fédération des Trades-Uiiions américaines, composée de plus de 800,000 membres, étaient représentées les sociétés suivantes : 147 sociétés de cordonniers (oO,000 membres), 30 sociétés de bouilleurs (40,000 membres), 204 sociétés des ouvriers des mines de fer, 70 sociétés de maçons, 112 sociétés d'oHvriers imprimeurs, un grand nombre de sociétés de plâtriers (12,500 membres), de mécaniciens et forgerons (10,000 membres), de charpentiers et menuisiers, de tonneliers, de cigàriers, de maçons construisant en pierre, de chauffeurs, d'ouvriers des forces et hauts fournaux, de peintres en bâtiment et constructeurs de machines, etc. La race africaine y était représentée par huit délégués nègres ; les femmes, par Mi'ss Martha Walbridge du Massachussetts et Miss Suzanne Anthoni, présidente de rAssooiation des ouvrières de New-York, et éditeur du journal de New- York, la Révolution. (Extrait de ï Internationale, numéro du 14 novembre 1869.) '

La Grande Labour-Union est actuellement affiliée à l'Internationale ; nous avons déjà dit que le citoyen Jessupp, de New-Yoïk, est correspondant de l'Internationale pour les Etats-Unis.

Sun-Franeisco possède également une forte section de rinténiationale. {Egalité, numéro du 17 avril 1869; Internationale, numéro du 2o avril 1869.)

Il exislc à Ncy-York une section allemande depuis 1807, connue sous k nom de Deutsche Arbeiler Union, qui se compose d'un jj^rand nombre d'Associations spéciales et dont le secrétaire est le citovcn Loi-ge. (Internationale, 3 avril 1870.)

Léo déccmbi'c 1869, l'Assemblée générale des ouvi-icrs allemands des Etats-Unis a voté son aftiliation à l'Internationale. [Federacion, numéro du 9 janvier 1870.)

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