SCÈNE XV
Les Mêmes, MAURICE*.
matrice, aux soldats qui l'amcncnt. Doucement donc , mes braves , doucement ! je ne suis pas un espion; j'ai rencontré mes lettres sur la grande route; lâchez- moi donc... Votre caporal se trompe, je suis naturalisé.
le Capitaine. Vous êtes allemand ?
Maurice. Pas du tout; je suis français, aussi français que vous, do pnr la loi, f Maurice, George, Louise, M®* Durand.
le capitaine. Il ne s'agit pas de cela.. .
Vous êtes né en Allemagne?
matrice. Qu’importe la naissance , messieurs... pas de préjugé, c’est le cœur, c’est le .sentiment... et puis les lettres. .• Tenez.
Il présente les lettres.
larocdk. Enfin, vous parlez allemand.
Maurice Non, mon caporal.. « dès aujourd’hui, je renonce à ma langue.
laroche. El»! morbleu! g.irdcz-!a, pour nous servir d’interprète.
Maurice. D’interprète?
LARocne. On ne vous demande pas autre chose.
Maurice. Oh ! si ce n’est que cela , pardon, j’interpréterai tout ce qu’on voudra, en bon français.
louise, à part. Ah! mon Dieu! comment l’empêcher ?
le capitaine, ri Maurice. Je vous rappelle la loi sur le faux témoignage. .. Vous ne connaissez pas cet homme?
Maurice , regardant George. Je ne l’ai jamais vu.(^ part.) C’est sans doute le prisonnier dont ils parlaient ce matin.
le capitaine. Dctiiandez-lui en allemand , ses nom et prénoms?
george , à part. Bien!
Maurice, d George. Meinherr , ihre liante , and IV ornante '/
george. Frédéric Sadlèr.
mad. durand, d part . Tiens! il a compris.
le capitaine. Dcuiandcz-lui pourquoi il se trouve dans ce pays?
george, à part Aie!..
Louise fait des signes à Maurice.
matrice, à George. Meinherr , vie sind sie in frankreich ?
george, à part. Ma foi... de la hardiesse... [Haut et baragouinant.) Meinherr , der mein fischtermein , pesclacesken archistefel Lie hic fui d.
Maurice. Hein! qu’est-ce qn'tl dit?
george. Der mein fischtermein pesclazes ke ri, archistefel l.ichlefield.
matrice. Quel diable de baragouin!., c’est du lartare.
Louise, d demi-voiv. Maurice !..
le capitaine, à Maurice. Eh bien! v&us ne comprenez pas?
locise, d part. Il est perd a !
matrice, regardant Louise qui lui fait iou jours des signes. Au capitaine. Pardon, M. le président... c’est que j’ai l’oreille gaucho un peu dure... et si vous roulez me permettre de passer de l’autre eêté. . ,
II pa«*e à la gauche rie Oeorge et se trouve placé entre lui et Louise.
Lout.sB , bas. Bien.
Maurice. Là... Maintenant, j'entendrai parfaitement.
Louise , ri pari. C'est le seul moyen.
george, ri part. Elle veut lui parler...
Si je pouvais les occuper.
Il t’avance doucement de manirre à masquer Louise et Maurice aux yeux du conseil.
Louise, bas à Maurice. Sauvez cet homme. . .
maurice , bas. Plaît— il ?
Louise, bas. Sauvez-le, je suis à vous.
Maurice, bas. A moi?
Louise . bas. Ce soir.
Maurice, bas. Ce soir?
louisb . bas . Mon anneau.
Maurice « prenant l'anneau. Ah !
Louise s’éloigne vivement de Maurice. — Georges qui s'est avance les mains derrière le dos et ri ou air tranquille, salue les officiers qui sont il la table, et veut sortir; les -olriat* l’arrêtent.
larociie. Ëmpcchez-Ie de passer.
LES SOLDATS. HultC-lù!
george, à part , revenant sur le devant de ta scène . Elle l'a prévenu.
le capitaine, a Maurice. Recommencez l'interrogatoire.
Maurice. Volontiers, m'y voilà... quelle position !.. Je traduirai tes réponses à mesure que je les comprendrai. ( A George.) Vie slnd sic in fvankreich ?
george , baragouinant. Marne, vorname, aCchistcfel frou kroutc/ic richitudner.
Maurice. C’est très clair... Il dit qu’il est Tenu ici pour se promener.
george. Oh! le brave homme !
Maurice. Richitudner , se promener...
Noch ein mahf. (Tout bas.) Encore une fois.
george, baragouinant. Marne, vorname , der mein rachis tefel frou kroulche richitudiner .
Maurice. Bien, très bien; pendant l'armistice, richitudner , pendant l'armistice, j’entends à merveille, c'était une légère différence d’accent. . . pardieu! nous causerions ensemble pendant une heure..* Frédéric Sadler ?
G PORC E. la.
Maurice. Bavarois?
GEORGE. la.
Maurice. De Kirschmendorf?
george, la.
Maurice. Touches là, camarade.
george, lui prenant ta main. Der mèin flsch termein ri ch i tudner.
larociie. Pas moyen de savoir.. .
george continuant très haut en sadres-
sant au conseil. la , der mein richitudner find tarteich.
ie capitaine. Assez, assez. . .
george, (ie même. Tarteich , mind richitudner promenades f annistichedorff.
Laroche. Il nou « étourdit , e-t-ce qu’il ne se tain plus maintenant?
mad. durand. Comme il vous en dé* goise!. .
Les joges *e lèvent.
Louise, d Madame Durand. Ah! ma mère! les voilà qui se lèvent... je tremble!
le capitaine. Entrons dans cette chaumière. (Aux soldats. Le conseil sc relire, pour délibérer... qu’on surveille l'accusé.
Frédéric. Je in'cn charge.
Reprise du Chœur.
Faisons l u,lice » ,c te,n P s P rCMe * * ,c ’ Les juges entrent dans la maison; les soldats et les paysans se retirent à l’écart.