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2. — La famille patriarcale est décrite comme « an organi 2 ation of servants and slaves under a patriarch for the care of flocks and herds, for the cultivation of lands and for mutual protection and subsistence. Polygamy was incidental. » — Ibid., p. 504. Cfr. pp. 465-466.

3. — « The growth of property and the desire for its transmission to children was in reality thè moving power which brought in monogamy to insure legitimate heirs and to limit their number to the actual progeny of the married pair. » — Ibid., p. 477.

(( As finally constitued, the monogamian family assured the paternity of children, substituted the individual ownership, and an exclusive inheritance by children instead of agnatic inheritance. » — Ibid., p. 505. Cfr., p. 389.

civilisation, le développement de la propriété a été tellement immense, ses formes si diverses, ses usages si étendus et son organisation si intelligemment dirigée dans l’interet des proprietaires, qu’elle est devenu, au point de vue du peuple, un pouvoir impossible à dominer. L’esprit humain s’arrête effrayé en face de sa propre création. Le temps viendra néanmoins où rintelligenee humaine s’élèvera à la maîtrise de la propriété, et définira les rapports de l’état et de la propriété qu’il protège aussi bien que les obligations et les limites des droits de ses détenteurs. Les intérêts de la société l’emportent sur les intérêts mdividuels et les deux doivent être maintenus dans un rapport harmonieux et juste » (1).

La plus grande part du livre de Morgan a,ussi bien que celle de ses autres ouvrages (2), était toutefois consacrée à un exposé des faits historiques eux-mêmes plutôt qu’à celui de leurs causes économiques. La controverse qui s éleva immédiatement en Angleterre, et qui a duré presque jusqu’à présent, a porté presque exclusivement sur la première catégorie de considérations.

Lorsque les savants n’étaient pas d accord sur les faits, il semblait inutile de spéculer sur les

I — Morgan, Ancient Society, p. 552. ^ ^ ^

2. — The League of the Iroquois 1902) : Systems of Consanguinity and^ Affimty of the Human Famüy (1871) ; et Souses and Bouse Life of the American Ahorigines (1881).

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causes de ces faits. Le tour donné à la discussion par la première controverse est très largement responsable du fait que, jusqu’à une époque très récente, les sociologues ou les écrivains de Thistoire sociale ont presque complètement négligé l’aspect économique des transitions qu’ils décrivaient (1). Mais, quoique quelques parties de la théorie de Morgan — comme les détails relatifs à la plus ancienne famille consanguine, et la généralisation peut être un peu hâtive sur la promiscuité primitive — aient été modifiées, la substance de son exposé du clan utérin ou maternel et de son développement en tribu et en état, aussi bien que la dépendance de la transition à l’égard des changements dans la forme de la propriété, ont été incorporées dans les données acceptées de la science moderne.

Ce ne fut néanmoins que lorsque les partisans

1. — Cela est vrai de Mac Lennan, Westermaarck, Starcke, Tyler, Lumholtz, Post et beaucoup d ^autres. C ^est vrai aussi quoique dans une certaine mesure, à un moindre degré, de mon honoré collègue le professeur Giddings. Il n 'y a guère que le passage de la page 266 de ses Frinciples of Sociology (1896) qui soit important à notre point de vue : « It seems to be an économie condition which in the lowest communities détermines tlie duration of mariage and probably also the line of descent through mothers or fathers. » Cfr. toutefois également les pp. 276, 288 et 296. Dans un plus récent article, le professeur Giddings concède substantiellement que « these writers (Marx et ses successeurs) may be held to hâve made good their main contention ». — International Montlily, II, 1900, p. 548.

allemands de Tinterprétation économique de rhistoire prirent la cause en mains que l’importance réelle de Morgan fut reconnue. Engels publia, en 1844, son Origine de la Famille, dans laquelle il montra que les vues de Morgan marquaient une avance distincte sur celles de Bachofen et de Mac Lennan, et soutenait que les archéologues anglais de l’époque avaient effectivement adopté la théorie de Morgan sans reconnaître qu’ils lui en étaient redevables. Passant de l’exposé du développement à ses causes, Engels acceptait toutes les conclusions de Morgan relatives à la société utérine primitive et au développement de la monogamie, mais franchissait encore une étape de plus en combinant comme il nous le dit Morgan et Marx. Engels rattachait la transformation de la société agnatique à la première grande division sociale du travail — la séparation des tribus pastorales du reste de la société. Ceci en soi fit apparaître l’échange entre tribus comme un facteur permanent dans la vie économique, et il ne se passa pas longtemps avant que cet échange entre tribus ne conduisit à un troc (harter) entre les individus, — principalement un troc de bétail et de produits naturels. Avec le passage de la propriété commune à la propriété privée chez de tels nomades, le terrain était préparé, d’un côté pour l’esclavage et, de l’autre, pour la disparition du matriarcat. A mesure que la propriété privée se développe, nous trouvons la seconde grande étape dans la division du travail — la

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séparation de l’industrie manuelle de l’agriculture ; l’échange devient alors un échange de produits, et avec la suprématie, économique du mâle apparaît ici le patriarcat et alors la famille monogame. Finalement vient la troisième étape avec la division du travail — le développement de la classe des marchands avec l’emploi de la monnaie métallique. L’accroissement du capital, même, si c’est du capital commercial (par opposition au capital bétail primitif) amène à un état de choses dont la vieille organisation agnatique (gentile) ne peut plus désormais s’accommoder ; et ainsi nous trouvons l’origine de l’organisation politique, la genèse de l’Etat. En Grèce, à Rome et chez les races teutonnes du début du Moyen- Age, cette transition était un fait connu, mais personne avant Morgan et Engels n’avait été capable de l’expliquer intelligiblement.

Les germes jetés par Morgan et Engels ont été développés par de nombreux écrivains, dont un petit nombre peut être classé comme socialistes. Tout d’abord les sociologues de profession ne prêtèrent que peu d’attention à la matière. Avec Kovalewsky en 1890 commence la série de ceux qui essaient d’établir un rapport un peu plus étroit entre la famille et la propriété privée (1). En 1896, Grosse consacre un volume distinct à la

1. — Maxime Kowalewsky « Tableau des Origines et de révolution de la famille et de la propriété », Slcrifter utgifna af Lorenska Stiftelsen (Stockholm, 1890i).

question (1) et apporte quelques aperçus nouveaux quant à Tinfluence des conditions économiques sur le caractère de la famille, spécialement dans le cas des peuples nomades et des premiers agriculteurs.

Dans la même année, le professeur ïïildebrand publie un admirable ouvrage sur La Loi et la Coiihtma aiox différents stades économiques, dans lequel, sans négliger les phases primitives de la vie sociale, il insiste surtout sur le fondement économique de la communauté primitive agricole (2). Pour la période encore antérieure, un travail notable a été fait par Cunow. Après avoir préparé la voie par une étude du système de la consanguinité chez les Australiens (3), Cunow publia, en 1898, une série d’articles sur le fondement économique du matriarcat (4). Il montre la faiblesse essentielle, du point de vue historique, de la classification ordinaire en période chas-

1. — Grosse, Die Formen der Pamilie imd die Pormen der Wirtschaft (1896).

2. — Hildebrand, Eecht und Sitte auf den Verscliiedenen Wirtschafüichen Kulturstufen (Erster Theil), 1896.

3. Cunow, Die Verwandscliaftsorganizationen der Australneger, 1894.

4. — (( Die ëkonomischen Grimdlagen der Mutterherrschaft », dans Die^ Neue Zeit, XVI, p. l. Une version française a paru dans le Devenir Social, Y, 1898, pp. 42 146, 230, sous le titre « Les Bases économiques du matriarcat ».

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seresse pas’torale et agricole (1). Commençant, cependant, avec la période chasseresse, Cunow soutient qne la première forme de Torganisation repose sur la suprématie de Thomme, ce qui n’est, en aucune, façon, la même chose que la suprématie du père; car la famille polygame ou monogame qui forme la base du système patriarcal fut d’un développement très ultérieur.

Dans les premiers- âges, nous pouvons avoir une société utérine, c’est-à-dire une descendance en ligne maternelle, mais nous n’avons pas de matriarcat (2). CunoAV donne des raisons économiques qui expliquent la descendance par les femmes, et montre comment sous certaines conditions elle devient plus recherchée jusqu’à ce que finalement elle atteigne une importance économique que le matriarcat lui-même développe (3). Incidemment, il montre le rapprochement existant entre la femme et l’agriculture primitive, et explique comment son importance grandissante

1. — Die N eue Zeit, XVI, p. 108. Cunow cependant ne nous rappelle pas Cjue tout ceci a été mis en lumière en 1884, par Dargun dans son admirable étude, qui n^est pas aussi connue qu^ele devrait Pêtre « Ursprung und Entwicklungsgescliichtë des Eigenthums » dans le Zeitschrift f iir Vergleichende Hechtswissenschaft. Y. spécialement pp. 59-61. Le professeur Giddings, dans son article de la Political Science Quarterly, de juin 1901 (XVI, 204), fait allusion à la vieille théorie basée sur « la philosophie de l’histoire de Ma Mère l’Oie ». Dargun et Cunow sont les écrivains qui nous ont émancipés.

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